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Apprivoiser nos peurs

Janvier 2016

L’année 2015, avec son lourd bilan de morts et de blessés victimes des attentats terroristes, nous a plongé dans une profonde tristesse et a semé la peur dans nos têtes et dans nos corps. Il nous faut pourtant continuer à vivre sans sombrer dans la terreur ou l’angoisse. Tentons de comprendre le mécanisme de la peur et les moyens d’apprivoiser cette émotion pour vivre plus sereinement.

© Mårten Spångberg & Tor Lindstrand / International Festival "Sweat - The Movie" – CC via Wikimedia Commons
La peur, depuis la nuit des temps…

La peur est une émotion universelle ressentie par l’humanité entière, quelle que soit son âge, son sexe, sa culture. Depuis la nuit des temps, petits et grands ont peur du loup ! Bien sûr, ce loup prend des formes très différentes selon les époques, les croyances, l’éducation, le savoir, l’état de la société. Il est tantôt l’orage qui gronde avec la peur que le ciel ne nous tombe sur la tête, tantôt la peur d’une plaie infligée par un dieu, tantôt celle d’une catastrophe naturelle, d’une guerre, d’un accident, d’un échec, d’une maladie, etc.

Les raisons d’avoir peur sont quasi infinies : elles sont soit partagées par toute la société, soit propres à chaque individu. Le développement des sciences et des techniques tente en permanence de maîtriser ou de réduire les risques. Et comme toutes les choses inconnues ou incertaines, les risques d’attentats nous effraient tous, car on ne sait jamais s’ils vont se répéter, où et quand ils vont avoir lieu.

© "Medusa" de Caravaggio (1595-1598) via Wikimedia Commons (domaine public)
Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu’on a peur ?

La peur est une émotion très profonde et très ancienne, qui nous avertit d’un danger imminent et préserve notre survie. Elle est ressentie en premier lieu par nos amygdales, qui décodent nos émotions, surtout s’il s’agit d’une menace pour notre organisme. Elles sont situées près de l’hippocampe, dans la partie frontale du cerveau et nous permettent de réagir quasi instantanément à la présence d’un danger.

Tout commence avec nos sens (vue, ouïe, odorat…) qui nous informent de quelque chose d’inquiétant (vue d’un homme armé, bruit d’une explosion, odeur de gaz, etc.). Comme tous les messages sensoriels, cette information passe dans le thalamus puis est transmise au cortex sensoriel, qui l’examine et juge de sa pertinence. Si l’information est jugée menaçante, elle est renvoyée à l’amygdale qui produit une réponse émotionnelle : une expression du visage, un cri, un geste de protection… Sans oublier les réactions physiologiques : respiration coupée, rythme cardiaque accéléré, tremblements…

Les différentes parties du cerveau

Face à un danger, une autre partie du cerveau, le cortex préfrontal cherche une solution : il étudie la situation, évalue le risque et décide de l’action à entreprendre. Les chercheurs ont découvert récemment que dans le cas de la peur, le message reçu par le thalamus est transféré directement à l’amygdale, sans passer par le cortex. Ce circuit plus direct nous permet d’agir plus vite et d’accélérer la protection à mettre en œuvre.

Irrationnelles ou légitimes, comment surmonter nos peurs ?

La peur est donc un sentiment normal au service de notre instinct de vie. Il ne faut pas en avoir honte car elle est naturelle et légitime. Elle peut néanmoins devenir excessive, se transformer en sentiment  irrationnel qui nous paralyse ou nous fait dire ou faire des choses absurdes et contraires à la raison. Une peur qui n’est pas apaisée peut se transformer en phobie et devenir chronique. Certaines personnes, incapables de contrôler leur peur - des serpents, des araignées, des ascenseurs, des avions, de la foule, etc. - peuvent alors agir de manière incohérente ou dangereuse.

On surmonte la peur par la parole, le jugement critique, l’analyse, la pensée, la réflexion, et par l’action. Il faut réussir à trouver un équilibre entre l’écoute de nos émotions et leur analyse pour les comprendre, afin qu’elles ne contrôlent pas nos vies.  La peur nait souvent de la méfiance de certaines choses ou de personnes. Retrouver la confiance permet alors de s’en dégager et de se sentir mieux.

"Fear" (la peur) © stuant

Cette confiance s’acquiert par l’écoute et l'analyse de nos émotions : se demander si l’on agit par peur ou par désir peut nous aider à ne pas être esclave de celles-ci. La confiance, c’est aussi l’affaire de la société et des autorités dont le rôle est d’assurer notre protection. Face à la peur des attentats, les valeurs de solidarité, de partage, d’union sont une aide importante pour se rassurer. Il faut bannir les discours de haine et de vengeance qui ne font qu’activer les conflits  et génèrent toujours plus de la violence.

Tu l’auras compris, cette peur que tu peux ressentir est normale, légitime et même utile à ta sauvegarde. Mais si tu sens qu’elle prend trop d’importance et t’empêche de vivre sereinement, ne reste pas seul avec cette blessure. Pour l’apprivoiser et t’en libérer, parles-en avec tes proches et exprime l’angoisse que tu ressens.

Pour aller plus loin…

Un article du Radis vert, rédigé à partir des sources suivantes :

Franceinter.fr ; lecerveau.mcgill.ca ; psycho-ressources.com ; douglas.qc.ca ; scienceetavenir.fr

 

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