Sigaud de la Fond
Joseph-Aignan Sigaud de Lafond (1730-1810)
Joseph-Aignan Sigaud de Lafond est né à Bourges le 5 janvier 1730. Son père est horloger, son parrain chirurgien. Au Collège Royal de l’Université, un établissement jésuite renommé, il suit des cours de théologie, de lettres et de sciences.
A l’issue de cet enseignement, Sigaud s’établit à Paris où il exerce d’abord au collège Louis-le-Grand en tant que répétiteur. Parallèlement, il suit les cours publics de l’abbé Nollet, très célèbre pour ses leçons de physique expérimentale, en particulier ses expériences d'électrisation.
Sigaud se constitue progressivement un cabinet de physique important. En 1756 il perfectionne une machine électrique à frottement, avant de devenir en 1759, démonstrateur de physique expérimentale, d’anatomie et de physiologie au collège Louis-le-Grand.
En 1759, il présente sa candidature à l’Académie Royale des Sciences de Paris qui est rejetée, mais sa renommée croît dans les cercles savants et il est affilié à nombre d’académies en France et à l’étranger. Ses Leçons de physique expérimentale paraissent en 1767, puis son Traité de l’Electricité en 1771 qui témoignent de ses recherches qu’il prolonge dans le champ de l’électricité médicale. Sa physique reste qualitative et sans mathématiques.
A partir de 1773, son neveu Rouland poursuit son enseignement au collège Louis-le-Grand, tandis que Sigaud se consacre à ses recherches personnelles et à des leçons particulières, ce qui contribue à sa renommée dans les salons parisiens.
En 1775 sont publiés les deux volumes de la Description et usage d’un cabinet de physique expérimentale. En 1776, en compagnie de Macquer, il synthétise de l’eau à partir de composés gazeux, une célèbre expérience reprise par Lavoisier en 1783 .
L’absence de reconnaissance de l’Académie royale des sciences pousse Sigaud à revenir Bourges. Dès 1779, sous son impulsion, le cabinet de physique du collège royal s’étoffe de divers appareils et de livres. Auteur prolifique, Sigaud publie quatre volumes d'un Dictionnaire de physique, un Dictionnaire des merveilles dans lequel il recense une multitude de phénomènes extraordinaires décrits dans la littérature, ainsi que ses réflexions sur la religion.
En 1786, Louis XVI crée pour Sigaud une chaire de physique expérimentale au collège royal de Bourges. En 1787, les quatre volumes de ses Eléments de physique théorique et expérimentale sont publiés.
La Révolution fragilise la situation de Sigaud avant qu’il ne soit nommé en 1791, professeur de physique et de chimie expérimentales à l’Ecole centrale à Bourges. En 1801, il doit à Bonaparte sa nomination comme proviseur. En 1803, l'année de sa mort, il publie un dernier traité scientifique, De l'électricité médicale.
A propos de Sigaud de Lafond
L'affaire des castrats de la Chapelle du Roi, un article de Christine Blondel, historienne des sciences au CNRS.



