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Homo sapiens, pas si jeune qu’on le pensait !

Juin 2017

Nous pensions jusqu’alors qu’Homo sapiens était apparu il y a 200 000 ans en Afrique de l’Est, mais la découverte de fossiles humains un site archéologique au Maroc, remet en cause les origines de notre espèce. En effet, ces fossiles ont d’une part été trouvés au nord-ouest de l’Afrique, d’autre part, leur âge a été daté à environ 300 000 ans.

Fouilles archéologiques sur le site de Jebel Irhoud (Maroc) © Shannon McPherron, MPI EVA Leipzig, License: CC-BY-SA 2.0
Les plus vieux fossiles de notre espèce

L’histoire de cette découverte commence en 2004 avec une coopération scientifique internationale menée sous la direction du paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin sur le site de Jebel Irhoud. C’est sur ce site déjà célèbre pour des fossiles humains déterrés par des miniers en 1961, que cette équipe de chercheurs a exhumé pendant plusieurs années des ossements humains permettant de reconstituer les squelettes de trois adultes, un adolescent et un enfant de 7 à 8 ans.

Autour de ces fossiles humains, les archéologues ont détecté des restes d’animaux chassés (probablement des gazelles) et trouvé de nombreux outils fabriqués avec du silex, notamment des bifaces semblables à ceux déjà découverts dans d’autres régions d’Afrique. Il y a 300 000 ans, le Sahara, aujourd’hui désertique, était une vaste savane qui abritait une multitude d’animaux (gazelles, gnous, antilopes) constituant alors une belle réserve de chasse.

Des techniques de datation très sophistiquées
Silex retrouvés sur le site © Mohammed Kamal, MPI EVA Leipzig, License: CC-BY-SA 2.0

Si les résultats de ces découvertes viennent seulement d’être communiqués, c’est parce qu’il a fallu beaucoup de temps pour reconstituer les squelettes, et beaucoup de temps pour les dater avec précision. Les méthodes très sophistiquées et complexes que les scientifiques ont utilisées (thermoluminescence sur des silex brûlés et et résonance de spin électronique)  ont daté les fossiles à 315 000 ans.

Cette découverte remet en cause les origines de notre propre espèce, l’Homo sapiens puisqu'on pensait jusqu’alors qu’Homo sapiens était apparu en Afrique de l’Est, il y a environ 200 000 ans et l’on découvre maintenant ces fossiles situés au nord-ouest du continent africain et datant de 300 000 ans.

Des crânes quelque peu différents des nôtres

L’examen des crânes fait cependant apparaître des différences avec l’homme d’aujourd’hui : si le fossile possède une denture et une face d’allure moderne, sa boite crânienne est plus allongée et plus basse que celle de l’homme contemporain, signifiant moins de place pour loger le cerveau et en particulier, un cervelet plus petit.

Cette partie du cerveau, qui  joue un rôle important dans le contrôle moteur et dans certaines facultés cognitives comme le langage, fait dire aux chercheurs que ces Homo sapiens étaient au tout début de la lignée qui a conduit à l’homme moderne. Depuis 300 000 ans, des mutations ont modifié la boîte crânienne et le cerveau a pu se développer et acquérir de nouvelles fonctions.

Fossile trouvé sur le site de Jebel Irhoud © Philipp Gunz, MPI EVA Leipzig, License: CC-BY-SA 2.0
Alors, Homo sapiens est-il marocain ?

Bien que les plus vieux ossements d’Homo sapiens aient été découverts au Maroc et non pas en Afrique de l’Est, cela ne prouve pas que le berceau de notre espèce se trouve au nord-ouest de l’Afrique. Il existe en effet trop de ressemblance entre les silex de Djebel Irhoud et les outils vieux de 500 000 ans trouvés en Afrique du Sud.

Les chercheurs pensent désormais qu’il y a 300 000 ans, Homo sapiens était déjà présent sur tout le continent africain : nos ancêtres se seraient dispersés sans avoir été stoppés par la frontière actuelle du Sahara. Ils en déduisent que c’est l’ensemble du continent qui a joué un rôle dans l’émergence de notre espèce, avec des mutations génétiques très favorables à son développement, avant qu’elle ne migre en Asie, il y a plus de 100 000 ans, puis en Europe.

Pour aller plus loin…

Un article du Radis vert, rédigé à partir des sources suivantes :

Institut Max Planck ; Lemonde.fr ; Pourlascience.fr ; Letemps.ch ; Franceculture.fr ; Wikipédia.org

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