Cité de la santé

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Questions-santé 2013 - mai

Titre de la question Est-ce possible? expliquez svp merci
Question Un garçon de 10 ans, avait mangé de l'ananas environ 15 jours avant, et est tombé malade, quelques temps après. Plus tard, quand ses parents lui ont fait un bilan de santé, les médecins ont diagnostiqué qu'il avait le sida. Ses parents ne pouvaient pas y croire ... Puis toute la famille en vertu est allée faire un bilan de santé ... aucun d'entre eux ne souffrait du sida. Alors, les médecins ont questionné encore une fois  le garçon s'il avait mangé dehors ..... Le garçon a dit «oui». Il avait mangé de l'ananas ce soir-là. Immédiatement un groupe de l'hôpital est allé chez le vendeur d'ananas pour vérifier. Ils ont constaté que le vendeur d'ananas avait été blessé du doigt en coupant le fruit, son sang s'était répandu dans le fruit.Quand ils ont vérifié son sang ... le gars souffrait du SIDA. Mais lui-même n'était pas au courant. Malheureusement, le garçon est maintenant souffrant de cette maladie. S'il vous plaît prenez soin en mangeant sur le bord de la route (particulièrement les choses  savoureuses)
Réponse

Bonjour,

Vous nous faites un récit qui évoque la transmission fortuite du virus du VIH par ingestion d’un fruit ayant été en contact avec du sang contaminé. Vous nous demandez si cette histoire est plausible.

Tout d’abord, nous attirons votre attention sur le fait que l’histoire que vous relatez est couramment diffusée sur les réseaux, selon diverses variantes. En voici un témoignage sur le blog Djoh (de l’ingénieur blogueur français Jonathan Vaslin) en Inde, qui confirme le caractère artificiel et discutable du cas évoqué :
« Une seconde version voudrait que le sang se soit mélangé au ketchup d’un burger, préparé là aussi dans la rue. Désormais, le mail le plus commun explique que c’est en mangeant une assiette d’ananas fraichement coupé que l’enfant aurait été contaminé.
Chaque mail se termine en conseillant à tous de se méfier de la nourriture prise dans la rue, et bien sûr en demandant de transmettre le message à tous ses contacts… L’intégralité du message original est dans la suite de l’article. […]»
www.djoh.net/inde/attraper-le-sida-en-mangeant-une-assiette-d-ananas/

Néanmoins, votre question est tout à fait légitime et voici les informations que nous avons rassemblées.

En premier lieu, nous vous proposons la réponse apportée par notre partenaire le CRIPS (Centre régional d’information et de prévention du sida) à une question qui rejoignait la vôtre :
www.lecrips-idf.net
« La transmission Vih/sida peut se faire lors d'un contact prolongé et en quantité (de sang) entre 2 plaies ou lorsque le sang gicle vers les yeux (muqueuse de l'oeil : risque de transmission). Mais dans le cas de petits coupures, le risque est pratiquement nul étant donné que le virus vit à peine une minute à l'air libre ».

Pour compléter, le site Fil santé jeunes du Ministère de la santé, vous explique quels sont les principaux modes de contamination et insiste sur le fait que la contamination par simple blessure est peu probable :
« Le VIH est présent dans l'ensemble des sécrétions corporelles. Seuls les cinq liquides biologiques suivants sont susceptibles de contenir suffisamment de virus pour permettre une transmission :
- le sang,
- le sperme,
- le liquide pré-séminal chez l'homme,
- les sécrétions vaginales chez la femme,
- le lait maternel.
La transmission est le résultat du contact entre une sécrétion infectée et une muqueuse. Dans l'ordre décroissant, les muqueuses les plus perméables sont la muqueuse rectale, la muqueuse vaginale, et la muqueuse buccale. S'il y a des lésions (en particulier celles provoquées par les IST), la porte d'entrée est encore plus ouverte et le risque de transmission augmente.
Quatre pratiques sont reconnues comme étant à risque réel de transmission :
- La pénétration anale, vaginale, et, plus secondairement, buccale. Les cas de transmission par cunnilingus sont rarissimes alors que les contaminations au cours de la fellation existent réellement ; ils restent cependant peu fréquents. Le risque commence dés le début de la pénétration. Le liquide pré-séminal est contaminant et le risque est donc présent bien avant l'éjaculation.
- Une piqûre volontaire (consommateur de drogue) ou accidentelle (professionnels de santé) avec une seringue qui vient de servirà une injection ou à un prélèvement sanguin. Contrairement à une idée répandue, la piqûre accidentelle avec une seringue qui traîne dans un lieu public ne constitue pas un risque pour le VIH. Il y a par contre un risque de transmission de l'hépatite B et du tétanos (il existe des vaccins pour ces deux maladies). Il faut se souvenir que la durée de vie du virus à l'air libre est limitée. De plus, le sang coagule rapidement ce qui rend impossible la contamination.
- La transmission de la mère à l'enfant lors de l'accouchement et, beaucoup plus rarement, lors du 3ème trimestre de la grossesse.
- La transmission de la mère à l'enfant au cours de l'allaitement (la muqueuse buccale du nourrisson est autrement moins résistante que celle de l'adulte, et le temps passé à téter est important).
La transmission par des contacts sexuels sans pénétration (contact bouche-sexe féminin, bouche-anus, frottements des sexes sans pénétration) ou par de simples blessures (sans l’intermédiaire d’une seringue) est exceptionnelle. Il faudrait en effet un contact prolongé entre deux plaies fraîches ouvertes et sanglantes, avec un virus capable de progresser à contre-courant puisque le sang sort sous pression. Ce genre de situation n'existe pas et le risque est donc nul. »
www.filsantejeunes.com/actualites/230-le-sida

Si vous souhaitez obtenir des réponses personnalisées, nous vous conseillons de poser votre question via le chat ou le formulaire de mail du site Sida info service.
www.sida-info-service.org
Vous pouvez aussi demander à être contacté par téléphone si vous possédez un mobile.
www.sida-info-service.org

Nous espérons que ces éléments d’informations vous éclaireront et nous nous tenons à votre disposition pour toute nouvelle recherche.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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