Question

Objet: Les puces RFID un risque pour la santé ?
Intitulé: Les puces RFID, les lecteurs associés et leur usage sont-ils un risque pour la santé ?

Réponse

Bonjour,
 
Vous recherchez des informations sur la technologie RFID et les risques qu’elle pourrait occasionner.
 
Nous vous proposons tout d’abord un petit rappel de la technologie RFID :
« Les puces RFID [Radio Frequency Identification] permettent d’identifier et de localiser des objets ou des personnes. Elles sont composées d’une micro-puce (également dénommée étiquette ou tag) et d’une antenne qui dialoguent par ondes radio avec un lecteur, sur des distances pouvant aller de quelques centimètres à plusieurs dizaines de mètres. Pour les applications dans la grande distribution, leur coût est d’environ 5 centimes d’euros.
[…]
Comment sont-elles utilisées ?
Les puces sans contact envahissent peu à peu notre quotidien. Elles utilisent plusieurs technologies comme RFID (Radio Frequency Identification) ou NFC (Near Field Communications).
Aujourd’hui, elles sont déjà présentes dans les titres de transports  (ex : passe Navigo ou carte Velib), les passeports électroniques, les badges d’accès aux immeubles (ex : Vigik), des porte monnaies électroniques, les clés de contact des voitures,  la logistique pour la gestion des bagages dans les aéroports ou des stocks dans les magasins.
La technologie de radio-identification (RFID) devient ainsi un enjeu économique majeur notamment dans les applications de la distribution et du transport. […] »
 
En ce qui concerne les risques pour la santé que pourrait occasionner la RFID, voici les explications de deux chercheurs de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) :
«  L’étiquette communique lorsqu’elle passe dans le champ d’un lecteur. C’est ce lecteur qui émet des ondes électromagnétiques à une certaine puissance. Suivant la technologie RFID, ces lecteurs peuvent émettre dans trois gammes de fréquences : 125 kHz pour les très basses fréquences (LF), 13,56 MHz pour les hautes fréquences (HF) et 900 MHz pour les ultra hautes fréquences (UHF). Les impacts de ces ondes sur le corps humain dépendent donc de la gamme de fréquences utilisée. Les champs électromagnétiques générés par ces lecteurs ont été mesurés en laboratoire, comme en rend compte un rapport de l'AFSSET, Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, devenue l’Anses en 2010. Le champ émis dans les gammes LF et HF s’évanouit rapidement et n’est prépondérant que localement autour d’un lecteur. En tout cas, ces rayonnements restent inférieurs aux valeurs limites d’exposition des personnes préconisées par l’ICNIRP, commission internationale pour la protection contre les radiations non-ionisantes (champ magnétique maximum autorisé de 400 nT pour la technologie HF et 105 nT pour l'UHF). Bien que, dans les gammes de fréquences UHF, les champs magnétiques portent à plus grande distance, les mesures ont établi que les rayonnements ne dépassaient pas les limites d’exposition.
Ainsi, pour des individus n'étant exposés que sporadiquement aux ondes émises par des lecteurs RFID, le danger est faible. Cependant, dans le cadre d’une exposition continue, même à faible rayonnement, l’AFSSET préconise de respecter une distance minimale avec les lecteurs, de l'ordre de 20 cm.
Des recherches sont aussi menées sur de possibles incompatibilités électromagnétiques avec des dispositifs médicaux implantés, comme les pacemakers. Certains risques d'interférences ont été identifiés en laboratoire, mais aucun cas pratique n'a été signalé.
Une étiquette RFID, telle que décrite précédemment, est composée uniquement d’une antenne et d’une puce. Elle n’embarque aucune énergie propre et ne peut émettre que si elle est alimentée par le champ d’un lecteur. Si on équipe cette étiquette d’une batterie, elle devient active, et peut communiquer même en dehors du champ d’un lecteur. Les étiquettes communiquent ainsi de proche en proche et servent de relais pour acheminer les données lues jusqu’au lecteur distant. Ces étiquettes RFID actives rejoignent le concept des réseaux de capteurs. La problématique est alors différente. La bande de fréquence utilisée va de 900 Mhz à 2,4 GHz et se superpose au spectre du wifi. Cependant, les ondes des étiquettes RFID actives sont émises à très faible puissance et à moindre portée. Leur impact est donc limité. »
 
Un livret intitulé « Un monde sans fil : les ondes en questions ? » proposé en ligne par la Fondation Santé et radiofréquences apporte un éclairage sur le monde des ondes électromagnétiques dont notamment les ondes radiofréquences. En ce qui concerne l’impact de ces ondes sur la santé, il y est précisé que nous ne connaissons pas les effets à long terme et que l’effort doit se poursuivre au niveau de la recherche. Sont également évoqués les dispositions prises par les pouvoirs publics français et les recommandations d’usage :
« D’une manière générale, la Fondation Santé et Radiofréquences rappelle que s’éloigner de quelques dizaines de centimètres d’une source émettrice (base téléphone DECT, borne Wi-Fi, babyphone…) permet de diminuer considérablement son exposition. »
Voir le site de la Fondation :
 
Nous ajouterons que l’on peut également s’interroger sur les effets de cumul de ces ondes électromagnétiques dans notre quotidien, question pour laquelle nous n’avons pas encore de réponse.
 
Nous espérons que ces informations vous seront utiles et restons à votre disposition pour tout complément.
 
L’Equipe de Questions-santé,
Le service de réponses en ligne de la Cité de la santé.
 
NB : Nous vous remercions d'avoir autorisé la publication de votre question. Vous pourrez la retrouver dans les pages de la Cité de la santé  (les questions-réponses sont classées par dates)