décembre

Suite d'une ablation vésicule biliaire compliquée

Question

Bonjour. Depuis un mois j ai été opéré 2 fois pour une ablation de la vésicule biliaire compliquée. Suite à l'ablation de la vésicule, j ai fait 3 jours après une forte poussée de fièvre... mon chirurgien m'a fait les examens nécessaires (scan, analyse sang) qui ont confirmé une infection de la loge de la vésicule - collection de 6 cm. 2 ème opération pour nettoyer la zone infectée +Traitement antibio + une lame pour drainer la zone. J'ai donc cette lame pour le drainage depuis 3 semaines et je désespère car j'ignore quand cela va se résoudre. Le liquide drainé fait apparaitre que c'est de la bile (10 ml par 24h00). De votre coté, avez vous des cas similaires... merci de me les faire partager. Bonne Fêtes et très bonne année 2016 à vous.

Réponse

Bonjour,

À la suite d’une cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire), vous souffrez d’une infection de la loge de la vésicule traitée par une prescription d’antibiotiques et une nouvelle intervention chirurgicale où l’on vous a posé une lame pour drainer la zone infectée. Vous souhaitez savoir combien de temps cela peut-il durer et si d’autres personnes ont eu ce type de complication.

En tant que centre de documentation, nous pouvons vous apporter à titre d’information générale des renseignements sur les complications de la cholécystectomie mais nous ne savons pas si cela correspond à votre cas. N’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant qui a dû recevoir un compte-rendu opératoire et qui est l’interlocuteur à privilégier.

Voici les documents que nous avons repérés :

- un document élaboré par les Hôpitaux universitaires de Genève à destination des patients :
« Ablation de la vésicule biliaire ou cholécystectomie : des réponses à vos questions
Quelles sont les complications liées à l’opération ?
• Un saignement : il peut nécessiter une simple surveillance, une transfusion sanguine ou plus rarement une nouvelle intervention. Afin de minimiser ce risque, le chirurgien vérifie en fin d’opération l’absence de saignement.
Une infection de la zone opérée ou sur les cicatrices
: afin de réduire le risque d’infection, chaque patient reçoit un antibiotique en début d’intervention.
•Une lésion du canal biliaire qui survient dans moins de 0.5% des cas. Une réparation peut avoir lieu au cours de la même intervention.
• Une blessure d’un organe abdominal (intestin par exemple). Cette complication est très rare. Si le chirurgien la détecte pendant une intervention par laparoscopie, il peut avoir recours à une laparotomie (opération par voie ouverte). Parfois, la blessure détectée dans les heures qui suivent l’intervention peut entraîner une ré-intervention
Voir en p. 6 :
http://www.hug-ge.ch/sites/interhug/files/documents/ablation_vesicule_biliaire_06_13_0.pdf

- un résumé d’un article extrait du Traité Techniques chirurgicales – Appareil digestif :
« Traitement des complications de la cholécystectomie
Pr L. Chiche, Pr C. Letoublon. Elsevier-Masson, 2010
Résumé
La cholécystectomie est une intervention fréquente et réglée aux suites simples. Cependant, plusieurs complications peuvent survenir dont au premier plan, du fait de leur fréquence et de leur gravité potentielle, les plaies iatrogènes [liées au traitement] des voies biliaires. Afin de comprendre et au mieux d'éviter ces complications, il faut en connaître les facteurs de risque, liés au terrain (obésité, hépatopathies [maladies du foie], cholécystite [inflammation de la vésicuale]) ou au mode opératoire (abord coelioscopique). Le respect de règles techniques simples lors de la cholécystectomie avec réalisation d'une cholangiographie opératoire permet de minimiser le risque biliaire. Il reste que depuis l'avènement de la coelioscopie, la fréquence des plaies biliaires reste plus élevée qu'en laparotomie   (0,4 %). Le diagnostic opératoire de plaie biliaire nécessite souvent une conversion. La plaie peut être réparée dans le même temps sachant que si les conditions sont défavorables, il est préférable de drainer et transférer le patient dans un centre expert. Plus souvent, la complication se révèle dans les jours qui suivent la cholécystectomie : fuite biliaire (collection, fistule biliaire, cholépéritoine), obstruction biliaire. Elle peut aussi se révéler plusieurs mois, voire années après la cholécystectomie (sténoses, lithiase intrahépatique). Les outils thérapeutiques sont soit chirurgicaux (réparation biliaire), soit radiologiques (drainage), soit endoscopiques (prothèses) sachant que ces modalités peuvent être associées. Le choix du traitement dépend de la présentation clinique et de la nature de la plaie (niveau anatomique, perte de substance, sténose, plaie artérielle associée) à explorer par angioscanner, bili-imagerie par résonance magnétique ou endoscopie. Une prise en charge rapide et adaptée, une information précise et honnête et un recours facile aux centres experts améliorent le pronostic pour le patient et minimise les risques de poursuites pour le chirurgien. Les autres complications de la cholécystectomie (accidents de coelioscopie, calculs perdus, hémorragies) sont rares et requièrent en général la chirurgie. »
http://www.em-consulte.com/article/256706/traitement-des-complications-de-la-cholecystectomi

- enfin un dernier document sur le site de l’Association briochine (de Saint-Brieuc) de chirurgie digestive fait état de complication à la suite d’une cholécystite aigue :

« EN CAS DE CHOLECYSTITE AIGUE
La vésicule est inflammatoire et l'intervention va nécessiter plusieurs jours d'hospitalisation.
Une situation chirurgicale différente

Techniquement, l'intervention est plus difficile pour le chirurgien. Elle peut néanmoins être réalisée en coelioscopie mais les possibilités de conversion en chirurgie classique (avec une cicatrice sous costale droite) sont plus importantes. Il y a plus de perte sanguine et la zone de la vésicule doit souvent être "lavée" pour évacuer les épanchements liquidiens (sang, bile, pu).
Des suites opératoires moins confortables
En raison de l'inflammation et des difficultés opératoires, le chirurgien place volontiers une lame (tube de plastique) à proximité de l'endroit où il a retiré la vésicule. Ce dispositif est laissé en place deux à trois jours puis est retiré progressivement.
Un traitement médical plus lourd

Sur le plan médical une antibiothérapie est administrée en intraveineux pendant 48 h puis le traitement antibiotique est poursuivi par la bouche pendant 5 jours. L'hospitalisation dure 5 à 7 jours. Si la fermeture des plaies est assurée par des agrafes, une infirmière peut venir à domicile pour réaliser leur ablation. Ce geste, comme la mobilisation et l'ablation de la lame multitubulée, est indolore. Dans certains cas, une prise de sang de contrôle peut s'avérer nécessaire pour s'assurer de l'absence de complication.
Récupération postopératoire
L'arrêt de travail est plus long en cas de cholécystite. Il est de l'ordre de un mois.
Un contrôle biologique par une prise de sang est souvent demandé par le chirurgien à un mois de l'intervention. »
https://www.abcd-chirurgie.fr/patients/les-interventions/vesicule-biliaire-et-foie/cholecystectomie.html

En conclusion et pour répondre à votre question sur des cas similaires, le risque d’infection post-opératoire est bien connu du monde médical. Nous sommes des bibliothécaires et nous ne pouvons aller plus loin dans notre réponse. Nous espérons que ces éléments d’information vous seront utiles et vous permettront de dialoguer avec le chirurgien ou les soignants qui vous suivent.

Nous vous souhaitons malgré tout une bonne année 2016 et surtout une meilleure santé,

L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.

Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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