août

Grossesse sous Dostinex

Question

Je suis sous traitement Dostinex depuis 3 mois. Suite à un taus de prolactine élevé. Je viens d'apprendre ce weekend que je suis enceinte de 3 semaines. Et mon gynécologue m'a dit de poursuivre le traitement alors que sur la notice il est dit de l'arrêter immédiatement une fois la grossesse active. Pouvez vous me dire pourquoi ?????

Réponse

Bonjour,

Vous nous posez la question de savoir pourquoi votre gynécologue maintient la prescription de Dostinex alors que vous êtes enceinte. Vous avez lu sur la notice qu’il fallait normalement arrêter ce traitement lors d’une grossesse.

A titre d’information générale, voici les informations que nous avons trouvées sur ce médicament sur le site Eurekasanté, site des éditions Vidal :
« Dostinex : Inhibiteur de la prolactine […]
Ce médicament appartient à la famille des dopaminergiques dérivés de l'ergot de seigle. Il a la propriété de freiner les cellules de l'hypophyse qui sécrètent l'hormone de la lactation : la prolactine.

Il est utilisé dans le traitement des troubles dus à un excès de prolactine dans le sang (hyperprolactinémie).
[…]
Fertilité, grossesse et allaitement :
Grossesse :
L'effet de ce médicament pendant la grossesse est mal connu : seul votre médecin peut évaluer le risque éventuel de son utilisation dans votre cas.

Allaitement :
Ce médicament bloque la lactation. »
http://www.eurekasante.fr/medicaments/vidal-famille/medicament-gf820010-DOSTINEX.html

En complément, nous vous invitons à consulter l’article consacré au Dostinex dans la base de données publique des médicaments sur le site du ministère de la santé :
« Traitement des troubles hyperprolactinémiques :
[…]
En raison de l’expérience clinique limitée et de la demi-vie prolongée du produit, il est recommandé, à titre de précaution, que les femmes souhaitant être enceintes arrêtent de prendre la cabergoline un mois avant la date de conception prévue une fois les cycles d’ovulation réguliers rétablis (voir rubrique 4.6) et après le traitement il conviendra de respecter un délai d’un mois avant une grossesse.
En cas d’adénome hypophysaire chez une femme enceinte et en particulier si le traitement a été interrompu, une surveillance attentive de l’adénome tout au long de la grossesse est indispensable.
[…]
4.6. Grossesse et allaitement 
Grossesse
On dispose d’informations sur 256 grossesses dans le cadre d’une étude observationnelle menée pendant douze ans sur les issues de grossesse après un traitement par cabergoline. Dix-sept de ces 256 grossesses (6,6 %) ont donné lieu à des malformations congénitales majeures ou à un avortement.
{…]
Les publications récentes dans la littérature font état d’une prévalence égale à au moins 6,9 % de malformations congénitales majeures dans la population générale. Les taux d’anomalies congénitales varient en fonction des populations. Il n’est pas possible de déterminer avec précision s’il existe un risque accru de malformations congénitales, dans la mesure où aucun groupe témoin n’était inclus.
Il conviendra d’exclure une grossesse avant l’administration de cabergoline et d’éviter une grossesse pendant au moins un mois après l’arrêt du traitement.
Étant donné que la cabergoline a une demi-vie d'élimination de 79 à 115 heures chez les patientes hyperprolactinémiques, une fois les cycles d’ovulation réguliers rétablis les femmes souhaitant être enceintes doivent arrêter de prendre DOSTINEX un mois avant la date de conception prévue. Cette mesure préviendra toute exposition éventuelle du fœtus au médicament et n’influencera pas la capacité à concevoir puisque les cycles ovulatoires persistent dans certains cas pendant six mois après l’arrêt du traitement. Si la conception survient pendant le traitement, celui-ci devra être interrompu dès la confirmation de la grossesse afin de limiter l’exposition fœtale au médicament (voir rubrique 4.4).
http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=69671845&typedoc=R

En tant que service de documentation sur la santé nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Seul votre médecin ou votre gynécologue sera à même d’apprécier si vous devez ou non continuer le traitement. Nous vous encourageons à dialoguer avec eux et à leur faire part de vos inquiétudes. Vous pouvez également prendre un second avis médical.

Nous restons à votre disposition pour toute recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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