Cité de la santé

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Questions-santé 2012 - octobre

Titre de la question Quels sont les effets physiologiques de la peur ?
Question La peur qui paralyse le raisonnement intellectuel et qui a aussi d'autres conséquences physiologiques (par exemple sur la digestion ou le rythme cardiaque) peut-elle avoir des conséquences sur l'immunité ? Des analyses sur différents paramètres physiologiques ont-elles été réalisées pour détecter les conséquences de ce stress sur l'immunité ?
Réponse

Bonjour,

Vous vous interrogez sur les effets de la peur sur le système immunitaire.

Nous vous remercions de votre question mais nous n’avons pas trouvé de documentation spécifique sur les effets de la peur sur l’immunité. Nous nous sommes donc permis de légèrement modifier la thématique en recherchant l’effet du stress sur l’immunité.

Pour répondre à cette question, nous avons commencé nos recherches sur Pubmed (base de données bibliographiques produite par la National Library of Medicine (NLM) aux Etats-Unis, dont l’accès est libre et gratuit et qui dépouille les articles rédigés dans 5 200 revues scientifiques publiés aux Etats-Unis et dans 80 autres pays) Nous vous proposons la lecture de 2 résumés en anglais dont nous allons traduire les parties clés :

- Effects of psychological stress on innate immunity and metabolism in humans: a systematic analysis / Priyadarshini S, Aich P.(In PLoS One. 2012; 7(9))
“Abstract
Stress is perhaps easiest to conceptualize as a process which allows an organism to accommodate for the demands of its environment such that it can adapt to the prevailing set of conditions. Psychological stress is an important component with the potential to affect physiology adversely as has become evident from various studies in the area. Although these studies have established numerous effects of psychological stress on physiology, a global strategy for the correlation of these effects has yet to begin. Our comparative and systematic analysis of the published literature has unraveled certain interesting molecular mechanisms as clues to account for some of the observed effects of psychological stress on human physiology. In this study, we attempt to understand initial phase of the physiological response to psychological stress by analyzing interactions between innate immunity and metabolism at systems level by analyzing the data available in the literature. In light of our gene association-networks and enrichment analysis we have identified candidate genes and molecular systems which might have some associative role in affecting psychological stress response system or even producing some of the observed terminal effects (such as the associated physiological disorders). In addition to the already accepted role of psychological stress as a perturbation that can disrupt physiological homeostasis, we speculate that it is potentially capable of causing deviation of certain biological processes from their basal level activity after which they can return back to their basal tones once the effects of stress diminish. Based on the derived inferences of our comparative analysis, we have proposed a probabilistic mechanism for how psychological stress could affect physiology such that these adaptive deviations are sometimes not able to bounce back to their original basal tones, and thus increase physiological susceptibility to metabolic and immune imbalance.”
www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23028447
Traduction :
Les effets du stress sur l’immunité innée et le métabolisme chez l’homme : une analyse systémique.
« (…) nous avons proposé un mécanisme probable qui montre comment le stress pourrait affecter la physiologie humaine de telle sorte que ces déviations adaptatives ne parviennent pas toujours à revenir à leur état basal, et cela augmente les risques de susceptibilité métabolique et immunitaire. »

Le second :
- Stress and immunity: minireview / Płytycz B, Seljelid R. (in Folia Biol (Krakow). 2002; 50(3-4):181-9.)
Abstract
Stress, a state of threatened homeostasis, may be induced by various physical or psychological factors (stressors), including antigenic stimulation. Stressful experiences may affect both physical/psychological well being and immune functioning of humans and animals; the ongoing immune reaction may affect other physiological functions and psychological comfort. The molecular basis of these effects involves a network of multidirectional signalling and feedback regulations of neuroendocrine- and immunocyte-derived mediators. The consecutive stages of the multistep immune reactions might be either inhibited or enhanced owing to the previous and/or parallel stress experiences, depending on the kind of stressor and the animal species, strain, gender, or age. Therefore, the final results of stress-induced alteration of immune reactions are difficult to predict. The effect of a particular stressor on immune functions varies according to the previous stress experience of the individual (e.g. social confrontation, sterile saline injection) while various stressors may act in the same or in opposite ways on the same immune parameter. In general, the efficacy of immune response depends on the neuroendocrine environment on which it is superimposed. Conversely, neural and endocrine responses depend on the concurrent immune events upon which they are superimposed. It seems that the consequences of stress on the immune functioning are generally adaptive in the short run but can be damaging when stress is chronic.
www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12729164
Traduction :
Stress et immunité: mini revues

(…) Les expériences stressantes peuvent affecter à la fois l’aspect physique et psychologique du bien-être et les fonctions immunitaires des humains et des animaux ; (…)
Il semblerait que les conséquences du stress sur le système immunitaire soient de l’ordre de l’adaptation sur une courte période mais soient plus dommageables si le stress devient chronique. »

Pour compléter, nous vous invitons également à parcourir un mémoire intitulé : Stress, système immunitaire et maladies infectieuses et en particulier ce paragraphe qui résume les informations des articles précédents :
« On sait aujourd’hui qu’un stress aigu stimule l’immunité naturelle (ou innée). Toutefois cela devient problématique lorsque le stress dure et devient chronique ; dans ce cas précis, plus il dure, plus il épuise l’immunité et entraîne une immuno-suppression généralisée. Depuis de nombreuses années, de nombreuses études sur le stress ont été menées en psychoneuro-immunologie. Celles-ci ont démontré que les situations de stress sont tout à fait capables d’influencer (par notamment l’intermédiaire des systèmes nerveux et endocriniens) le système immunitaire, autrefois supposé autonome. L’activation continuelle des macrophages conduit à une production accrue de substances messagères (interleukine 2) qui stimule la production d’hormones surrénaliennes (hormones de stress). Ces hormones induisent à leur tour la formation de cellules TH2 qui activent la formation d”anticorps par la moelle osseuse, tandis que les réactions immunitaires cellulaires induites par les cellules TH1 sont continuellement freinées (les cellules TH1 et TH2 sont deux formes différentes des lymphocytes T après leur activation). Toutefois, de nombreux obstacles méthodologiques se sont dressés sur ce chemin. En raison de la petite taille des études et de leur méthodologie variable, il devenait nécessaire de synthétiser quantitativement ces trente années de recherche pour consolider la connaissance. »
jp31.unblog.fr/files/2010/02/stress20systeme20immunitaire.pdf

Nous espérons que ces éléments d’information répondent à vos attentes et restons à votre disposition pour tout complément.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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