mars

Placenta, utérus

Question

Bonjour, - Dans quels cas, pour quelles raisons, le placenta n'est pas totalement expulsé au moment de l'accouchement ? (peut-on parler d'adhérence aux parois de l'utérus ? si oui, qu'est-ce qui produit ces adhérences ?) - Comment être sûr qu'il n'y a plus de placenta (ou d'éléments étrangers suite à un accouchement) dans l'utérus ? - Quels sont les risques pour l'utérus (ou tout autre organe) quand des morceaux de placenta ne sont expulsés de l'utérus que plusieurs semaines (6) après l'accouchement ?

Réponse

Bonjour,

Vous vous interrogez sur les raisons qui font que le placenta n'est pas totalement expulsé au moment de l'accouchement  et sur les risques pour la mère en cas d’expulsion tardive.

Nous vous proposons tout d’abord un article rédigé par une gynécologue et extrait du site Docteur Clic (site d’information grand public)  sur la rétention placentaire :
« Point de départ
La rétention placentaire est le nom donné à la partie du placenta qui reste accrochée à l'utérus après la délivrance, c'est à dire l'expulsion du placenta.
Au cours de la délivrance, c'est à dire 15 à 20 minutes après la naissance, de nouvelles contractions surviennent, moins intenses que celles de l'accouchement, elles permettent la rétraction de l'utérus et le décollement du placenta.
Si le décollement est incomplet, une partie du placenta reste à l'intérieur de la cavité utérine, c'est la rétention placentaire
.
Signes
Lorsque le placenta est sorti, la sage femme ou le médecin vérifient toujours son intégrité.
Si une partie semble absente,
Si une hémorragie persiste,
Il faut effectuer une révision utérine.
Révision utérine
La révision utérine est nécessaire car on ne peut pas laisser un morceau de placenta dans la cavité du fait d'un risque important d'hémorragie
.
La sage femme ou le médecin met sa main dans l'utérus de la femme et s'assure que la cavité est bien vide. Ce geste qui dure quelques minutes se fait sous anesthésie générale ou péridurale.
L'utérus ne peut se contracter et assurer ainsi la fermeture des vaisseaux sanguins que si le placenta est totalement évacué
. Au besoin on peut l'aider avec une perfusion d'ocytocine.
Les hémorragies du post partum sont la première cause de mortalité maternelle. »
http://www.docteurclic.com/maladie/retention-placentaire.aspx

En complément voici un article un peu ancien puisque de 1998, issu du site de la Société française d’anesthésie et de réanimation sur les Hémorragies du post-partum immédiat où les Dr N. Boisseau, E. Lhubat et M. Raucoules-Aimé (Département d'anesthésie-réanimation, CHRU, 06006 Nice cedex 1) expliquent la rétention placentaire et ses principales causes :
« Son incidence est d'environ 1 %. Complète ou fragmentaire, elle impose une délivrance artificielle ou une révision utérine. Le diagnostic se fait sur l'examen du placenta, la persistance d'une hémorragie, malgré une apparente rétraction utérine et l'absence de plaie de la filière génitale. Elle est favorisée par une cicatrice utérine, des antécédents de curetages et d'infections utérines ou par des anomalies placentaires. Une forme particulière est représentée par le placenta accreta : les villosités s'insèrent directement sur le myomètre ou en profondeur (placenta increta, percreta), entraînant une adhérence anormale du placenta qui empêche son clivage physiologique au moment de la délivrance. Il se rencontre surtout en cas de placenta prævia et d'utérus cicatriciel. Sa fréquence augmente avec le nombre de césariennes. Le diagnostic est évoqué lorsque la délivrance artificielle rencontre l'adhérence placentaire inhabituelle et s'accompagne d'une hémorragie importante. »
http://www.sfar.org/acta/dossier/archives/ca98/html/ca98_22/98_022.htm

Pour compléter ces informations, voici un extrait d’un cours sur la délivrance et sur les causes de ses complications sur le site de l’Université Paris Descartes :"4 - ComplicationsTableau 1 : les différentes pathologies de la délivrance
La rétention placentaire
Troubles dynamiques utérins
:

Inertie utérine
- Surdistension utérine : grossesse multiple, hydramnios, macrosome,
- Pathologie utérine modifiant la contractilité : fibrome, malformation,
- cause iatrogène : anesthésique (fluothane), tocolytique (ß-mimétiques), arrêt intempestif des ocytociques utilisés en fin de travail.
Hypertonie aboutissant à un enchâtonnement placentaire (cervical ou localisé).
Anomalie d’insertion placentaire :
Insertion anormale (acreta, percreta),
Morphologiques (cotylédons accessoires),
Localisation anormale : bas inséré (segment inférieur).
Erreurs techniques :
Délivrance dirigée trop tardive,
Tractions sur cordon,
Expression utérine avant décollement placentaire. »
http://www.uvp5.univ-paris5.fr/campus-gyneco-obst/cycle3/mto/poly/19000fra.asp

Concernant les complications plus ou moins tardives, voici ce que le Larousse nous apprend :
« Une rétention placentaire nécessite une délivrance artificielle par révision utérine. Toutefois, si la rétention est partielle, la présence de débris placentaires n’est pas toujours décelée. Elle empêche alors l’utérus de se rétracter complètement et peut entraîner des hémorragies (métrorragies) et parfois une infection (endométrite, salpingite) provoquant fièvre et douleurs. »
http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/r%C3%A9tention_intra-ut%C3%A9rine/15848

Pour plus d’informations, nous vous conseillons d’interroger un médecin ou une sage-femme qui seront plus en mesure de vous apporter des informations médicales.

Nous espérons que ces informations vous permettront de mieux comprendre les circonstances de cet accouchement et restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

 

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