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Autour du jeu vidéo

Ep. 1 Saison 1 : Puppeteer

« Papa, à quoi on joue ce weekend ? » La question fut nonchalamment jetée ce matin, entre la tartine et le nécessaire café. Eh ouais ; c’est la rentrée. Fini la période bénie sans écran des vacances, ou la plage et les vagues suffisaient à occuper le gamer de 10 ans qui est en colocation chez moi (c’est-à-dire mon fiston). La rentrée, c’est l’époque où les chemins des membres de la famille se dispersent à nouveau, où le temps ensemble est un peu plus compté. Du coup, pas question de gâcher quelques heures chacun sur un écran, quand ou pourrait jouer ensemble : les jeux vidéo, c’est une activité comme une autre à faire en famille. Et on aime ça.

Et puis il faut satisfaire mon petit gamer de fils, parce que ça me comble de le combler, et parce que toute excuse est bonne à prendre pour que je puisse jouer aussi de temps en temps. Problème : si l’on est un papa consciencieux qui ne veut pas offrir du Call of Duty à son enfant de dix ans, les jeux pour enfants conseillés par les grandes enseignes se résument souvent à Léa passion gnangnan, l’énième adaptation du dernier dessin animé sorti au ciné, ou le titre ludo-éducatif barbant qui donne bonne conscience aux parents. Or, tout cela ne satisfait pas aux deux critères incontournables. D’abord, mon fils, en joueur exigeant, veut un jeu qui ressemble à un jeu vidéo, et pas un stéréotype de software typé « Apprends le népalais avec les Bisounours ». Ensuite… Moi aussi je veux jouer à un bon jeu, et j’ai passé l’âge de m’éclater avec Dora l’exploratrice. Trouver le titre idoine demande donc un poil de recherche.

Dans ma (courte) recherche, une jaquette attire mon regard : une sorte de pantin armé d’une paire de ciseaux.  Je tombe sur Puppeteer, un jeu sorti sur PS3. Le pitch : Kutaro (le pantin en question) doit affronter le terrible Roi-Ours de la Lune, kidnappeur d’enfants qui transforme ses victimes en marionnettes. Ah, et apparemment, on peut jouer à deux : un bon point. Il n’est pas très cher, deuxième bon point.

Retour à la maison, et premier test en solo tout seul avec moi-même, pour voir si le jeu est bien adapté pour mon fiston ; après tout, il est classifié PEGI 12. Le premier contact est plaisant : la mise en scène est assez particulière, dans le sens ou l’histoire est présentée comme un spectacle de marionnettes. Ainsi, l’écran de jeu est une scène de théâtre, et chaque niveau est entrecoupé de petites scénettes on ne peut plus sympathiques. Qui plus est, le rendu à l’écran est particulièrement convaincant : une direction artistique qui tend vers le Burtonien (de Tim Burton, hein. Pas feu le bassiste de Metallica, Cliff Burton. Quoique…), et une bande-son de qualité sont au rendez-vous. Le jeu est donc une réelle bonne surprise, et il est tout à fait adapté pour les enfants qui ne tremblent pas à l’apparition d’une sorcière à l’écran. En somme, on tient là un véritable petit spectacle de marionnettes interactif, brillamment réalisé.

Vient le weekend, et la séance vidéoludique en famille : le verdict va tomber, on saura vite si je ne me suis pas trompé. Mon fiston s’empare de la manette, et lance le jeu. « C’est chouette, on dirait une histoire que tu me racontes le soir ». Haha, un point pour toi, papa. C’est quand on entend ça que l’on sait que ça va le faire, et c’est toujours bon à prendre pour forger son ego de bon père bienveillant. Le jeu étant relativement accessible, assez classique dans ses situations (c’est de la plateforme, hein) et pas très difficile, le fiston enchaîne rapidement les premiers chapitres avec un plaisir non dissimulé. « Oh, on peut changer la tête du personnage ! La tête araignée est bizarre, mais la tête banane, c’est rigolo ! ». Papa, two points.

Mais moi aussi je veux jouer ! Il est donc temps d’explorer cette possibilité qu’offre le jeu de jouer à deux. Surprise, le gameplay est asymétrique. Dans Puppeteer, le joueur contrôle Kutaro, le personnage principal, ainsi qu’une espèce de lanterne volante, qui lui permet d’éclairer les endroits sombres des tableaux de jeu pour découvrir des secrets, ou résoudre des énigmes. Ce double contrôle est un peu difficile pour un petit gamer ; mais avec un papa, c’est plus facile. Quand on joue à deux, il n’y a pas deux personnages à l’écran : le premier joueur contrôle Kutaro, le second dirige la lanterne. Qui plus est, la lanterne peut être contrôlée avec le PS move, l’accessoire de motion gaming de chez Sony : comme quoi cette espèce de cône glacé lumineux peut avoir une utilité. Du coup, le deuxième joueur est plus présent pour aider le premier, et la coopération est de mise. Intéressant pour le coup, il permet donc de vraiment être actif à deux devant l’écran, tout en laissant le fiston prendre les initiatives. Même si, bien sûr, il est plus sympa d’incarner le héros que de diriger la lanterne ; mon fils l’a bien vite compris en refusant catégoriquement d’échanger les rôles. Pas de lutte héroïque contre un boss pour papa… Mais au moins, on ne s’ennuie pas : sur la longueur, le jeu se révèle relativement classique dans ses situations, mais l’univers proposé est tout à fait prenant : un vrai conte de fées.

Le weekend s’achève et nous n’avons pas encore fini le jeu. « On terminera le weekend prochain ? J’ai vraiment envie de voir la fin ». Papa, three points, flawless victory ! C’est vrai que le jeu est prenant ;  non qu’il soit très long ou très difficile, mais sa durée de vie est tout à fait correcte. Et puis bon, quand il fait beau, on ne reste pas deux jours devant l’écran, il y avait aussi du foot au parc. On finira donc Puppeteer ensemble le weekend prochain ; ça permettra de me laisser du temps pour trouver le prochain jeu…

 

Monsieur Hice

Fiche technique

Plate-forme : PS3

Genre : action/plates-formes

Date de sortie : 11 septembre 2009

Editeur : Sony Computer Entertainment

Développeur : Sony Computer Entertainment

Evaluation PEGI : - 12 ans

Version française intégrale

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