Cité de la santé

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Questions-santé 2012 - avril

Titre de la question Hormones et humeurs
Question Je me permets de vous écrire afin de vous demander votre avis sur ma situation. Voilà j'ai 27 ans et mes règles étaient stoppées (ou très rares) depuis plusieurs années à cause de mon poids. J'ai suivi un régime pendant un an et elles sont revenues en Janvier 2012 et depuis de manière régulière. En décembre 2011 j'ai eu de petites pertes sanglantes en début et en fin de mois accompagnées d'horribles maux de tête. Seulement lorsqu'elles sont revenues j'ai vécu un épisode dépressif majeur qui a commencé exactement une semaine avant le début des règles, c'est à dire le 9 Janvier. Autrefois quand j'étais plus jeune et que j'avais mes règles, j'étais parfois triste mais juste un ou deux jours avant mes règles pas plus. Je n'avais jamais connu ce que j'ai vécu en Janvier, c'était comme une dépression soudaine, je me souviens que je ne me sentais pas trop mal le 7 Janvier, je me suis sentie moins bien le 8 et le 9 au matin ce fut comme la fin du monde pour moi. Cela a bien duré un mois et demi, je pleurais tout le temps, je restais couchée, je ne mangeais pas et je passais mon temps à dormir. J'ai eu avec tout ça tout plein de symptômes prémenstruels : ventre ballonné, seins douloureux, nausée, maux de tête...etc. J'ai eu des pensées suicidaires, des pensées obsessives et angoissantes, des choses que je n'avais jamais eues avant. Depuis j'ai consulté une endocrinologue qui m'a dit de consulter une psychiatre car pour elle ça ne pouvait pas avoir de rapport avec les hormones. Or la psychiatre que j'ai vue m'a parlé de dysphorie menstruelle et m'a dit que j'avais tout l'air de manquer de sérotonine ( ce qui a causé selon elle mon état dépressif, des pensées obsédantes et angoisses). Depuis mon état s'est amélioré, mais je n'ai pas de traitement pour le moment, ma question est : est-ce normal que je ne sois pas complètement remise? Bien que mon état se soit franchement amélioré je me sens encore mal parfois avant les règles, avant et pendant l'ovulation. Je me sens très énervée sans raison et je pleure facilement. (Je précise que je ne suis pas enceinte) Selon vous le manque de sérotonine peut-il tout expliquer? Je me demande si on peut comparer ce que je vis/ai vécu à ce que vivent certaines femmes à l'arrêt de la pilule ou à une dépression post-partum? Apparemment mon corps doit se réhabituer au cycle normal, ou alors est-ce possible que je ne supporte pas les hormones?? Merci de votre attention.
Réponse

Bonjour,

Vous avez souffert d’une grave dépression lors du retour de vos règles après un régime amaigrissant. Vous en souffrez encore, et vous interrogez sur le rôle de la sérotonine.

Voici tout d’abord, sur le site Le cerveau à tous les niveaux financé par l’Institut de recherche en santé au Canada, la définition de lasérotonine :
« La sérotonine est un messager chimique du système nerveux central impliqué dans plusieurs fonctions physiologiques comme le sommeil, l’agressivité, les comportements alimentaires et sexuels, ainsi que dans la dépression.
La sérotonine est produite par un groupe de neurones qu'on appelle pour cette raison neurones sérotoninergiques. Les corps cellulaires des neurones sérotoninergiques sont rassemblés en plusieurs noyaux situés dans le tronc cérébral. Une baisse de l'activité de ces neurones serait associée à diverses formes de dépression, en particulier celles conduisant au suicide.»
lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_08/d_08_m/d_08_m_dep/d_08_m_dep.html

Nous vous invitons à consulter un article intitulé « Syndrome prémenstruel, envie de sucre et sérotonine » sur le site de la Revue médicale suisse (n°258, 2010) par Rémy C. Martin-Du-Pan, endocrinologue :
« Près de 80% des femmes ressentent avant les règles des troubles physiques tels que rétention d’eau, mastodynies, céphalées, ballonnement et des troubles psychiques tels que envie de sucreries, irritabilité, humeur dépressive. Les symptômes sont absents entre le quatrième et le treizième jour du cycle. Chez 30% des femmes, ces symptômes sont plus sévères et constituent le syndrome prémenstruel (SPM). Dans 5% des cas, ce syndrome induit un véritable handicap se répercutant sur la vie familiale et professionnelle. On parle alors de dysphorie prémenstruelle (ou premenstrual dysphoric disorder=PMDD).
[…]
En revanche, le rôle de la sérotonine dans le SPM [syndrôme pré-menstruel] est plus évident. La plupart des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (SSRI) sont en effet efficaces dans le traitement du PMDD et ils agissent immédiatement, au point que l’on peut se contenter de les prescrire en deuxième phase du cycle. Ils pourraient agir en augmentant la synthèse intracérébrale d’allopregnanolone. Ils constituent le traitement de choix en cas de PMDD. »
rms.medhyg.ch/numero-258-page-1517.htm

Nous espérons vous avoir apporté des éléments de réponse qui permettront d’enrichir le dialogue avec votre médecin traitant qui reste votre interlocuteur privilégié.

Nous restons à votre disposition pour tout complément.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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