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Immunoglobuline monoclonale de classe IgG et de type Kappa

Question

J'ai été atteint en avril 2011 d'un LMNH de type B. Soigné efficacement par chimiothérapie, je suis en rémission totale depuis 4 ans. Les analyses de sang périodiques de contrôle (6mois) montrent comme seule anomalie une immunoglobuline monoclonale de classe IgG et de type Kappa. Dans les urines, une protéinurie glomérulaire n'a pas révélé de bandes monoclonales, Bence Jones négatives. J'aimerais savoir, dans ce cas précis ce que signifie cette immunoglobuline monoclonale persistante et ce que je dois penser de la croissance régulière du pic de migration en gammaglobulines ( 0.4 g/l à 1.1 g/l en 3 ans) ?

Réponse

Bonjour,

Vous avez eu un lymphome malin non hodgkinien de type B en 2011. Depuis vous êtes en rémission totale et vos examens sont normaux. Cependant une immunoglobuline monoclonale de classe G et de type Kappa a été détectée. Vous souhaitez savoir, dans votre cas précis, ce que cela signifie.

Vous évoquez la présence d’immunoglobuline G de type kappa.
Nous vous invitons à lire la définition d’immunoglobuline (dont le synonyme est anticorps) qui nous est donnée dans le Larousse :

Immunoglobuline : « Protéine du sérum sanguin sécrétée par les plasmocytes, issus des lymphocytes (globules blancs intervenant dans l'immunité humorale) de type B en réaction à l'introduction dans l'organisme d'une substance étrangère (antigène). »

Une immunoglobuline est constituée de 4 chaînes, (…) deux chaînes dites légères et deux dites lourdes. Pour chaque immunoglobuline, les 2 chaînes lourdes sont identiques l'une à l'autre, de même que les 2 chaînes légères. La structure des chaînes lourdes définit cinq classes d'immunoglobulines : les immunoglobulines de type G, ou IgG, les IgA , les IgM , les IgD , et les IgE.(…)

Les IgM sont des immunoglobulines sécrétées lors du premier contact de l'organisme avec un antigène. Leur affinité pour l'antigène est plus faible que celle des IgG.

Les IgG sont produites lors d'un contact avec un antigène qui se prolonge ou lors d'un second contact de l'organisme avec un antigène. C'est la réponse mémoire, principe selon lequel fonctionnent l'immunité acquise et les vaccins. Leur affinité pour l'antigène est plus forte que celle des IgM. »

http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/immunoglobuline/13818

Ainsi on comprend, tout d’abord qu’il existe plusieurs catégories d’anticorps ayant des fonctions différentes. De plus, on comprend également que lors d’une réaction immunitaire, le premier type d’anticorps à être produit sont les IgM, puis lors de la phase secondaire, les IgG, anticorps possédant une affinité plus forte contre l’élément étranger, prennent le relais.

Concernant la qualification « kappa », elle désigne la nature de la chaîne légère de l’anticorps:
« De même, les chaînes légères des anticorps peuvent aussi être divisées en 2 types appelés kappa et lambda (…). » In Immunologie, Aide-mémoire illustré / David Male. Ed. de Boeck, 2004.

Ainsi une IgG kappa est une immunoglobuline ayant une chaîne lourde de type G et une chaîne légère de type kappa.

 

Plus précisément, sur les immunoglobulines monoclonales, le Larousse nous indique que :

« Immunoglobuline monoclonale Anticorps issu d'une seule lignée de cellules (clones), ce qui leur confère une homogénéité anormale.

Développement encyclopédique : La quantité d'immunoglobuline monoclonale est faible quand elle est bénigne, mais élevée quand elle est maligne. Les immunoglobulines monoclonales sont mises en évidence par électrophorèse (technique permettant de séparer diverses substances en fonction de leur différence de charge électrique). Elles sont retrouvées au cours du myélome multiple, de la maladie de Waldenström, des hémopathies lymphoïdes, des maladies des chaînes lourdes, et elles contribuent à établir le diagnostic de ces affections.

Elles peuvent accompagner un état infectieux (hépatite virale), ou une maladie auto-immune (lupus érythémateux disséminé) : on parle, en cette occurrence, d'immunoglobulines monoclonales bénignes. Elles sont également présentes de façon isolée, en particulier chez le sujet âgé témoignant d'une gammapathie monoclonale d'origine indéterminée.

Cette maladie sans symptôme requiert seulement une surveillance régulière car, si elle peut rester stable ou même disparaître, elle peut aussi précéder de plusieurs années l'apparition d'un myélome multiple. » 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/medical/immunoglobuline_monoclonale/13819

En outre, nous attirons votre attention sur le paragraphe C- Gammapathies monoclonales associées à des affections non malignes d’un document de la faculté de Nantes.
http://ticem.sante.univ-nantes.fr/ressources/845.pdf
Après lecture de ce document, et de ce paragraphe en particulier, on comprend donc que les gammapathies monoclonales ne sont pas forcément associées à une pathologie maligne.

Enfin, à titre d’information générale, voici des informations sur les dosages des immunoglobulines sériques sur le site Santé.lu édité par le ministère de la santé du Luxembourg :

http://www.sante.public.lu/fr/maladies-traitements/020-examens/analyses-biologiques/immunoglobulines-seriques-dosage-specifique-igg-igm-iga/

En tant que service de documentation, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Seul le médecin qui vous suit, connaissant votre dossier médical, sera à même d’interpréter vos résultats d’analyse. Nous espérons néanmoins que ces éléments d’information vous aideront à enrichir le dialogue que vous aurez avec lui.

Nous restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

ervice Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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