L'original
S'est déroulée du 15/12/2015 au 31/07/2016

Portrait d'un naturaliste humaniste

Darwin et son temps

"Or, pendant la majeure partie de l’ère victorienne, c’est la tradition utilitaire qui atteignit son apogée avec Mill qui tint le haut du pavé : c’était la philosophie de service, pour ainsi dire. Elle poursuivit sa codification et son investigation à marche forcée jusqu’à ce qu’elle eût rendu possibles les grandes victoires de Darwin, Huxley et Wallace." (G. K. Chesterton, The Victorian Age in Literature (L’ère victorienne en littérature) - 1913)

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© Charles Darwin 01 par J. Cameron — Inconnu. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons

Charles Darwin (1809-1882) est issu d’une famille de la bourgeoisie aisée dont il adopte valeurs et style de vie.

C’est un gentleman du XIXe siècle. Son époque voit le couronnement de la reine Victoria en 1837, l’extension des empires coloniaux et le développement sans précédent de l’industrie, des moyens de transport, de communication et de diffusion des idées. Les sciences physiques, naturelles et humaines progressent, mais restent encore indissociables de la religion.

Le jeune Charles Darwin n’est pas un élève studieux. Passionné de sciences naturelles, il est loin d’être un scientifique accompli. Son voyage sur le HMS Beagle fera sa renommée.
Charles Darwin était destiné à devenir pasteur. Une opportunité va changer ce destin : après un court mais formateur voyage d’étude de la géologie au Pays de Galles, il accepte opportunément le poste de naturaliste à bord du HMS Beagle, que lui propose son capitaine, Robert Fitzroy, sur les conseils de son professeur Henslow.

Dans l’exposition, ne manquez pas :

Le multimédia  Le monde de Darwin

Le tour du monde en 1741 jours

"Le voyage du Beagle a été de loin l’événement le plus important de ma vie, et a déterminé toute ma carrière ; […] J’ai toujours eu le sentiment de devoir à ce voyage la première formation ou éducation réelle de mon esprit. Je fus conduit à me concentrer sur plusieurs branches de l’histoire naturelle, et mes capacités d’observation, ainsi, s’améliorèrent, bien qu’elles fussent déjà convenablement développées." (Charles Darwin, L’Autobiographie)

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© "Voyage of the Beagle" by WEBMASTER at the German language Wikipedia. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Commons

Le vaisseau appareille le 27 décembre 1831. Sa mission initiale est de dresser des cartes marines de l’Amérique du sud. Darwin ne retrouvera l’Angleterre que le 2 octobre 1836.

Tout au long du voyage, il collecte des échantillons en mer comme à terre (faune, flore, fossiles), les observe, les répertorie et les envoie en Angleterre pour expertise. Il échange de nombreuses lettres avec sa famille, ses amis et ses professeurs. Il lit beaucoup. Ces travaux pratiques et théoriques l’enrichissent, contribuent à construire sa réputation et constituent le fondement de son œuvre ultérieure.

En 1835, Darwin explore les îles Galápagos. Il collecte de nombreuses variétés d’oiseaux. À l’issue du voyage, 13 espèces de « pinsons » seront identifiées par divers ornithologues, dont le fameux John Gould.

"Au cours du voyage du Beagle, j’avais été profondément impressionné :  premièrement; en découvrant, dans les sédiments de la pampa, de grands animaux fossiles couverts d’une armure semblable à celle des tatous actuels ; deuxièmement, par la manière dont des animaux étroitement apparentés se succèdent et se substituent les uns aux autres quand on avance vers le sud du continent […]" (Charles Darwin, L’Autobiographie)

Cette observation décrite par Darwin dans son autobiographie, des années après le voyage, est l’une de ses expériences majeures. Il n’a pas eu de « révélation » et ne s’est pas converti à l’idée du transformisme à bord du HMS Beagle. Mais l’analyse de ses écrits montre la valeur de ces prémices dans la construction de sa future théorie.

Dans l’exposition, ne manquez pas :

La maquette du H.M.S. Beagle

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© Wikimedia Commons

Darwin intime

À son retour, en fils obéissant, il suit les conseils de son père, se marie avec sa cousine, Emma Wedgwood, avec laquelle il a 10 enfants. Le jeune couple fuit rapidement l’activité de Londres et s’installe à Down House, une maison située dans la campagne, au sud de la métropole, dans laquelle il vivra jusqu’à sa mort.

"Peu de gens ont vécu plus retirés que nous. En dehors de courtes visites chez des amis, et de quelques séjours à la mer ou ailleurs, nous n’avons pas bougé." (Charles Darwin, L’Autobiographie)

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© "Salon Down House" by Mario modesto - Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Commons

Issu d’un milieu aisé, sa fortune personnelle lui permet de se consacrer à ses recherches et à sa famille. Au voyage de 5 ans et aux travaux de terrain, succèdent les expériences dans sa serre et son jardin. L’aventure est intellectuelle : Darwin écrit, publie et entretient une importante correspondance avec ses pairs et ses contemporains.

Darwin a eu dix enfants. Dès la naissance de son fils aîné, il étudie leur développement avec des méthodes de naturaliste et réalise de petites expériences. Ses notes montrent qu’il est très proche d’eux. Il perd trois enfants, deux en bas âge et sa fille Anne, à l’âge de 10 ans, disparition dont il ne se remettra pas.

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© Wikimedia Commons

Charles Darwin est issu d’une famille traditionnellement opposée à l’esclavage. Son grand-père, Josiah Wedgwood (1730-1795), avait conçu un médaillon abolitionniste, figurant un esclave enchaîné, avec la mention « Ne suis-je pas un homme et un frère ? ». Le dégoût de Darwin s’accroît pendant son voyage lorsqu’il constate les souffrances infligées aux esclaves.

Charles Darwin meurt le 19 avril 1882, à 73 ans. Outre une œuvre scientifique considérable, il laisse ses nombreux carnets de notes, son abondante correspondance et une autobiographie rédigée pour ses enfants. Il est enterré dans l’abbaye de Westminster où reposent beaucoup d’autres personnalités anglaises, comme Isaac Newton.

Dans l’exposition, ne manquez pas :

Les trois saynètes  L’éleveur d’enfants, L’abolitionniste et Malade mais travailleur