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Plombémie : valeurs de référence

Question

Bonjour, l'ARS indique que le seuil est de 50 microgrammes par litre, 25 en vigilance, mais l'INSERM indique des problèmes dès 12 microgrammes au niveau cognitif. Cette valeur de référence a été divisée par deux en dix ans pour désigner le saturnisme. Pour les surfaces, le seuil est de 1000 par mètre carré, mais 70 pour l'intervention, au Japon à 50. Plus troublant, les valeurs de référence du Code du travail et du Code de la santé publique diffèrent, le Code du travail considérant que l'exposition significative doit dépasser 200 ug/L chez les garçons. Les expositions ont pourtant des incidences médicales, notamment publiées par l'INSERM. Comment ainsi déterminer un seuil ou ne faut-il aucune exposition, par principe de précaution, dans un espace tel que la classe et l'école, où peuvent rester jusqu'à 50 heures par semaine des enfants de 3 à 11 ans ?

Réponse

Bonjour,

Vous avez relevé que la plombémie avait un seuil variable selon les sources. Vous voulez savoir s’il existe un chiffre fiable pour de jeunes enfants en collectivité avec un risque quotidien de contamination.

Nous n’avons pas trouvé de valeurs de références différentes des vôtres en France. En attestent les sites de l’Inserm et de Santé publique France du Ministère de la santé :

- Inserm : Saturnisme, Intoxication au plomb
A noter cette conclusion sur les seuils de toxicité :

Tous ces effets ont été observés chez des individus présentant des plombémies faibles, et aucun seuil de « non toxicité » n’a pu être défini. Les scientifiques parlent d’une toxicité sans seuil.

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/saturnisme

- Santé publique France : Saturnisme
https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-de-la-mere-et-de-l-enfant/saturnisme-de-l-enfant

Vous évoquez les seuils plus faibles au Japon, voici ce qu’il en est aux Etats-Unis et au Québec (site québécois Passeport santé qui édite de l’information professionnelle sur internet, fiable, objective et indépendante sur la maladie, de la prévention aux traitements, à destination du grand public.) :

La plombémie estimée sécuritaire pour la santé n’a cessé de diminuer au cours des dernières décennies. Actuellement, si un individu a une plombémie égale ou supérieure à 10 µg/dl (ou 0,5 µmol/l), son médecin est obligé d’en aviser les autorités de santé publique. Ce seuil de déclaration obligatoire a été proposé par les Centers for Disease Control des États-Unis, en 1991 et a ensuite été adopté par les autorités de santé publique du Québec. Le fait de dépasser ce seuil ne provoque pas toujours de symptômes de toxicité.
Certains experts estiment que des troubles cognitifs légers pourraient apparaître sous cette limite et qu’il n’y a peut-être pas de seuil d’exposition qui soit sécuritaire, surtout chez les enfants2,3.

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=intoxication_plomb_pm#

Vous évoquez le principe de précaution, voici à titre indicatif les mesures proposées pour éviter les risques de contaminations lors de travaux de réhabilitation, dans un document du Haut Conseil de la Santé Publique : « Mise à jour du guide pratique de dépistage et de prise en charge des expositions au plomb chez l’enfant mineur et la femme enceinte » :

Dans son rapport du 23 mai 2014, le HCSP préconise une politique de réduction des expositions au plus bas niveau possible pour tenir compte des effets sans seuil du plomb en recommandant  un niveau d’intervention rapide de 50 μg/L et un seuil de vigilance à 25µg/L. Suivant ces recommandations, le « Guide pratique de dépistage et prise en charge des intoxications par le plomb chez l’enfant et la femme enceinte » a été actualisé selon les études scientifiques et médicales les plus récentes.
Dans sa version mise à jour, le guide décrit les facteurs de risques et les signes cliniques devant conduire à la prescription par un médecin d’une plombémie chez un enfant de moins de 6 ans  ou chez une femme enceinte.[…]

Nous vous invitons à lire la Fiche K - Surveillance des personnes et de l’environnement pendant et à l’issue de travaux de réhabilitation  :

Les conseils ci-dessous s’adressent aux occupants des logements :
Dans l’attente des travaux :
• Ne pas faire de travaux générant des poussières : surveiller l’état des peintures ; ramasser les écailles et détacher celles sur le point de tomber avec un chiffon humide.
• Laver avec une serpillière humide si possible mais ne pas balayer les sols des pièces, balcons et terrasses, ne pas utiliser d’aspirateur domestique1 (ils rejettent, dans l’air de la pièce où ils sont employés, les poussières les plus fines) (cf. fiche H).
1 l’alternative est l’utilisation d’un aspirateur possédant un filtre à haute performance (HEPA).
• Empêcher les jeunes enfants d’accéder aux peintures dégradées en interposant un obstacle : meuble, carton, papier peint, tissu, etc.
• Laver souvent les mains des occupants (en particulier celles des jeunes enfants qui les portent souvent à leur bouche), et systématiquement avant les repas ; garder les ongles courts et ne pas les ronger.
• Lutter contre l’humidité, qui favorise la dégradation des peintures : ne pas boucher les ouvertures de ventilation permanente, aérer quotidiennement le logement, chauffer suffisamment en période froide en évitant l’usage d’appareil de chauffage à combustion non raccordé à un conduit de fumée (poêle à bois, pétrole, etc.).
[…]
Dans tous les cas, même lorsque les travaux sont réalisés par des professionnels :
• Ne faut pas laisser des enfants et femmes enceintes dans le logement (y compris la nuit) pendant la période des travaux quand ceux-ci génèrent de la poussière.
• Veiller à éloigner les enfants, y compris lors de travaux des parties communes, par exemple en favorisant l’accueil en crèche et halte-garderie.
• Avant tout retour des enfants à domicile après travaux, les locaux doivent avoir été parfaitement nettoyés et avoir fait l’objet d’analyses de poussières confirmant la bonne réalisation des travaux et du nettoyage (concentration des poussières au sol < 1 000 μg /m2).
• Un suivi sanitaire et social est fortement recommandé pendant et après les travaux.

https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=643

Nous espérons que ces pistes vous seront utiles et nous nous tenons à votre disposition pour toute nouvelle recherche documentaire dans le domaine de la santé.

L’Equipe des documentalistes de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
Service Questions-santé

NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)

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