mai

Danger (peut-être) d'un médicament

Question

Bonjour, ma fille essaie d'avoir un bébé, on lui a prescrit du DOSTINEX, j'ai entendu que ce dernier pouvait provoquer des malformations sur les fœtus ???? Est-ce-vrai. Merci de me renseigner.

Réponse

Bonjour,

Vous souhaitez savoir si le Dostinex peut provoquer des malformations sur le fœtus.

Il semble qu’il n’y ait pas de consensus sur les effets possibles de ce médicament dont la DCI (dénomination commune internationale) est la cabergoline, puisque nous avons trouvé des informations contradictoires, émanant de sources fiables.

D’une part, un avis de la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS - Direction de l'Evaluation Médicale, Economique et de Santé Publique) en date du15 mai 2013, précise qu’un RCP (Résumé des Caractéristiques du Produit) du 25/03/2013 met en garde sur les risques en cas de grossesse ou d’allaitement :
« 4.6. Grossesse et allaitement
Grossesse
On dispose d'informations sur 256 grossesses dans le cadre d'une étude observationnelle menée pendant douze ans sur les issues de grossesse après un traitement par cabergoline. Dix-sept de ces 256 grossesses (6,6 %) ont donné lieu à des malformations congénitales majeures ou à un avortement. On dispose d'informations pour 23 nouveau-nés sur 258, atteints de 27 anomalies néonatales au total, tant majeures que mineures.
Les malformations musculo-squelettiques représentaient l'anomalie néonatale la plus fréquente (10), suivies des anomalies cardio-pulmonaires (5). Il n'existe pas d'informations concernant les troubles périnataux ou le développement à long terme de nouveau-nés exposés in utero à la cabergoline. Les publications récentes dans la littérature font état d'une prévalence égale à au moins 6,9 % de malformations congénitales majeures dans la population générale. Les taux d'anomalies congénitales varient en fonction des populations. Il n'est pas possible de déterminer avec précision s'il existe un risque accru de malformations congénitales, dans la mesure où aucun groupe témoin n'était inclus. Il conviendra d'exclure une grossesse avant l'administration de cabergoline et d'éviter une grossesse pendant au moins un mois après l'arrêt du traitement. Étant donné que la cabergoline a une demi-vie d'élimination de 79 à 115 heures chez les patientes hyperprolactinémiques, une fois les cycles d'ovulation réguliers rétablis les femmes souhaitant être enceintes doivent arrêter de prendre DOSTINEX un mois avant la date de conception prévue. Cette mesure préviendra toute exposition éventuelle du foetus au médicament et n'influencera pas la capacité à concevoir puisque les cycles ovulatoires persistent dans certains cas pendant six mois après l'arrêt du traitement. Si la conception survient pendant le traitement, celui-ci devra être interrompu dès la confirmation de la grossesse afin de limiter l'exposition foetale au médicament (voir rubrique 4.4). (pp.19-20 du document) »
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/evamed/CT-9757_DOSTINEX_PISRI_avis1_CT9757.pdf

D’autre part, le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes dont le financement est exclusivement public et indépendant de l’industrie pharmaceutique)  se veut rassurant :
« Cabergoline
Mise à jour : 20 février 2015
DOSTINEX®
La cabergoline est un agoniste D2 dopaminergique dérivé de l’ergot de seigle.
Elle est utilisée dans l’hyperprolactinémie et dans l’inhibition de la lactation.
Sa demi-vie est longue (environ 60 heures).
ETAT DES CONNAISANCES
        Les données publiées chez les femmes enceintes exposées au premier trimestre sont très nombreuses et rassurantes.
EN PRATIQUE
    En prévision d’une grossesse
        La cabergoline peut être poursuivie jusqu’à confirmation de la grossesse.

    Traiter une femme enceinte
        L’utilisation de la cabergoline est envisageable quel que soit le terme de la grossesse.
        La surveillance des adénomes hypophysaires est souhaitable en cours de grossesse (clinique, imagerie).
    Découverte d’une grossesse pendant le traitement
        Rassurer la patiente quant au risque malformatif de la cabergoline.
        Réévaluer le bien fondé de la poursuite du traitement.
        Si le traitement doit être poursuivi (macroadénome hypophysaire, maladie de Parkinson), l’utilisation de la cabergoline est envisageable quel que soit le terme de la grossesse.
        La surveillance des adénomes hypophysaires est souhaitable en cours de grossesse (clinique, imagerie). »
http://www.lecrat.org/article.php3?id_article=436

En tant que service de documentation nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Nous espérons cependant que ces éléments d’information permettront à votre fille d’enrichir le dialogue avec son médecin.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

Retour à la liste des questions