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Risques liés à la FIV

Question

Bonjour, Quels sont les risques liés à la Fécondation in Vitro pour la potentielle maman et le potentiel bébé (âge des potentiels parents : 30-32 ans)? Je pense notamment aux effets secondaires des hormones (cancer, etc.) et du traitement... Ainsi que des risques pour l'embryon (malformation, plus de risques génétiques, maladies mentales). Si l'embryon est mal formé, cela peut-il se voir sur les échos? Merci d'avance.

Réponse

Bonjour,

Vous vous interrogez sur les conséquences de la stimulation hormonale dans le cadre d’une fécondation in vitro (FIV), sur la future mère et le futur bébé. Vous souhaitez également savoir si les malformations de l’embryon peuvent se voir sur une échographie.

Nous vous proposons tout d’abord la lecture du dossier consacré à la fécondation in vitro sur le site de l’Agence de biomédecine et notamment les différentes étapes du parcours ainsi que les effets indésirables :
« 1ère étape : la stimulation
L’objectif du traitement hormonal administré par injection est d’une part d’obtenir le développement simultané de plusieurs follicules et d’autre part de pouvoir prélever des ovocytes avant l’ovulation. Ce traitement est surveillé de façon adaptée par des échographies et des dosages hormonaux. Lorsque les follicules seront matures, le déclenchement de l’ovulation est prescrit à un horaire précis, ce qui détermine aussi l’horaire de la ponction folliculaire.
[…]
Les effets indésirables
Des effets indésirables peuvent survenir en cours de traitement.
Ils sont assez fréquents mais transitoires et ne sont pas inquiétants (bouffées de chaleur, douleurs abdominales, prise de poids modérée, saignements…).
En général, on observe un taux légèrement plus élevé de poids de naissance inférieur à la normale et de naissances prématurées.
Les complications
Les complications liées au geste chirurgical de ponction (hémorragie, infection, problème anesthésique…) sont rarissimes. Celles qui sont liées à une réponse excessive à la stimulation ovarienne, appelée hyperstimulation, sont également rares. Elles se traduisent par un gonflement et des douleurs abdominales, une prise de poids brutale, des troubles digestifs et parfois une gêne respiratoire. Ces symptômes justifient une consultation en urgence dans un centre d’assistance médicale à la procréation ou un service gynécologique, car une hospitalisation peut être nécessaire.
Concernant les risques de cancer, aucune donnée ne permet aujourd’hui de mettre en cause les traitements liés à l’assistance médicale à la procréation.
[mise à jour : novembre 2014] »
http://www.procreation-medicale.fr/differentes-techniques-amp/fecondation-in-vitro

Sur le site de la Fondation pour la recherche médicale on peut lire qu’une FIV n’est pas un geste neutre.
« Les risques sur la mère à court et moyen terme

En outre, l’hyperstimulation hormonale induit de forts risques de grossesses multiples et peut engendrer des déséquilibres pouvant se traduire par la formation de kystes ovariens et une augmentation du volume des ovaires parfois associée à un épanchement séreux. Le risque cancérigène sur les ovaires, bien que non démontré, n’est pas écarté et impose également un suivi au long cours des femmes traitées.
Une large enquête prospective nationale a été lancée afin d’établir un lien éventuel entre la survenue ultérieure de cancers de l’ovaire et les traitements stimulant l’ovulation.
Les risques sur l’enfant ne sont pas démontrés
Jusqu’à présent, aucune étude menée sur des enfants nés par FIV, ICSI et par voies naturelles ne fait état de risques de malformations significativement différents.
Cependant, pour certains praticiens comme Sylvie Epelboin (Responsable du centre d’AMP de la maternité de Saint-Vincent-de-Paul), « le suivi des enfants est un enjeu majeur, tant médicalement que dans la perspective de répondre aux légitimes interrogations des parents sur l’issue et le développement de ces grossesses ».
La difficulté de ce suivi tient d’abord au grand nombre de « perdus de vue » (environ un sur deux), dû au refus des couples, à l’issue de leurs longues épreuves, de maintenir un lien avec le milieu médical.
En second lieu, selon Bernard Jégou, « une réflexion apparaît nécessaire concernant la conception de ce suivi, actuellement pris en charge par le milieu médical lui-même. En effet, malgré le sérieux du travail réalisé, les médecins se trouvent, de fait, à la fois juges et parties, position qui ne favorise pas la mise en place d’un outil totalement adapté à l’ensemble des besoins. Il conviendrait donc d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur cette situation. »
En revanche, le risque qu’un garçon né par ICSI hérite de la stérilité de son père est bien réel. Ce paradoxe d’une « stérilité héréditaire » ne va d’ailleurs pas sans poser un véritable problème éthique et sans appeler une réflexion psychanalytique. »
http://www.frm.org/dossiers-51.html

L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) confirme que l’on n’a pour le moment aucune donnée précise sur les sur-risques encourus par les enfants nés par FIV.
« Enfin, des études de cohorte conduites en France et à l’étranger suivent les enfants issus d’une AMP. L’objectif est de savoir si ces techniques n’entrainent pas de sur-risques de malformations ou de maladies chez ces enfants. Le fait de manipuler les gamètes et les embryons in vitro entraine un stress cellulaire et des modifications épigénétiques sur l’ADN. A ce jour, ce phénomène n’a été corrélé à aucun sur-risque néanmoins les experts étudient de près l’incidence des maladies épigénétiques chez les enfants issus d’AMP, comme le syndrome de Beckwith-Wiedemann ou celui d’Angelman qui se manifeste entre autre par un déficit mental. »
http://www.inserm.fr/thematiques/biologie-cellulaire-developpement-et-evolution/dossiers-d-information/assistance-medicale-a-la-procreation

Concernant l’échographie et la détection de malformations embryonnaire voici les informations trouvée sur le site de La Fédération Nationale des Médecins Radiologues :
« L'échographie est essentielle dans le suivi des grossesses. Sa diffusion est large en raison des informations qu'elle apporte, de son innocuité et de son faible coût.
Les pratiques sont un peu différentes selon les pays. En France, trois examens sont proposés, un par trimestre. Ils seront réalisés par des médecins ou des sages-femmes.
L'examen du premier trimestre réalisé aux environs de 12 semaines d'aménorrhée (de 11 semaines à 13 semaines +6 jours) a vu son importance croitre ces dernières années en raison du dépistage des anomalies chromosomiques (mesure de la clarté nucale couplée aux marqueurs sériques) et de la possibilité sans cesse grandissante de diagnostiquer tôt dans la grossesses des anomalies majeures grâce à l'amélioration considérable de la qualité des images. Il identifie également les grossesses multiples permettant d'optimiser de leur surveillance.
L'examen du deuxième trimestre réalisé aux environs de 22 semaines permet de vérifier la vitalité fœtale, sa croissance et permet de dépister un certain nombre de malformations. C'est l'examen morphologique habituel.
Enfin l'examen du troisième trimestre réalisé aux environs de 32 semaines permet de dépister des anomalies à révélation tardive, d'apprécier la vitalité fœtale et de préciser la position du placenta.
Ces trois examens de dépistage, toujours proposés mais jamais obligatoires, peuvent être complétés par des examens focalisés soit parce qu'une structure paraît douteuse ou est mal vue, soit parce qu'une surveillance particulière est souhaitée.[…] »
http://www.monradiologue.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=105&Itemid=16

Nous espérons que ces éléments d’information vous seront utiles pour enrichir le dialogue avec le médecin qui suit votre couple pour ce problème d’infertilité.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

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