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3 notions pour comprendre

La domestication

"La domestication d'une espèce, animale ou végétale, est l'acquisition, la perte ou le développement de caractères morphologiques, physiologiques ou comportementaux nouveaux et héréditaires, résultant d’une interaction prolongée, d'un contrôle voire d'une sélection délibérée de la part des communautés humaines." (source : Wikipedia)
La domestication animale et végétale a été une étape cruciale du développement des sociétés humaines. Elle a permis le développement de l’agriculture et la sédentarisation. Pour la plupart des animaux  domestiques, les premières données archéologiques proviennent du début du Néolithique, soit environ - 11 000 ans mais la domestication du chien serait plus ancienne. Les études des textes anciens, de l'iconographie et de la linguistique, constituent des sources de renseignements précieuses. Elles témoignent de la volonté très ancienne de l’homme d'agir sur le monde animal et de sélectionner les espèces les mieux adaptées à ses besoins. Ainsi, les animaux domestiques ont contribué à l'alimentation humaine mais aussi à l'habillement, la défense, la communication… Ces domestications se sont succédées à un rythme soutenu (chien, chèvre, mouton, bœuf, chat…), la majeure partie des espèces domestiques provenant d'Eurasie.
La domestication d'un animal peut se mesurer au plus profond de son ADN. Par exemple, les différences principales entre chats domestiques et chats sauvages concernent des gènes du comportement  liés à la mémoire, à la peur et à la recherche de récompenses.

Sources :
  • Ils ont domestiqué plantes et animaux : prélude à la civilisation / Jean Guillaume. Édition Quae, 2010. Cote Bibliothèque : ZD0 2 GUILJ
  • La  domestication des animaux par les hommes préhistoriques / Daniel Helmer. Édition Masson, 1992. Cote Bibliothèque : O 6 12 HELMD
  • Article de Wikipedia - fr.wikipedia.org

Du loup au chien...

Pendant longtemps l’origine du chien est restée mystérieuse. Si la piste du loup était bien sûr privilégiée, certains auteurs mentionnaient le coyote ou le chacal. Depuis une vingtaine d’années, plusieurs études ont permis de lever toute ambiguïté : le loup est bien l’espèce sauvage la plus proche du chien. Une étude a permis de montrer que la distance génétique entre le chien et le loup est de seulement 0,2 %, alors qu’entre ce dernier et le coyote, elle est de 4 % !
Si la nature de l’ancêtre sauvage fait maintenant l’unanimité, la communauté scientifique est encore divisée sur les dates et le contexte de la domestication.
En 2009, un canidé âgé de 31 700 ans, découvert en Belgique, est identifié «chien » par analyses crâniennes, étude de l’ADN mitochondrial et analyse isotopique. En 2011 et 2013, deux autres études  menées sur un crâne du massif de l’Altaï, vieux de 33 000 ans, vont dans le même sens. Cette domestication ancienne aurait été réalisée par des groupes de chasseurs-cueilleurs paléolithiques. Ces premières tentatives ne seraient cependant pas à l’origine de la lignée des chiens actuels. En 2013, des données moléculaires provenant de l’analyse du génome mitochondrial de 18 canidés préhistoriques, d’Eurasie et du Nouveau Monde, suggèrent elles aussi, une domestication opérée par des chasseurs-cueilleurs, sur le continent européen entre – 32 100 et - 18 800 ans.
En février 2015, bouleversement ! Une nouvelle étude portant sur ce crâne belge et sur un crâne russe vieux de 13 905 ans va totalement à l’encontre des résultats précédents. Des analyses morphométriques en 3D, attribuent ces crânes à des loups et non à des chiens !  Les auteurs évoquent une domestication néolithique, donc plus récente, dont l’origine serait la disponibilité permanente de déchets alimentaires.
Si le loup est probablement l'ancêtre du chien, de nouvelles études seront nécessaires pour élucider l’apparition du meilleur ami de l’homme !

Sources :

Du chat sauvage au chat de gouttière

On a cru longtemps que les Anciens Égyptiens avaient été les premiers,  il y a environ 3 600 ans, à vivre en compagnie des chats. Mais depuis,  les découvertes archéologiques et les analyses génétiques ont montré   que cette domestication s’est  produite il y a près de 10 000 ans, probablement associée à l’apparition de l’agriculture. Bien plus tard que celle du chien, compagnon de chasse depuis des dizaines de millénaires.
Pour Wes Warren (professeur de génétique au Génome Institute de l'université Washington), "L'hypothèse la plus probable est que les êtres humains ont accueilli les chats car ceux-ci contrôlaient les populations de rongeurs qui consommaient leurs récoltes de céréales. Nous émettons l'hypothèse que les humains ont offert aux chats de la nourriture comme une récompense les encourageant à rester dans les parages".
De nombreux chercheurs s'accordent sur le fait que toutes les races de chats descendent d'une seule espèce, le chat sauvage – Felis silvestris –, présente partout de l'Écosse à l'Afrique du Sud, en passant par la Mongolie. Des études récentes menées sur leur ADN montrent que la majorité des chats domestiques sont les descendants d’une sous-espèce du Proche-Orient : Felis silvestris lybica. Dans les années 2000, la collecte d’échantillons d'ADN provenant d’un millier de chats sauvages et domestiques, en Afrique australe, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Mongolie et Moyen-Orient a permis d’isoler des séquences spécifiques du génome du chat domestique, qui diffèrent de celles du chat sauvage. Ces dissemblances concernent des gènes impliqués dans des comportements tels que la mémoire, la peur, et la recherche de récompense. La comparaison entre les gènes des chats domestiques et sauvages montre que leurs différences ne sont pas très importantes.

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