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Entre délice et poison : le sucre

Juin 2015

Il y a quelques siècles, le sucre était considéré comme un médicament aux nombreuses vertus. Il est aujourd’hui pointé du doigt comme un danger pour la santé et fait parfois l’objet d’une diabolisation à l’instar du sel et des graisses. Des scientifiques prétendent même qu’une consommation excessive de sucre est aussi dangereuse que l’alcool et le tabac et aussi addictive que la cocaïne. Alors, que penser des effets du sucre sur notre santé ?

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Une consommation en forte hausse qui inquiète

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considère que le sucre ne doit pas dépasser 10% de la ration calorique quotidienne, c’est-à-dire 45 g pour une femme et 50 g pour un homme. Certains scientifiques optent même pour des chiffres bien inférieurs.

La consommation accrue du sucre date des années 1960 avec la généralisation des aliments industriels dans lesquels celui-ci est présent presque partout. C’est aussi à cette époque que le marché  des boissons sucrées prend son essor. En France, la consommation de sucre annuelle par habitant est passée de 26 kg en 1953, à 40 kg en 1974.

Depuis, elle n’a cessé d’augmenter, surtout avec la progression de boissons sucrées très prisées des enfants : 85% des enfants vivant en France boivent au moins une boisson sucrée par jour et 20% en consomment au moins quatre par jour.

Face à l’épidémie de diabète et d’obésité censée augmenter considérablement dans les dix prochaines années, les autorités de santé publique estiment que cette consommation de sucre est excessive et dangereuse pour la santé.

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Mais d’abord, de quels sucres parle-t-on ?

Pour le commun des mortels, le sucre, c’est d’abord une saveur qui déclenche du plaisir et l’on sait que le plaisir est vital ! Pour les diététiciens, il existe plusieurs formes de sucres (ou glucides), dont certains n’ont pas de saveur sucrée.

On confond souvent le sucre et les sucres qui sont les glucides. Les glucides sont contenus dans l’amidon présent dans les céréales, les légumes secs, les fécules (pomme de terre, manioc, patate douce). Pourtant, le sucre de table et les glucides ne se transforment pas de la même manière et n’apportent pas la même énergie. D’autre part, les glucides contenus dans l’amidon n’ont pas de saveur sucrée.

Le glucose (synthétisé pendant la digestion à partir des glucides) est indispensable à l’organisme et à l’effort intellectuel : il est considéré comme l’aliment de l’effort qui fournit de l’énergie. Les principales sources de glucose dont le corps a besoin pour l’effort ne sont pas les sucres sucrants, mais ceux présents dans l’amidon.

Pourtant, si le glucose est essentiel au fonctionnement de l’organisme, il est toxique pour les cellules. Nous avons donc un système de régulation géré par l’insuline pour que le taux de glucose soit constant dans le sang. Sur les 5 litres de sang que contient notre corps, on a environ un gramme de glucose par litre. Cinq grammes, c’est l’équivalent d’un morceau de sucre. Le reste du sucre est stocké dans le foie et un peu dans les muscles.

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Les sucres utilisés dans l’industrie alimentaire

Si aucun aliment n’est à proscrire, l’homme étant omnivore et devant avoir une alimentation diversifiée, les boissons sucrées demeurent néanmoins un vrai problème car elles s’ajoutent à ce qu’on mange : elles sont superflues et n’apportent rien à l’organisme, sinon augmenter une consommation de sucre et une consommation calorique.

Sur les étiquettes de produits industriels, le sucre se cache sous de nombreuses formes comme dextrose, saccharose, sucre averti, glucose, fructose… Le sucre le plus incriminé par les études scientifiques est le fructose. Pas celui contenu naturellement dans les fruits, mais celui sous forme de sirop de maïs très utilisé dans l’industrie des confiseries et pâtisseries.

Par ailleurs, l’industrie utilise des édulcorants artificiels dans la fabrication de produits dits « light », comme l’aspartame ou le glutamate, qui ont un très fort pouvoir sucrant. Ces édulcorants sont accusés par certains chercheurs de détruire les cellules nerveuses chez l’animal et de provoquer des tumeurs au cerveau.

Les édulcorants n’ont aucun intérêt pour la santé mais les industriels font pression sur les organismes de santé publique pour que ces produits ne soient pas interdits, d’autant plus que les gens s’autorisent à en consommer davantage en pensant qu’il s’agit de produits plus légers.

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Alors, sucre ou pas sucre ?

L’homme étant omnivore, il est très difficile de dire quel aliment est responsable d’une pathologie et d’isoler l’effet d’un aliment sur la santé. La plupart des études s’accordent cependant sur certains facteurs de risques liés à une forte consommation de sucre. Parmi ces risques, on trouve surtout des problèmes de surpoids, de diabète, de maladie de cœur, de risque d’accident vasculaire cérébral (AVC).

De l’autre côté, les lobbies industriels assurent que le sucre n’est pas responsable de l’obésité et refusent les attaques contre l’aspartame ou le glutamate. Leur intérêt étant de vendre leurs produits, ils ne peuvent que réfuter les facteurs de risque liés au sucre.

Face à ces discours contradictoires, il ne nous reste plus qu’à faire preuve de bon sens en modérant notre consommation de sucre. Sans nous priver de ce doux plaisir que de manger du chocolat, une glace, un gâteau, ou des bonbons de temps en temps, apprenons à tempérer notre consommation de sucre et évitons le plus possible les boissons sucrées. D’ailleurs, quand on a soif, rien n’est meilleur que l’eau fraiche, n’est-ce pas ?

Pour aller plus loin…

Un article rédigé par la Tomate bleue à partir des sources suivantes :

France inter ; extenso.org ; passeport santé ; lefigaro.fr ; lemonde.fr ; santé nature innovation

 

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