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Questions-santé 2013 - juin

Titre de la question Tendinopathies récurrentes
Question J'ai une tendinopathie des 2 épaules (reconnues en maladie professionnelle), une de la hanche, une aux adducteurs et dernièrement une aponévrite plantaire avec épine calcanéenne. Existe-t-il des raisons autres que mécaniques à ces tendinopathies récurrentes ? Merci.
Réponse

Bonjour,

Souffrant de plusieurs tendinopathies vous vous interrogez sur les causes de récurrence de ces pathologies.

Un article extrait du Traité de l’Appareil locomoteur [51182] de l’Encyclopédie médico-chirurgicale, intitulé Tendinopathies : étiopathogénie, diagnostic et traitement de H. Bard.(rhumatologue) expose les différentes causes des tendinopathies.
« Étiopathogénie
Mécanismes lésionnels

Avant d'aborder les mécanismes lésionnels et de développer plus loin les lésions anatomiques, il est important de rappeler quelques définitions. Les tendinopathies peuvent s'exprimer sous diverses formes anatomiques qui sont résumées dans le Tableau 1 . La pathologie peut concerner le tendon lui-même (tendinopathie, tendinose) ou sonson environnement (paraténon, gaine synoviale, bourse de glissement), l'atteinte des deux étant dénommée pantendinopathie par Maffulli 1. La péritendinite est mieux dénommée paraténonite. La ténosynovite est une inflammation de la gaine synoviale. Le tendon peut être lésé à l'enthèse (enthésite, enthésose), à la jonction myotendineuse (déchirure myotendineuse) ou dans le corps du tendon (tendinopathie nodulaire, corporéale).
Les tendinopathies d'origine mécanique, ou tendinopathies de surcharge mécanique 2, peuvent relever de trois processus physiopathologiques :
conflit ou coincement (impingement ) répété (pathologie de balayage, de friction ou de coincement) ;
traction excessive par surcharge ou utilisation abusive (overuse ) ;
contusion par traumatisme direct.
Il convient de noter qu'il n'y a pas de traduction française très satisfaisante du mot anglais overuse . Le néologisme « hypersollicitation » associe une racine grecque à une racine latine, le mot « surmenage » n'est pas plus approprié, alors que « surutilisation » figure dans le dictionnaire et nous semble plus acceptable.
Les tendinopathies d'origine traumatique ou microtraumatique, quel que soit le mécanisme initial, peuvent survenir sur un tendon sain ou sur un tendon fragilisé. Le tendon peut ainsi être rendu plus vulnérable par des lésions dégénératives (tendinose) qu'elles soient liées à l'âge ou à des microtraumatismes antérieurs, par une fragilité constitutionnelle (anomalie du collagènecollagène de type I) ou acquise, faisant intervenir des désordres hormonaux, métaboliques ou iatrogènes (cf. supra).
Tendinopathies par conflit « impingement »
Le fonctionnement normal du tendon peut être altéré par un conflit intrinsèque avec une structure anatomique de voisinage que celle-ci soit normale (le trajet du tendon étant modifié par une anomalie morphologique, un trouble statique) ou pathologique (rétinaculum épaissi, calcification, excroissance osseuse). Le conflit peut être d'origine extrinsèque avec un matériel inadapté, vêtement ou une chaussure par exemple. Les frottements répétés vont entraîner en premier lieu une pathologie péritendineuse, de la gaine synoviale (ténosynovite), du paraténon (paraténonite) ou d'une bourse de glissement de voisinage (bursite). C'est le cas de la pathologie de la coiffe par conflit sous-acromial. Les ténosynovites, paraténonites et bursites d'origine extrinsèque sont habituellement aiguës, de diagnostic et de traitement faciles, à condition de supprimer la cause du conflit. Les formes d'origine intrinsèque peuvent évoluer sur un mode progressif, chronique et aboutir à des lésions intratendineuses irréversibles. La pathologie des rétinaculums provoque d'abord une ténosynovite exsudative et/ou sténosante pouvant aboutir à la formation d'un nodule intratendineux (doigt à ressaut, ténosynovite sténosante de De Quervain par exemple).
Tendinopathies par surutilisation
Cette pathologie tendineuse s'apparente aux fractures de fatigue ou de contrainte. Le tendon est soumis à des contraintes d'« hypertraction » comme le cartilagecartilage est soumis à des contraintes d'hyperpression.
Les tendinopathies par traction excessive surviennent à l'occasion d'un mouvement brusque ou plus souvent à la suite de microtraumatismes répétés, dépassant la résistance à la traction du tendon. Ce défaut de résistance peut être la conséquence d'une faiblesse constitutionnelle du tendon et de l'enthèse, d'une fragilisation par des lésions dégénératives préexistantes (tendinose) ou d'une modification de l'axe de travail du tendon. Les lésions de surmenage ou de fatigue sont la conséquence d'un suremploi (modification rapide et excessive de l'activité) ou d'une surcharge (changement rapide en résistance) 3. Leadbetter 3 a montré dans un schéma très explicite, traduit et adapté (Figure 1 ), comment le tendon subissait des lésions infracliniques, avec tentatives de réparation et d'adaptation, pour aboutir à un stade symptomatique (douleur) qui conduit le patient à consulter. La difficulté pour le thérapeute est de juger le moment où la réparation est suffisante pour permettre une reprise de l'activité sans risque de rechute. Plusieurs études épidémiologiques ont montré qu'en milieu professionnel la majorité des tendinopathies se voit dans des emplois nécessitant des gestes répétitifs.
Elles relèvent également de causes intrinsèques et de causes extrinsèques (Tableau 2 ) [4, 5]. Le rôle exact des facteurs morphologiques reste néanmoins discuté, les résultats des études étant discordants et de telles anomalies pouvant être bien tolérées par les tendons. Il existe une incidence plus élevée des lésions tendineuses dans le sexe féminin en raison vraisemblablement d'une masse musculaire moins importante, plus vulnérable et d'une masse grasse plus élevée avec une possible intervention de facteurs hormonaux [6, 7]. La charge exercée sur les articulations portantes et les tendons par certaines activités sportives est considérable. Il a été calculé que chaque pied d'un coureur de fond pesant 70 kilos absorbait au moins 220 tonnes par mile (soit 1,6km). Un coureur qui coure 100 miles, soit 160km par semaine, pose chaque pied environ 3 millions de fois par an 6. De plus, la force de l'impact augmente avec la vitesse.
Cette pathologie de surutilisation crée des lésions intratendineuses et concerne quasi exclusivement les tendons biarticulaires, extenseurs, en position de décélération (contractions excentriques) 3. C'est le cas par exemple du tendon calcanéen, du tendon ou ligament patellaire, des tendons épicondyliens latéraux.
Cependant, cette conception mécanique des tendinopathies n'exclut pas la participation d'autres facteurs, cellulaires notamment, comme dans l'arthrose (Figure 2 ). Faire la part entre une lésion structurale directe de la fibre collagènecollagène et celle d'une inadaptation métabolique ou cellulaire à des contraintes excessives intervenant sur la qualité de la matrice est encore moins facile au tendon qu'au cartilage.
Tendinopathies par traumatisme direct
Les traumatismes directs du tendon peuvent être provoqués par un objet contondant, par un projectile pénétrant, par un agent physique (thermique) ou chimique. Les tendinopathies par contusion ont une expression clinique variable, fonction de l'intensité et du siège du traumatisme, lequel peut occasionner aussi bien des lésions péritendineuses qu'intratendineuses. Elles ne sont pas développées ici. »
www.em-premium.com/article/696069/resultatrecherche/11

Cet article est consultable dans sa totalité au Service commun de la documentation qui gère le réseau des bibliothèques de l'Université de Strasbourg.
2, rue Blaise Pascal, CS 41037/F - 67070 Strasbourg Cedex
scd.unistra.fr

Nous espérons que ces éléments vous permettront de mieux comprendre la pathologie dont vous souffrez et restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
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