décembre

Nerf pudendal

Question

Souffrant du nerf pudendal depuis 4 ans, après avoir essayé divers traitements, 2 infiltrations, j'ai décidé de me faire opérer par le professeur Robert à Nantes le 2 février 2016. Mais plus la date approche, plus je me pose des questions et je ne trouve personne dans les forums pour me rassurer, qu'en pensez-vous ?

Réponse

Bonjour,

Vous souffrez de névralgie pudendale depuis 4 ans et après plusieurs infiltrations n’ayant pas permis de vous soulager, vous avez décidé de vous faire opérer. La date de l’opération approchant, vous avez des doutes sur la pertinence thérapeutique de ce choix et souhaitez avoir notre avis.

A titre d’information générale, nous vous invitons à lire plusieurs articles sur la prise en charge des douleurs liées au nerf pudendal et attirons votre attention sur les paragraphes discutant les traitements :

- Dans un article du Dr Jean‐Jacques LABAT (Responsable du Centre Fédératif de Pelvi‐Périnéologie, CHU Nantes), on apprend :
« Une maladie de traitement difficile
La névralgie pudendale est particulièrement rebelle aux thérapeutiques antalgiques habituelles y compris morphiniques.
Les médicaments de la douleur neuropathique sont utiles et sont des compromis entre l’efficacité et la tolérance, compte tenu d’éventuels effets secondaires.
La prise en charge rééducative est souvent un traitement de première intention, permettant d’améliorer nombre de patients dont les douleurs sont modérées.
Il est parfois possible d’améliorer les patients par des infiltrations spécifiques, les résultats sont très fluctuants d’un patient à l’autre. Nous réalisons actuellement, dans le cadre d’un PHRC (protocole hospitalier de recherche clinique) national, un protocole randomisé et multicentrique (Nantes, Paris, Rouen, Bayonne, Clermont Ferrand), sur l’efficacité des infiltrations dans les syndromes canalaires du nerf pudendal en comparant 3 groupes de patients (groupe contrôle avec anesthésiques locaux seuls, anesthésiques + corticoïdes, anesthésiques + corticoïdes +grands volumes de sérum physiologique).
Nous avons montré qu’il était possible de pratiquer une libération–transposition chirurgicale du nerf pudendal par un abord transfessier, ce qui n’avait jamais été fait jusqu’alors. La chirurgie a été validée par la réalisation d’un protocole randomisé (chirurgie versus abstention), (Robert R, Labat JJ, Bensignor M et al. Decompression and transposition of the pudendal nerve in pudendal neuralgia: a randomized controlled trial and long-term evaluation. Eur Urol. 2005;47:403-408), c’est donc le seul traitement validé dans cette pathologie.
Cette chirurgie est proposée pour des douleurs invalidantes et rebelles aux autres traitements, si les résultats sont significatifs, cette prise en charge est loin de résoudre tous les problèmes : 50 % des patients sont nettement améliorés, 20% bénéficie d’une amélioration modeste, 30 % ne tire aucun bénéfice de l’intervention. Les personnes âgées posent un problème particulier du fait de leurs difficultés de déplacement vers des équipes spécialisées pas toujours bien identifiées, de la fréquence des effets secondaires des médicaments, de leur faible taux de réponses aux infiltrations et à la chirurgie. »
http://www.rdcp.fr/docs/mieux-comprendre-la-np.pdf

- Sur le site de la société nationale française de colo-proctologie, ces informations nous sont confirmées :
« Les traitements
Trois types de traitement peuvent être proposés pour contrôler les douleurs du syndrome du canal d'Alcock que sont les médicaments, les infiltrations et la chirurgie.
[…]
L'approche chirurgicale consiste à réaliser une libération du nerf aux principaux points de compression rencontrés et de déplacer le cheminement de ce nerf pour éviter de nouvelles compressions. Cette technique s'appelle la "neurolyse transposition". Elle se pratique par une incision de quelques centimètres à la partie haute de la fesse. Elle impose une anesthésie générale et quatre jours d'hospitalisation environ. L'amélioration après chirurgie est le plus souvent lente et l'efficacité du geste est souvent jugée au terme de la première année de suivi. La chirurgie est le plus habituellement proposée lors de récidives après une ou plusieurs infiltrations. »
http://www.snfcp.org/maladies-et-malades/informations-grand-public/divers-grand-public/article.phtml?id=rc%2Forg%2Fsnfcp%2Fhtm%2FArticle%2F2011%2F20111118-170542-221

La chirurgie semble donc être la solution thérapeutique retenue par les médecins en cas de non réponse aux autres traitements. Par ailleurs, le Pr Robert du CHU de Nantes cité dans le premier document ci-dessus est un des spécialistes de ce type de problème. En tant que service de documentation sur la santé, nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Si vous avez des doutes quant à l’opération, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin traitant et/ou à demander un second avis médical.

Nous espérons que la solution thérapeutique proposée sera la mieux adaptée à votre cas et vous souhaitons malgré tout de bonnes fêtes de fin d’année.

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

Retour à la liste des questions