Cité de la santé

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Questions-santé 2012 - septembre

Titre de la question Anti-inflammatoire
Question Est-ce que les anti-inflammatoires en application cutanée sont aussi mauvais pour les intestins que ceux par voie orale ?
Réponse

Bonjour,

Vous souhaitez savoir si les anti-inflammatoires en application cutanée ont autant d’effets indésirables sur le tube digestif que ceux par voie orale.

Afin de mieux comprendre ce que sont les anti-inflammatoires, nous vous proposons des extraits d’un cours du Collège Français des Enseignants en Rhumatologie.
umvf.univ-nantes.fr/rhumatologie/enseignement/rhumato25/site/html/cours.pdf

Il existe deux sortes d’anti-inflammatoires :
- « Les anti-inflammatoires stéroïdiens ou (gluco)corticoïdes sont des dérivés synthétiques des hormones naturelles, cortisol et cortisone dont ils se distinguent par un pouvoir antiinflammatoire plus marqué et, à l’inverse, un moindre effet minéralocorticoïde »
- les anti-inflammatoires non stéroïdiens : « Les prostaglandines sont des éicosanoïdes exerçant une action purement locale. Mais leur distribution quasi ubiquitaire leur permet d’intervenir dans de nombreux processus physiologiques et pathologiques »
Les effets secondaires vont varier en fonction du type d’anti-inflammatoires et de la voie d’administration.
- Anti-inflammatoires stéroïdiens
I.1.2 Formes pharmaceutiques

La corticothérapie générale fait essentiellement appel à la voie orale, qui assure le plus souvent une bonne biodisponibilité du médicament. Les solutions d’esters hydrosolubles et les suspensions microcristallines sont destinées à l’administration parentérale et aux injections locales. Ces dernières s’accompagnent toujours d’un passage systémique du corticoïde.
I.1.3 Principaux effets indésirables

La plupart des effets indésirables des corticoïdes sont inhérents à leurs propriétés pharmacologiques (« effets secondaires »). Leur fréquence et leur gravité dépendent de la posologie quotidienne et/ou de la durée du traitement, mais aussi de la susceptibilité individuelle et du terrain physiopathologique du malade, d’où la notion de « facteurs prédisposants » pour l’une ou l’autre complication. La nature du dérivé et la voie d’administration interviennent également dans certains cas. (page 6)
I.1.3.2 Complications digestives

Les corticoïdes sont volontiers responsables de dyspepsie et ils favorisent les perforations intestinales, notamment en cas de diverticulose colique, fréquente chez le sujet âgé.
Concernant la muqueuse gastroduodénale, les corticoïdes sont peu ulcérogènes en eux-mêmes, notamment à faible dose, mais ils potentialisent l’ulcérogénicité des AINS. Ainsi, un ulcère gastroduodénal ne contre-indique pas la corticothérapie systémique à condition d’associer le traitement antiulcéreux approprié. (Page 7)
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens
II.2.3 Voies d'administration

II.2.3.1 Voies générales
Ces voies comportent toutes les mêmes risques auxquels s’ajoutent parfois des complications locales particulières :

voie orale : c’est la mieux adaptée aux traitements prolongés. La prise du médicament pendant le repas ralentit sa vitesse d’absorption et améliore rarement la tolérance fonctionnelle digestive ;
voie rectale : les suppositoires sont résorbés plus irrégulièrement que les formes orales ;
voie intramusculaire : cette voie est surtout intéressante quand l’administration orale est impossible, dans un contexte d’urgence, vu sa rapidité d’action (colique néphrétique). Son emploi en rhumatologie est en revanche discutable : elle n’est pas intrinsèquement plus efficace que la voie orale, mais l’effet placebo est plus marqué, et elle ne met pas à l’abri des complications systémiques, notamment digestives, des AINS, tout en comportant un risque de nécrose ou d’abcès de la fesse. En pratique, il faut limiter son usage à des cures brèves de 2 ou 3 jours ;
voie intraveineuse : selon les AMM, cette voie est réservée à des indications particulières telles que le traitement de la douleur postopératoire ou le traitement des crises de colique néphrétique.
II.2.3.2 Voies locales
Les applications de gels ou de pommades d’AINS peuvent suffire à soulager les douleurs liées à une entorse bénigne, une contusion, une tendinite, une arthrose de petites articulations. Ces formes exposent à des réactions d’hypersensibilité locales, voire générales du fait d’un faible passage systémique de l’AINS.
II.2.4 Principaux effets indésirables

Tous les AINS exposent virtuellement aux mêmes complications. Mais l’incidence d’un effet indésirable donné dépend de la nature de l’AINS et souvent de sa posologie ainsi que du terrain du malade et des médicaments associés. Les facteurs physiopathologiques et pharmacologiques favorisant la survenue des accidents graves constituent les principales contre-indications et précautions d’emploi des AINS.
II.2.4.1 Effets indésirables digestifs

Il faut distinguer :
– les manifestations fonctionnelles (dyspepsie, gastralgies, nausées) : fréquentes et rapidement résolutives à l’arrêt du produit. Elles sont mal corrélées à l’existence de lésions de la muqueuse gastroduodénale ;
– les ulcères gastroduodénaux découverts lors d’examens endoscopiques : plus fréquents avec les AINS classiques qu’avec les coxibs, mais asymptomatiques dans la moitié des cas ;
– l’ulcère symptomatique, simple ou compliqué (hémorragie digestive, perforation), de survenue parfois précoce, dont on déplore2 à 4 cas pour 100 patients-années avec les AINS classiques. Les principales circonstances prédisposantes sont une posologie élevée d’AINS, le grand âge, un ulcère évolutif ou ancien, la prise concomitante d’un anticoagulant, d’un corticoïde ou d’un autre AINS, y compris de l’aspirine à dose antiagrégante. Ce risque est environ deux fois plus faible avec les coxibs qui perdent toutefois cet avantage quand le malade prend simultanément de l’aspirine à visée antithrombotique. » (Pages 17-18)

On voit donc que selon le type d’anti-inflammatoire et la voie d’administration les effets secondaires diffèrent. De plus chaque individu étant particulier les effets d’un même médicament peuvent être différents d’une personne à l’autre.

Nous vous rappelons que Questions-santé est un service de documentation en ligne et ne peut remplacer l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien qui, si vous avez le moindre doute, restent les interlocuteurs à privilégier.

Nous restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

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