Décembre 2017

L’aventure n’est pas seulement une suite de péripéties, d’exploits ou de périls mais aussi une errance, une quête, une ouverture vers l’ailleurs, vers l’inconnu et l’inattendu. Elle est tout autant une expérience du temps et de l’espace qu’un rapport à soi-même et un mode d’existence.

On ne part pas à l’aventure uniquement par goût de l’exotisme. L’aventureux est d’abord à la recherche d’un style de vie qui révèle une part de notre rapport à l’avenir et à notre propre destinée. Ulysse incarne incontestablement la figure exemplaire du héros aventurier soumis à des épreuves qui font valoir ses vertus et constituent un véritable parcours initiatique.

Qu’il s’agisse de fuir, d’explorer les confins du monde ou de conquérir de nouveaux territoires, l’aventure ne s’expérimente pas uniquement sur le mode de l’action. Elle est liée, selon Jankélévicth, à l’événement et à l’avènement, et nous met face à l’imprévisible et à l’inattendu.

C’est cette temporalité particulière qui constitue la matière du récit d’aventure comme celui que nous livre Conrad dans Au coeur des ténèbres. L’expédition de Marlow nous rappelle que l’aventure peut aussi se transformer en un périple tragique, en une descente aux enfers, un égarement aux limites de notre propre humanité..

Avec :
Vincent Delecroix
, philosophe et écrivain, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE),
Chantal Delourme
, professeur de littérature à l’Université Paris-Nanterre,
Pierre Judet de la Combe
, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Modération : Catherine Portevin, chef de la rubrique Livres de Philosophie Magazine.

A écouter (2:49:00)