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Inondations : qui l’eût cru(e) ?

Juin 2016

Ouf ! Si Paris et sa région ont échappé à la fameuse crue centennale si redoutée, des crues importantes, voire exceptionnelles selon Vigicrues ont été observées fin mai / début juin sur plusieurs cours d’eau des bassins de la Seine et du Cher, causant quatre morts, une vingtaine de blessés et des dégâts considérables.

Moret-sur-Loing © S. Bordier / Le Parisien
Qu’est-ce qui provoque une crue ?

Une crue est une augmentation du niveau d’un cours d’eau, qui se traduit par une élévation de la hauteur d’eau et un accroissement du débit (le débit est la quantité d’eau qui s’écoule en une seconde en un point donné). En s’élevant, l’eau sort de son lit, déborde et provoque des inondations plus ou moins éloignées des rives.

Les crues sont donc des phénomènes naturels très courants qui peuvent être dus :

  • à de très fortes pluies ou des pluies qui durent longtemps sur un même bassin versant* et convergent toutes par ruissellement dans un cours d’eau ;
  • à la fonte des neiges, lorsqu’au printemps, la neige se transforme en eau et vient alimenter les cours d’eau ;
  • plus rarement, lorsque l’humidité des sols et l’élévation du niveau des nappes phréatiques (après des années de cumul pluvieux) sont telles, que l’eau déborde et vient gonfler les cours d’eau.

On les différencie également selon leur vitesse, la taille du bassin versant et l’encaissement des cours d’eau. Il y a donc :

  • des crues soudaines, provoquées en très peu d’heures par des pluies torrentielles, qui se produisent sur des petits bassins versants avec une forte pente : ces crues sont fréquentes dans les régions montagneuses ;
  • des crues rapides, lorsque de fortes précipitations se produisent sur des bassins versants de taille moyenne, provoquant une montée de l’eau en moins de 12 heures ;
  • des crues lentes, lorsque l’eau monte sur une durée supérieure à 12 heures et concerne de grands bassins versants : c’est le cas des crues qui se sont produites récemment sur le bassin de la Seine moyenne – Yonne –Loing.
Carte topographique du bassin de la Seine © Wikipédia

*Un bassin versant est une portion de territoire où l’ensemble des eaux s’écoulent vers un même point : rivière, fleuve, lac ou mer. Il est délimité de façon naturelle par les lignes de crête (c’est-à-dire le sommet des montagnes) qui font que l’eau s’écoule sur un des deux versants, et dans une moindre mesure, par la géologie lorsqu’un sol imperméable dirige l’eau sur un autre bassin.

Peut-on prévoir une crue ?

La prévision d’une crue n’est pas chose facile car elle dépend de plusieurs facteurs :

  • le niveau de l’eau du cours d’eau ;
  • la quantité de pluie sur un même bassin versant ;
  • la rapidité de la montée des eaux ;
  • l’inclinaison de la pente ;
  • l’humidité et l’imperméabilisation des sols ;
  • le niveau des nappes phréatiques.

En France, les centres du Service de prévision des crues (SPC) sont répartis sur tout le territoire et ont pour tâche la surveillance, la mesure des hauteurs d’eau et la prise en compte et de tous les facteurs qui influent sur un risque de crue. Le calcul de tous ces paramètres permet d’effectuer des modélisations pour établir les cartes de vigilance Vigicrues qui informent chaque jour des risques de crue, tout comme les cartes de Météo-France pour les dangers météorologiques. Mais certains phénomènes, comme les  crues soudaines, sont difficilement prévisibles.

Carte Vigicrues du 1er juin 2016 © Météo-France
Peut-on se prémunir contre les crues ?

Des aménagements existent pour limiter l’ampleur des crues. Il s’agit notamment :

  • des canaux de dérivation, dont le but est de réduire le débit de crue sur un cours d’eau :on creuse un canal pour que l’excédent d’eau s’écoule vers un étang de barrage et n’inonde pas une zone urbanisée.


C’est grâce à de tels aménagements que la crue de la rivière Essonne qui devait atteindre son pic le 5 juin à hauteur de Corbeil, ville fortement peuplée et déjà touchée par la crue de la Seine quelques jours auparavant, a pu être évitée : l’ouvrage hydraulique d’Echarcon a déversé des centaines de milliers de mètres cubes d’eau dans les marais pour préserver les villes situées en aval.

  • des bassins de rétention, qui stockent les eaux de pluie, surtout lorsque les sols sont imperméables, ce qui est le cas en milieu urbain. Le raccordement de ces bassins au réseau d’eau public permet ainsi de mieux gérer les quantités, les trop-pleins  et les besoins en eau dans le milieu.
Bassin de rétention © Eurovia étanchéité
Se préparer à une crue centennale

La dernière crue centennale (c'est-à-dire qui a une chance sur 100 de se produire chaque année) de la Seine date de janvier 1910. Le 28 janvier de cette année, on mesura  une hauteur de crue de 8,62 mètres au pont d’Austerlitz à Paris (contre 6,10 m le 3 juin 2016). Cette crue centennale de 1910, dont la montée des eaux se fit en une dizaine de jours, inonda plusieurs quartiers de la capitale et de nombreuses villes situées le long du fleuve. La décrue  dura environ 35 jours.

À Paris, des centaines de rues, des milliers de caves et d’immeubles, ainsi que la moitié du réseau métropolitain se retrouvèrent sous l’eau. La situation de certaines villes de banlieue comme Ivry, Gennevilliers, Asnières… fut pire encore, car outre les rues et habitations submergées, les cultures ravagées, les usines d’incinération, situées en bordure du fleuve, déversèrent des tonnes de déchets dans la Seine.

Paris inondé en 1910 © Wikipédia

Afin de prévenir un tel phénomène, l’Institut d’aménagement urbain de la région Île-de-France tente d’imaginer un tel scénario et met en place des exercices de terrain. Il faut dire qu’avec une population bien plus nombreuse qu’à l’époque (12 millions d’habitants vivent aujourd’hui en Île-de-France contre 4 millions en 1910) et des modes de vie bien différents, une telle crue serait bien plus grave aujourd’hui : il faudrait en effet vivre pendant plusieurs semaines sans électricité ni gaz, sans eau potable, sans transports  et sans réseaux de communication.

Bref, un vrai retour vers le passé qui aurait des conséquences effroyables et que personne aujourd’hui ne souhaite re-vivre !

Pour aller plus loin…

Un article du Radis vert, rédigé à partir des sources suivantes :

Vigicrues ; liberation.fr ; francetvinfo.fr ; lemonde.fr ; wikipedia.org ; lechronoscaphe.com ; notre-planete.info ; prefecturedepolice.interieur.gouv 

 

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