Cité de la santé

Information conseil et documentation

Questions-santé 2012 - avril

Titre de la question Rhésus-D négatif
Question Bonjour, Je suis du groupe B- et ait eu une IVG sans (selon mes souvenirs) avoir reçu d'injection d'anticorps anti-D. J'ai lu que je pourrais être porteuse de l'anticorps anti-D et qu'il y a des risques pour les futures grossesses. Pouvez-vous me dire si les risques peuvent survenir dès la nidation de l’œuf fécondé? Ou à d'autres moments précoces de la grossesse? Existe-t-il un quelconque traitement, solutions dans mon cas? Que me conseillez-vous? merci
Réponse

Bonjour,

Vous êtes de rhésus négatif et venez de subir une IVG. Aucune injection d’anticorps anti-D semble n’avoir été faite et cela vous inquiète. Vous souhaitez savoir quels sont les risques pour une prochaine grossesse.

A titre d’information générale, nous vous invitons à consulter le document rédigé par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), on y apprend notamment que :
« Vous êtes Rhésus-D négatif (RH-1). Quelles conséquences pour la grossesse ?

Quand une femme Rhésus-D négatif est enceinte d’un bébé qui a hérité du groupe Rhésus-D positif de son père, le passage du sang du bébé dans la circulation maternelle peut conduire à la production d’anticorps anti-Rhésus-D. C’est ce que l’on appelle une allo-immunisation foetomaternelle RhD.
Lors d’une première grossesse, cela est sans grande conséquence pour l’enfant car les anticorps anti-D sont habituellement produits en fin de grossesse, trop tard pour affecter le bébé. En revanche, lors d’une grossesse suivante, les anticorps sont présents dès le début. Le système immunitaire de la mère qui a conservé en mémoire les informations va réagir rapidement au contact des globules rouges RH(1) du nouveau bébé RhD positif et produire une grande quantité d’anticorps anti-D. Il y a alors danger pour ce nouvel enfant rhésus D positif. En revanche, ces anti-D sont sans risque pour la maman. »
(…)
Peut-on éviter une immunisation Rhésus ?
Oui, il existe un traitement préventif qui évite l’apparition des anticorps ; mais ce traitement n’est plus efficace si une immunisation anti-RhD est déjà présente.
Il consiste à injecter, à la mère, des immunoglobulines anti-RhD. Le principe est d’éliminer le plus tôt possible les globules rouges de l’enfant passés chez la mère à l’aide d’anticorps anti-D « prêt à agir » contenus dans ces immunoglobulines. Ainsi, le système immunitaire de la maman n’est pas alerté.
Quand ce traitement est-il proposé ?

- Pendant la grossesse :
.
après un événement qui a pu favoriser le passage des globules rouges RhD positif du bébé dans la circulation de la mère (liste ci-dessous), l’injection des anticorps anti-D doit se faire dans un délai bref (72 h) ;
.
de plus, au début du 3e trimestre de grossesse, les professionnels de santé vont vous proposer une dose d’anti-D pour neutraliser les passages « spontanés » de globules rouges du bébé vers votre circulation, qui se font plus facilement à cette période.
- A la naissance ou à l’arrêt de la grossesse : moment où se produit souvent un important passage de globules rouges de l’enfant dans la circulation maternelle, l’injection d’une nouvelle dose d’anticorps anti-D sera faite dans les 72 h. La dose sera calculée en fonction de l’importance du passage de globules rouges évalué sur une simple prise de sang après l’accouchement.
Et pour la grossesse suivante ?
- Il faut d’abord s’assurer que le traitement préventif a été efficace par une recherche d’agglutinines irrégulières (RAI) 6 mois après la fin de la grossesse.
- Si, au vu du résultat, il apparaît que vous vous êtes immunisée contre le Rhésus-D, il s’agit d’un échec de la prévention - rare mais possible.
- Si la RAI ne montre pas d’immunisation, il faudra alors, pour une nouvelle grossesse, prévoir les mêmes surveillance et prévention que pour celle-ci.»
www.cngof.asso.fr/D_TELE/rhesus_patientes2006.pdf

Notez qu’il existe un risque uniquement si le fœtus était de rhésus positif. En outre nous vous rappelons que Questions-santé est un service de documentation en ligne et ne peut remplacer l’avis d’un professionnel de santé. Si vous avez le moindre doute, votre gynécologue reste votre interlocuteur privilégié.

Nous restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

Retour à la liste des questions
Retour en haut