novembre

Koïlocytes sont-ils contagieux, période d'incubation

Question

Bonjour, j'ai effectué un frottis chez mon gynécologue et je viens d'avoir les résultats : il y a des koïlocytes, des superficielles et intermédiaires à noyau dyskaryotique, certaines binucléées, avec cytoplasme orangéophile ou basophile. et il est conclu que j'ai une lésion malpighienne intra-épithéliale de bas grade (LSIL). La découverte est fortuite, lors d'un examen systématique, il n'y avait pas de signes cliniques. Qu'est-ce que cela signifie? Est-ce contagieux (j'ai un ami) ? Et quelle est la période d'incubation (j'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'un HPV)? Quel est le traitement? Vais-je avoir un cancer si je ne me soigne pas (ou même si je me soigne d'ailleurs)? Je vous remercie d'avance pour votre aide. Cordialement.

Réponse

Bonjour,

Les résultats de votre frottis vaginal présentent des informations que vous souhaitez nous voir éclaircir. Il y est conclu que vous souffrez d’une « lésion malpighienne intra-épithéliale de bas grade (LSIL) » et vous souhaitez savoir si c’est contagieux, la période d’incubation, le traitement, les risques de cancer éventuel.

Pour commencer, nous vous proposons la définition précise que donne le Dr Benchimol, gynécologue-obstétricien, d’une « lésion malpighienne intra-épithéliale de bas grade » :
« Une « lésion de bas grade » ou « CIN 1 » (néoplasie cervicale intra épithéliale de grade 1) ou « LSIL » (low-grade squamous intraepithelial lesions) ou « lésion malpighienne intra épithéliale de bas grade » est une transformation des cellules du 1/3 le plus superficiel du tissu recouvrant le col de l’utérus. Sa définition est une définition histologique, se basant sur l'analyse d'un fragment de biopsie du col utérin (Système Bethesda 2001).
[…]
Facteurs favorisants
Plusieurs facteurs peuvent favoriser la survenue d’une dysplasie du col utérin :
- une infection génitale par un virus appelé Human Papilloma Virus (HPV), passée souvent inaperçue ;
 -  des microtraumatismes du col utérin favorisés par de nombreux accouchements ;
-  le tabagisme ;
-    une infection génitale par l’herpès virus. »
http://www.docteur-benchimol.com/gynecologie/42-lesion-de-bas-grade-cin-1.html

Vos résultats évoquent la présence de koïlocytes. Voici ce qu’explique un cours de l’Université Virtuelle Médicale Francophone de l’Université Paris Descartes :
« Le koïlocyte est une cellule que l’on découvre sur les frottis du col de l’utérus infecté par les H.P.V. Cette cellule est souvent binuclée avec un halo périnucléaire.
Ces cellules d’allure dysplasiques contiennent le génome du virus. Dans certains cancers où les cellules sont dysplasiques on retrouve aussi le génome de ces virus.
Il est bien difficile de dire si les cellules dysplasiques virales sont pré-malignes ou si ce ne sont que ressemblances et coïncidences. 
»
http://www.uvp5.univ-paris5.fr/UV_MED/AC/FaqsAff.asp?FaqsCle=71-18&Rep=&NSuj=71&NbrFaq=22

Concernant le mode de contagion, voici un complément :
« Les lésions papillomateuses surviennent suite à l'infection par les papillomavirus (HPV) virus non enveloppé à ADN, résistants à l'éther. La contagion des HPV est très variable et dépend de facteurs comme la localisation des lésions, la quantité de virus dans les lésions, le degré et le type d'exposition, et le degré d'immunité générale et spécifique du sujet exposé. La transmission se fait par contact direct étroit, mais l'importante stabilité du virus suggère qu'une transmission via des cellules épithéliales desquamées est aussi possible.
Il existe différents types de lésions qui diffèrent principalement par le type d'HPV. Ce sont des maladies très contagieuses qui sont, pour la plupart à la fois cutanées et muqueuses (gingivale, génitale et anale). »
http://www.uvp5.univ-paris5.fr/campus-dermatologie/Path%20Bucal/tumeursbenignes/Cours/121001des.htm

Pour plus de précisions concernant les risques de contamination pour votre compagnon, le Dr J. Monsonego donne les explications suivantes dans une FAQ du site Eurogin (EUropean Research Organisation on Genital Infection and Neoplasia)
« 7. Que dois-je dire à mon partenaire sur cette infection par HPV ?
- La plupart des personnes sexuellement actives seront exposées par HPV.
- Pour la plupart, l'infection par HPV est seulement temporaire ou transitoire.
- La majorité des personnes ne développera pas de symptômes, et elle ne saura jamais qu'elle est ou a été exposée.
- Son examen et le port du préservatif sont nécessaires en cas de verrues génitales.
- Son examen et le port du préservatif sont inutiles en cas de dysplasies du col. 
»
http://www.eurogin.com/eurogin_france_public_FAQ.html

L’Agence de la santé publique du Canada vous apporte des éclairages sur la période d’incubation du virus du papillome humain (HPV) :
« Imprécise, car elle peut varier entre un mois et plusieurs années, mais sa durée est habituellement de 3 semaines à 8 mois, et la plupart des verrues apparaissent de 2 à 3 mois après l'infection(9); cependant, la plupart des cas d'infections ne présenteront aucun symptôme(8). »
http://www.phac-aspc.gc.ca/lab-bio/res/psds-ftss/papillome-fra.php

Enfin, au sujet de l’évolution à envisager, nous vous invitons à lire un cours de virologie de l’Université Pierre et Marie Curie intitulé « Autres virus à ADN » : adénovirus, polyomavirus, papillomavirus, parvovirus, poxvirus » :
« Condylomes plans du col et cancer du col utérin, problème important de santé publique
Ces lésions planes sont reconnaissables en colposcopie, après application d’une solution d’acide acétique à 5 %, qui les fait apparaître en blanc.
Ces lésions cervicales ont une marque cytologique d’infection par HPV, la présence de koïlocytes : cellules à large halo clair cytoplasmique (koïlos = creux en grec) refoulant le noyau qui contient des particules virales visibles en microscopie électronique.
Surtout, ces lésions correspondent à des dysplasies du col et sont classées en CIN de grade I à III (CIN pour Cervical Intraepithelial Neoplasia). Elles risquent en effet d’évoluer vers le cancer du col.
Dans une proportion proche des 100 %, les personnes atteintes de cancer du col ont été infectées par les HPV 16 ou 18 (plus rarement par quelques autres HPV) et le restent. On trouve l’ADN de ces virus intégré dans les cellules cancéreuses (alors qu’il est sous forme d’épisome libre dans les tumeurs bénignes). Mais dans le sens inverse, la relation est beaucoup moins nette : nombre de personnes infectées par ces HPV à risque de cancer n’auront pas de cancer, puisqu’on estime que 80 % des femmes sont un jour infectées par HPV 16 ou 18, et les éliminent, et que même les dysplasies du col de haut grade ne mènent pas forcément au cancer du col. Une sensibilité de l’hôte intervient certainement dans la survenue du cancer. Rôle possible de cofacteurs comme le tabagisme. L’association aux HPV 16 ou 18 se retrouve pour le cancer anal chez les homo ou bisexuels.
[…]
Diagnostic des infections à HPV
Le diagnostic est avant tout clinique, cytologique (frottis cervical) ou histologique (sur biopsie d’exérèse).
Ainsi, on fait le diagnostic de condylome plan avec présence de koïlocytes, et l’on classe les dysplasies du col utérin en CIN I à III, recherchant des foyers de micro-invasion.[…] »
http://www.chups.jussieu.fr/polys/viro/poly/POLY.Chp.10.2.3.html

Les traitements proposés dépendront des examens complémentaires que votre médecin jugera utile de vous prescrire en fonction de ces analyses et de votre dossier médical. C’est ce qu’explique le Dr Benchimol en réponse à une question sur les résultats d’un frottis proches du vôtre :
http://www.docteur-benchimol.com/foire-aux-questions/211-le-mois-dernier-j-ai-effectue-mon-examen-gynecologique-habituel-plus-le-frottis-le-resultat-etait-la-presence-d-une-lesion-de-bas-grade.html

Nous espérons que ces informations vous permettront d’obtenir des éléments de réponse à vos diverses interrogations en attendant votre rendez-vous médical.

Nous nous tenons bien sûr à votre disposition pour toute nouvelle recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

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