Ressources

Juniors

Jeux, manips et actu... pour les 9-14 ans

L'actu des juniors

Adieu petite sonde Cassini !

Avril 2017

« Le grand final de Cassini » est le nom donné par la Nasa à la dernière mission de la sonde spatiale. Après treize ans passés autour de Saturne, la sonde Cassini-Huygens va en effet achever sa course en apothéose : elle va plonger dans l’atmosphère de la planète Saturne, une contrée lointaine où elle n’est jamais allée.

Vue d’artiste représentant l’insertion de la sonde Cassini dans l’orbite de Saturne © Domaine public by Wikipedia
Le grand final

La Nasa a décidé d’octroyer une dernière mission à la sonde Cassini, qui, faute de carburant, aurait probablement fini sa course écrasée sur une lune de Saturne. L’autre raison de cette mission suicide est d’éviter une éventuelle contamination d’un de ses satellites par des microbes terriens. Le 26 avril prochain, la sonde va se placer en orbite entre Saturne et son anneau le plus interne et tourner 22 fois autour de la planète, avant de plonger pour se consumer dans son atmosphère le 15 septembre 2017.

Cette ultime mission comporte de nombreux risques car lancée à 34 km par seconde, le moindre flocon de glace peut la détruire. Son but est d’obtenir de nouvelles informations et des images inédites de la planète gazeuse et de ses anneaux. Les scientifiques espèrent notamment en apprendre plus sur la masse des anneaux, pouvoir cartographier les champs magnétiques, et effectuer des analyses physiques et chimiques permettant de modéliser la structure géologique pour mesurer la pesanteur de Saturne.

La sonde Cassini © Nasa
Une vie bien remplie !

Lancée à Cap Canaveral par la fusée Titan/Centaur le 15 octobre 1997, la mission Cassini-Huygens – collaboration entre la Nasa et l’Agence spatiale européenne (ESA) - est une réussite incontestable qui a considérablement accru les connaissances de Saturne et de ses nombreuses lunes. Depuis sa mise en orbite autour de Saturne en juin 2004, la sonde n’a cessé d’envoyer des images incroyables du Système solaire et de révéler la présence de nouvelles lunes de petite taille et de nouveaux anneaux.

En janvier 2005, l’atterrisseur Huygens s’est posé avec succès à la surface de son plus grand satellite naturel Titan, jusque-là protégé des regards par son épaisse atmosphère. Nous avons pu découvrir les paysages de Titan, qui présentent des similitudes avec ceux de la Terre, constaté les pluies de méthane, l’activité volcanique, la présence d’eau gelée à sa surface, et confirmé l’existence d’une atmosphère composée de méthane, d’azote et d’autres gaz.

Les deux plus grands satellites de Saturne : Titan et Rhéa © Nasa/JPL-Caltech/Space Science Institute/Adam Hurcewicz

En septembre 2007, Cassini a survolé Japet, le troisième plus grand satellite de Saturne et dévoilé une crête équatoriale longue de 1 300 km et s’élevant par endroit à plus de 20 km. En 2008, la sonde s’est approchée à 48 km de la surface d’Encelade, le 6e plus grand satellite de Saturne, révélant une forme ovale et aplatie aux pôles, une surface de glace composée de zones avec ou sans cratères, une température plus élevée que prévu, des geysers rejetant de l’hydrogène et la présence d’un océan liquide. Cette lune, qui pourrait abriter les conditions nécessaires à la vie, intéresse particulièrement la Nasa.

En janvier 2017, la sonde Cassini a encore transmis des images extraordinaires sur la structure des anneaux de Saturne. Pour la première fois, ceux-ci n’apparaissent plus comme les sillons réguliers d’un disque mais comme une texture granuleuse qui bouge, se déforme et fait des vagues au passage de petits satellites, tels Daphnis, ce bloc de glace de huit kilomètres.

La petite lune Daphnis © Nasa/JPL-Caltech/Space Science Institute
Ce que l’on sait de Saturne et ses anneaux

Tout comme Jupiter, Uranus et Neptune, Saturne est une planète géante gazeuse qui n’a pas de surface rocheuse solide comme la Terre, Mercure, Vénus et Mars, qualifiées de planètes telluriques. Les planètes gazeuses ont une atmosphère qui devient de plus en plus dense et compacte au fur et à mesure qu’on s’approche de leur centre, avec une élévation très forte de la pression et de la température.

Deux fois plus éloignée du Soleil que Jupiter, Saturne se trouve à 1 427 millions de km de notre étoile (en comparaison, la distance qui sépare la Terre du Soleil est de 149,6 millions de km). Il faut plus de 29 ans à Saturne pour faire le tour du Soleil ; en comparaison, la période sidérale de la Terre est précisément de 365 jours, 6 heures et 9 minutes.

Saturne et ses anneaux © Nasa/JPL-Caltech/Space Science Institute/Ian Regan

Son diamètre de 120 536 km la place pour sa taille au 2e rang après Jupiter dont le diamètre est de 142 984 km, quand celui de la Terre est seulement de 12 756 km. Pourtant, malgré sa taille si imposante, on dit que Saturne pourrait flotter sur l’eau, tant sa masse - qui ne représente que 95 fois celle de la Terre – est faible. Cela est dû à sa composition de gaz légers comme l’hydrogène et l’hélium. Quant à sa température, elle varie de -130°C au sommet des nuages et atteint 30 000°C en son noyau.

Ce qui fait la beauté de Saturne, ce sont ses anneaux, plus ou moins sombres ou brillants. Si l’on ignore comment ils se sont formés, on sait grâce à Cassini qu’ils sont constitués à 99 % de glace pure. Une infinité de glaçons ou de blocs glacés de quelques décimètres, éloignés les uns des autres de quelques dizaines de centimètres s'étendent sur 650 000 km d’une extrémité à l’autre.

Située à 1,4 milliard de km de la Terre, la petite sonde Cassini a fait un long et beau voyage. Après vingt ans passés dans l’espace, elle nous a transporté dans des mondes inconnus, renvoyé des images époustouflantes et fourni d’importantes informations sur la taille, la structure, la composition chimique des corps qu’elle a survolés. Souhaitons-lui de réussir en beauté son grand final !

Pour aller plus loin…

Un article du Radis vert, rédigé à partir des sources suivantes :

Franceinter.fr ; lexpress.fr ; science-et-vie.com ; rfi.fr ; astrosurf.com ; wikipedia.org ; nasa.gov

Retour en haut