L'original
S'est déroulée du 15/12/2015 au 31/07/2016

Une œuvre foisonnante et révolutionnaire

La révolution darwinienne

"Je suis pleinement convaincu que les espèces ne sont pas immuables, mais que celles qui appartiennent à ce que l’on appelle un même genre sont les descendants en droite ligne d’une autre espèce, généralement éteinte[…]. En outre, je suis convaincu que la sélection naturelle a été le moyen le plus important, mais non le moyen exclusif, de la modification."  (Charles Darwin, L’Origine des espèces)

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"The Origin of Species by Means of Natural Selection" © MaropengSA creative commons by Flickr

En trois livres majeurs, Darwin propose une théorie unifiée de l’évolution de la vie sur Terre.
Après des années de publications scientifiques sur d’autres sujets, le travail de Darwin de construction théorique et de collecte de faits débouche en 1859 sur L’Origine des espèces.
Il y développe un long argument pour convaincre comment la descendance des êtres vivants se trouve modifiée depuis l’origine, génération après génération, sous l’action d’un mécanisme qu’il appelle la sélection naturelle.

En 1871, soit plus de onze ans après, il publie La Filiation de l’homme, qui étend sa théorie à l’espèce humaine et décrit un nouveau mécanisme, la sélection sexuelle. Darwin y développe l’idée fondamentale qu’il y a continuité entre l’homme et les autres êtres vivants, qui partagent des caractéristiques et des ancêtres communs. En 1872, dans L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux, il conforte cette continuité en pointant les comportements et les émotions communs aux hommes et à certains animaux.

Son livre majeur : « L’Origine des espèces par le moyen de la sélection naturelle, ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie »

"Me conseilleriez-vous de dire à Murray que mon livre ne s’éloigne pas plus de l’orthodoxie que son sujet ne l’y porte inévitablement ? Que je n’y discute point de l’origine de l’homme ? Que je n’y engage aucune discussion à propos de la Genèse et autres, mais ne fais que présenter des faits et les conclusions qu’il me semble juste d’en tirer ?"  (Lettre à Charles Lyell, mars 1859)

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L'arbre de la vie tel qu'il apparaît dans "On the Origin of Species by Natural Sélection", 1859

Publié à Londres le 24 novembre 1859, épuisé dès le premier jour, c’est le livre majeur de Charles Darwin. Il fera l’objet de six éditions de son vivant, totalisant près de 7 500 modifications, ajouts et suppressions de la main de son auteur. Ce n’est pas une histoire naturelle, mais un « long argument » où Darwin déploie sa « théorie de la descendance modifiée ». Il l’examine à la lumière de multiples faits collectés pendant ses années de voyage, dans ses lectures et dans de nombreux échanges avec ses pairs. Dans une seconde partie, il répond par anticipation aux objections qu’on pourrait lui faire.

La filiation de l’homme et la sélection liée au sexe

"Sitôt que je fus convaincu, en 1837 ou 1838, que les espèces pouvaient subir des mutations, je ne pus m’empêcher de penser que l’homme était nécessairement soumis aux mêmes lois. Pour cette raison, j’accumulai des notes sur le sujet pour ma satisfaction propre, sans pendant longtemps avoir l’intention de publier." (Charles Darwin, L’Autobiographie)

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© Collection Bibliothèque des sciences et de l’industrie/Universcience

En 1871, plus de onze ans après la première édition de L’Origine des espèces, Darwin aborde enfin la question de l’homme. Il affirme que les hommes et les animaux ont une origine commune ; que c’est par sélection naturelle et à partir des instincts sociaux que se sont constitués le sens moral, les cultures et les civilisations. Ces caractères, que l’on pense propres à l’homme, Darwin en trouve la trace chez de nombreux animaux. 

La deuxième partie du livre est consacrée à la sélection sexuelle. Ce mécanisme complète et s’oppose parfois à la sélection naturelle. Il explique comment les caractères sexuels secondaires, portés par certains mâles, les avantagent au moment de séduire les femelles, et leur donnent plus de chances d’avoir une descendance.

L'expression des émotions chez l'homme et les animaux

"L’ouvrage présente à un degré éminent ces caractéristiques de l’esprit de l’auteur puisque nous y trouvons, systématisée et expliquée au moyen de faits physiologiques et psychologiques reconnus, toute l’immense diversité des mouvements complexes et des infimes contractions musculaires par l’observation desquels nous interprétons inconsciemment, avec plus ou moins de certitude, les passions et émotions presque infiniment variées des hommes et des animaux." (Alfred Russel Wallace, Quarterly Journal of Science, 1873)

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© Michel Lamoureux/Collection BSI/EPPDCSI

Dans « L’Expression des émotions chez l’homme et les animaux », paru en 1872, Darwin poursuit son inventaire de la continuité entre hommes et animaux. Il y montre comment des caractères et des instincts communs jouent un rôle dans l’expression de comportements, de réactions et d’émotions. Il pose au passage les bases d’une psychologie animale et d’une éthologie comparée, dans le cadre de sa théorie générale de l’évolution. Ce livre est superbement illustré de gravures et de photographies.

Dans l’exposition, ne manquez pas :

  • Les cirripèdes
  • Le multimédia Variation à l’état naturel et domestique
  • Le multimédia La Filiation de l’homme
  • Le multimédia Expression des émotions chez l’homme et les animaux
 

Darwin en son jardin

"Un voyageur devrait donc être botaniste, car, dans tous les paysages, ce sont les plantes qui constituent le principal embellissement" (Charles Darwin, Journal de bord du voyage du Beagle)

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© Collection Bibliothèque des sciences et de l’industrie/Universcience

Darwin consacre six ouvrages à la botanique. Les plantes l’intéressent à plusieurs titres : leur analogie et la continuité avec le règne animal. Comme les animaux, elles varient, elles sont domesticables, elles ont la capacité de mouvement. Et elles se prêtent bien à l’expérimentation. Darwin et son fils Francis mènent de nombreuses expériences, dont l’une montre que la partie du germe qui est destinée à former la tige de certaines graminées ne se courbe vers la lumière que lorsque leur sommet y est exposé. C’est une première étape vers la découverte des hormones végétales au début du XXe siècle.

Dans l’exposition, ne manquez pas :

L'élevage des lombrics