Cité de la santé

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Questions-santé 2013 - mars

Titre de la question Artériopathie obliterante des membres inferieurs
Question Bonjour J’ai une tante qui souffre d’une AOMI depuis 40 jours. Elle a été hospitalisée et le traitement prescrit par les médecins à l’hôpital n’a pas fait disparaitre la maladie. Les deux orteils du pied droit sont devenues jaunes pales et il y a même du pus. Ma tante est âgée de 89 ans et souffre d’une hypertension bien suivie par son cardio. Pour le reste, rien à signaler, pas de diabète ou autre maladie grave. Est-ce que ma tante résistera à l’amputation de ses orteils vu son âge avancé ? Quelles sont les chances de s’en sortir ? Est-ce qu'une opération « angioplastie » est préconisée dans ce cas ? Salutations
Réponse

Bonjour,

Votre tante âgée de 89 ans souffre d’une artérite obstructive des membres inférieurs (AOMI) et doit subir une amputation des orteils. Vous vous inquiétez de savoir si votre tante va supporter l’opération et si une angioplastie est envisageable dans son cas.

A titre d’information générale, voici ce qu’indique la Société de chirurgie vasculaire de langue française sur l’AOMI :
- sur le traitement chirurgical :
« Les artères des membres inférieurs peuvent être opérées selon trois techniques de chirurgie artérielle: la dilatation ou angioplastie, le pontage qui est une dérivation et l'endartériectomie qui est une désobstruction.
a. La dilatation artérielle, avec ou sans pose d'un stent.
C'est la technique la plus simple, mais elle n'est pas toujours possible. Elle consiste à ponctionner l'artère fémorale en général, à l'aine, sous anesthésie locale ou générale, à passer un ballonnet dans l'artère jusqu'à l'endroit où l'artère est obstruée, soit en remontant dans le ventre, pour dilater une artère iliaque, soit en descendant dans le membre pour dilater une artère fémorale à la cuisse.
La possibilité technique de cet acte dépend de la sévérité et de l’étendue des lésions. Au cours de l'intervention, si la dilatation avec le ballonnet est imparfaite (on réalise une artériographie per opératoire ou radiographie de l'artère), on pose un stent, structure métallique, grillagée, tubulaire qui modèle l'artère au bon calibre. «
www.vasculaire.com/fr/Maladies/L-Arterite-ou-Arteriopathie-Obstructive-des-Membres-Inferieurs/VII-Quel-est-le-Traitement-chirurgical-de-l-Arterite-AOMI

Quels sont les risques de ces traitements chirurgicaux ?
« Il existe des risques liés à l’intervention chirurgicale (hématome, infection, occlusion de la revascularisation pouvant nécessiter une réintervention) et des risques liés au terrain cardio vasculaire (infarctus du myocarde, insuffisance rénale, complications respiratoires ...). »
www.vasculaire.com/fr/Maladies/L-Arterite-ou-Arteriopathie-Obstructive-des-Membres-Inferieurs/VIII-Quels-sont-les-risques-de-ces-traitements-chirurgicaux

Vous vous inquiétez des conséquences de l’anesthésie sur votre tante étant donné son âge. Nous vous proposons de lire à ce sujet un article de deux médecins du Service d'anesthésie-réanimation chirurgicale du centre hospitalier Bichat-Claude-Bernard (Paris) : Anesthésie du grand vieillard :
« Après 85 ans, un patient sur deux est classé ASA [classification des patients devant subir une intervention chirurgicale en 5 catégories selon la gravité de leur pathologie] 3 à 5.
· Le vieillissement physiologique se caractérise par une altération des réserves fonctionnelles des organes. Ceux-ci ne peuvent plus faire face à une augmentation brutale des besoins. L'âge chronologique joue probablement un rôle chez le grand vieillard dans l'évolution des états morbides. Le bilan préopératoire doit donc évaluer les capacités d'adaptation restantes de l'organisme.
· Les grands vieillards reçoivent souvent de très nombreux médicaments, qui exposent à des risques d'interactions.
· La pharmacocinétique et la pharmacodynamie des médicaments de l'anesthésie sont modifiées chez le grand vieillard. La prudence commande de minorer les posologies, d'utiliser des médicaments de délai et de durée d'action courts, de les titrer et de monitorer leurs effets.
· Dans une population générale, il n'y a pas d'avantage décisif à utiliser une technique d'anesthésie générale plutôt qu'une technique d'anesthésie rachidienne, et inversement.
· L'anesthésie ambulatoire est possible chez le grand vieillard autonome et/ou entouré.
· L'analgésie postopératoire est souvent insuffisante chez les grands vieillards. Elle doit répondre aux mêmes impératifs de prescription (minoration des posologies, titration, monitorage) que les autres médicaments de l'anesthésie.
· Les troubles cognitifs et les états d'agitation sont fréquents dans la période postopératoire. Ils doivent faire rechercher une cause immédiatement curable. Ils doivent faire l'objet de mesures préventives.
· L'âge lui-même est un facteur de risque de troubles cognitifs postopératoires.
· L'objectif principal de la prise en charge médico-chirurgicale du grand vieillard est le retour rapide à une autonomie optimale dans un environnement connu. »
www.sfar.org/acta/dossier/archives/ca99/html/ca99_01/99_01.htm

Toutes ces informations sont d’ordre général et chaque cas étant particulier, elles peuvent ne pas s’appliquer à votre tante.
Seul le médecin qui la suit pourra, de par la connaissance de son état de santé, vous répondre de façon adaptée.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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