Dossier
Energie nucléaire
Un an après Fukushima, quel nucléaire pour la France ? : Nucléaire : de l'électricité dans l'air
- • Edito
- 1 L'uranium, une ressource épuisable
- 2 Des exigences de sûreté revues à la hausse
- 3 L'argument environnemental en question
- 4 Un enjeu économique de taille
- 5 Un choix de société
L'argument environnemental en question
L’industrie électronucléaire a un atout de taille : elle n’émet pratiquement pas de dioxyde de carbone. Et pour certains, la quasi absence d’émission de gaz à effet de serre justifie le maintien de l’option tout-nucléaire. D’autres s’interrogent : est-il nécessaire de maintenir la part du nucléaire à 74% dans la production électrique française pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique ?
Selon le scénario Negatep, défendu par l’association d’experts Sauvons le climat, il est souhaitable de conserver une part du nucléaire d’au moins 50% en France à l’horizon 2050 pour respecter les exigences climatiques. Mais dans ce cas, la substitution d’une partie du nucléaire par du gaz pour la production d’électricité entraînerait une augmentation des émissions carbonées. Il conviendrait alors de les compenser en baissant la part des énergies fossiles utilisée pour le chauffage.
Selon le scénario proposé par l’association d’experts négaWatt, une transition vers les énergies renouvelables qui respecte les enjeux climatiques et conduit à un arrêt du nucléaire autour de 2033 est possible, à condition de mettre en oeuvre une politique volontariste de sobriété et d’efficacité énergétiques.
L’eau, le soleil, le vent : autant de sources d’énergie inépuisables et pourtant peu exploitées par l’homme. Les énergies renouvelables représentaient 16% de la consommation énergétique mondiale en 2010, selon le Programme des Nations unies pour le développement, dont 10% pour la biomasse (bois, déchets organiques). Explication : les énergies renouvelables sont diffuses et donc difficiles à industrialiser, stocker et transporter.
Pourtant, au plan théorique, la géothermie et le solaire permettraient de répondre à tous les besoins énergétiques mondiaux. Et dans les zones isolées où les réseaux collectifs n’existent pas (déserts, îles), l’éolien et le solaire pourraient se révéler précieux.
En 2010, les énergies renouvelables représentaient 13,7% de l’électricité en France. L’objectif du Grenelle de l’environnement suppose de couvrir plus de 27% de nos besoins en électricité par des énergies renouvelables en 2020, en particulier en augmentant la part de l’éolien. Pour les tenants d’une sortie du nucléaire, il serait possible de rendre les énergies renouvelables largement majoritaires d’ici à 2050.
En France, le nucléaire représente 74% de la production d’électricité, devant l’hydroélectricité (12%), les centrales thermiques (11%, dont la moitié de gaz et un tiers de charbon) et l’éolien (1,7%). Le photovoltaïque reste négligeable.
Les centrales nucléaires et les centrales hydrauliques au fil de l’eau fournissent l’électricité dite « de base », régulière et continue. Lorsque la demande excède cette base, d’autres moyens de production entrent en jeu. Certains sont capables de réagir en quelques heures, comme les centrales au fioul et au charbon, d’autres en quelques minutes, comme les centrales au gaz. Enfin, l’hydroélectricité de lac de retenue, extrêmement flexible, permet de répondre aux variations de la demande en quelques secondes. Quant aux énergies renouvelables (éolien et solaire), leur production est variable mais prévisible en fonction des conditions météorologiques.
Source : Réseau de transport d’électricité (RTE)



