mars

Extraction dentaire

Question

Quelle solution pour extraction de dents étant sous anticoagulants ?

Réponse

Bonjour,

Vous voulez connaître les solutions pour une extraction de dents sous anticoagulants.

Voici un article traduit par Medespace, le portail médical francophone, extrait du Journal of Oral Implantology (Vol.37, Issue 6 , Dec. 2011) intitulé Un nouveau protocole réduit le saignement après extractions [d’une] dent :
« On peut prévenir les complications hémorragiques après des extractions dentaires chez les patients qui ont subi une chirurgie cardiaque sous traitement anticoagulant par l'utilisation des leucocytes et de fibrine riche en plaquettes
[…]
Le protocole proposé est une option thérapeutique fiable pour éviter les saignements importants après extractions dentaires sans la suspension de traitement anticoagulant chez les patients de chirurgie cardiaque. »
http://www.medespace.fr/articles.php?article_id=588

Nous vous invitons à lire également un article des éditions médicales du Fil dentaire intitulé Nouveaux protocoles de prise en charge des patients sous anticoagulants rédigé par le Dr Sophie Myriam DRIDI, docteur en chirurgie dentaire:
« Il faut savoir que 20% de nos patients sont sous anti-vitamine K (AVK), et présentent un risque thromboembolique nécessitant une anticoagulation parfois au long cours. La prise en charge de ce type de patients est de plus en plus fréquente pour les chirurgiens-dentistes et nécessite une attention toute particulière notamment lors des actes dentaires chirurgicaux car des complications hémorragiques per ou post-opératoires peuvent survenir.
Le problème qui se pose est de savoir si l’on arrête ou non la médication anticoagulante en prenant soin de bien évaluer le risque hémorragique lié à notre acte chirurgical (rôle du chirurgien-dentiste) et de le comparer au risque de thrombose en cas d’arrêt du traitement (rôle du médecin traitant).

[…]
Dans le cas d’extraction dentaire simple
Si l’INR se situe entre 2 et 2,5, il est possible de poursuivre le traitement par AVK lors d’extractions dentaires simples en adoptant une technique chirurgicale adéquate ainsi qu’une hémostase locale rigoureuse afin d’éviter toute hémorragie per et post-opératoire.
On pratique une anesthésie locale lente avec vasoconstricteur (sauf contre-indication). Une anesthésie loco-régionale pourrait entraîner la Les lambeaux élevés devront être limités en étendue et uniquement de pleine épaisseur.
L’extraction doit éviter toute fracture alvéolaire et être suivie d’une exérèse du tissu de granulation.
On utilise des mèches résorbables (Surgicel non tissé) que l’on place dans l’alvéole et on pratique une suture berge à berge (fil non résorbable 3/0).
On pratique une compression du site de façon systématique soit avec une compresse maintenue entre les arcades, soit à l’aide d’une gouttière thermoformée ou d’une prothèse adjointe immédiate rebasée au COEPAK.
On peut également utiliser des colles synthétiques (Histoacryl) ou biologiques (Biocol, Tissucol).
Les conseils post-opératoires d’usage pour éviter les saignements post-opératoires seront minutieusement expliqués au patient : éviter une alimentation dure ainsi que les boissons chaudes et les bains de bouche intempestifs.
Prescrire des solutions de rinçage antifibrinolytiques (Exacyl 1gr/10ml en ampoule) à utiliser 4 fois par jour durant 2 minutes sans avaler.
Dans le cas d'intervention chirurgicale plus lourde :
Si l’on doit pratiquer une intervention chirurgicale plus lourde, la décision à adopter doit être prise en concertation avec le médecin traitant. On interrompt l’AVK 3 à 4 jours avant l’intervention qui sera réalisée quand l’INR est < à 1,5.
Dans les situations à risque thrombotique élevé, une héparinothérapie doit être introduite quand l’INR est inférieur à 2 ; l’intervention sera réalisée après une interruption de l’héparine de 4 heures (HNF) à 12 heures (HBPM). L’héparine sera reprise après le geste chirurgical jusqu’à l’obtention d’un INR supérieur à 2 sous AVK.
Pour une intervention programmée, si l’INR reste > à 2 la veille de l’intervention, une petite dose de vitamine K1 (par exemple 1 mg per os) permet habituellement d’obtenir le lendemain un INR autorisant l’intervention.
En cas d’intervention chirurgicale très urgente, on peut utiliser un concentré de facteurs vitamine K dépendants (PPSB, Kaskadil).
La conduite à obtenir face à un patient sous héparine est plus simple : on programme l’intervention et le médecin traitant suspendra l’injection préalable à l’acte (de 6 à 12 heures suivant le type d’héparine). Les mesures d’hémostase locale restent valables et nécessaires.»
http://www.lefildentaire.com/articles/clinique/omnipratique/37-focusclinic-patients-sous-anticoagulant#.UxsoxM69dqk

Nous espérons que ces informations vous seront utiles et nous restons, bien entendu, à votre disposition pour toute recherche dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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