août

Cessation de médication

Question

Bonjour à vous, Difficile pour moi de voir un médecin en ce moment. J'avais une médication depuis plusieurs années. Effexor 150mg, Risperdone, Lamotrigine. Le premier juillet dernier, ds un grand moment de découragement j'ai pris beaucoup de médicaments (Clonazepane et aussi pilules bleues pour insomnie) et je buvais beaucoup d'alcool. A l'urgence, ensuite transférée à un département. le psychiatre a coupé toute ma médication, d'un coup sec (sans diminuer graduellement). J'ai été très malade. 2 semaines plus tard retour à l'urgence de l'hôpital. on me donna un peu d'Effexor 37,5mg mais pour quelques jours seulement. Là je ne prend plus d Effexor. seulement un peu de Clonazepane au besoin pour anxiété. Je ne bois plus d'alcool depuis environ 50 jours et ça va bien et ne me manque pas. Mais ma santé ne revient pas. grande faiblesse toujours! Je dois me coucher le jours durant 2 heures environ. je ne suis pas capable de faire des repas. est-ce normal que ma santé ne revienne pas vraiment encore ? J'ai passé des examens (prises de sang etc) et tout était ok mais je me sens faible et ne peux pas vraiment sortir de chez moi, sauf pour aller à l'épicerie tout près. Est-ce que mon problème de santé est dû au fait que j'avais pris beaucoup d'alcool et de médicaments et que mon corps en souffre encore ? Est-ce que ça sera long avant que ma santé prenne du mieux ? Je suis découragée de me voir aussi faible, mais mon moral est bon. De plus, depuis environ 1 mois, j'ai de grosses douleurs aux jambes, reins, cuisses, pieds. Je prends du Tylenol pour aider à calmer la douleur et ça fonctionne assez bien. Je prends seulement maintenant une petite pilule pour ma pression et une petite aussi pour ma glande thyroïde. C'est tout. Et l'alcool aura détruit une grande partie de ma santé je pense bien. Mais là c'est bel et bien terminé ! merci de votre aide !!

Réponse

Bonjour,

Dans un moment de détresse, vous avez pris de l’alcool avec des médicaments psychotropes et vous souhaitez savoir quand votre état de santé sera en nette amélioration.

Au sujet de la consommation d’alcool conjugué à la prise de ce type de médicaments, nous vous invitons à consulter un article édité par l’Institut [français] national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) sur le site info-depression.fr :
" La souffrance morale ressentie en cas de dépression peut favoriser la consommation d’alcool. Sur l’instant, l’alcool peut en effet donner l’impression de soulager, de mettre une distance entre soi et ses problèmes, d’avoir un effet tranquillisant ou apaisant.
Mais ces effets immédiats sont un piège : l’impression d’amélioration se dissipe rapidement, l’alcool a en fait des effets dépresseurs (diminution des fonctions cérébrales, fatigue, difficultés de concentration, tristesse) qui sont liés à ses interférences avec le fonctionnement de plusieurs neuromédiateurs. Il entraîne en fait une aggravation de la dépression.

La consommation d’alcool pose également problème quand on prend un traitement médicamenteux (antidépresseurs, anxiolytiques…). En effet, l’alcool interfère avec les effets des médicaments, augmente leurs effets indésirables et diminue leur efficacité thérapeutique. Il est donc préférable d’éviter d’en boire si l’on prend des médicaments"

http://www.info-depression.fr/spip.php?article67

En ce qui concerne l’arrêt d’un traitement psychotrope, le Dr Romain Garrouty, psychiatre, déclare dans une communication lors du Printemps médical de Bourgogne (mars 2013) :
 « Arrêter un traitement psychotrope ne répond pas à un schéma unique.
La plupart des situations qui justifient l'arrêt immédiat d'un psychotrope pour mauvaise tolérance sont contemporaines ou proches de l'initiation du traitement et permettent un sevrage rapide sans symptôme inhérent, laissant pour autant ouverte la question d'autres choix thérapeutiques pour traiter la pathologie psychiatrique.
[…]

Enfin, dans l'immense majorité des cas l'arrêt peut être progressif et réfléchi avec un patient «acteur de ses soins», prévenu de la survenue possible de symptômes de sevrage et conscient du bénéfice attendu de l'arrêt.
http://www.printemps-medical-bourgogne.fr/archives-1/programme-2013/2013-arret-des-medicaments-psychotropes
D’après cette déclaration, il peut donc y avoir un arrêt brutal en début de traitement pour mauvaise tolérance des médicaments mais cela n’est pas vraiment votre cas puisque vous suiviez ce traitement depuis plusieurs années. Nous ne pouvons savoir quelles sont les raisons qui ont motivé cet arrêt de médication.

Nous vous conseillons de faire le point avec votre médecin généraliste sur votre santé physique et mentale, sur vos différents traitements (Éventuelles incompatibilités médicamenteuses ? Nécessité d’un certain temps avant que les effets secondaires des psychotropes arrêtés ne disparaissent ?), votre alimentation (difficultés « à faire des repas ») et votre dépendance à l’alcool (est-ce complètement résolu ?).

En tant que centre de documentation, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse.
Nous espérons que ces informations vous seront utiles et nous restons, bien entendu, à votre disposition pour toute recherche dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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