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Océans de plastique

Partie à la recherche d’un continent de plastique dans l’océan Atlantique Nord, l’expédition « 7e continent » s’est terminée début juin après un mois de voyage. Cette expédition française s’était déjà rendue  dans le Pacifique Nord en mai 2013 et avait permis d’informer sur l’importance de cette pollution.

© sablin-fotolia.com

Au cours des deux expéditions, les scientifiques ont observé des quantités gigantesques de déchets flottants et des millions de microparticules de plastique. Ils ont aussi réalisé des prélèvements pour les analyser. Lors d’une interview accordée sur Europe 1, l’un des explorateurs a raconté qu’après avoir plongé  son bras dans l’eau, il a dû utiliser des pinces à épiler pour retirer tous les débris de plastique qui s’étaient incrustés dans sa peau !

Une soupe de plastique découverte en 1997

Invisibles depuis l’espace, ces amas de plastique ont été découverts dans le Pacifique Nord en 1997 par le navigateur Charles Moore dont l’embarcation a traversé cette soupe de plastique pendant des jours et des jours. Rentré de son périple, il alerte la communauté scientifique, décide de mesurer l’ampleur de cette pollution et de faire campagne pour la freiner.

Les expéditions menées à la suite de cette triste découverte révèlent qu’aucun océan n’est épargné : d’immenses plaques de déchets flottent sur tous les océans, y compris – dans une moindre mesure - en Méditerranée. La plus grande concentration de déchets se trouve dans le Pacifique Nord- Est et représente près de six fois la superficie de la France !

Des millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans les océans

Bien qu’appelés  continents, il ne s’agit pas de sols en plastique sur lesquels on peut marcher, mais d’une pollution plus sournoise, composée de micro-déchets, qui ne se voit pas forcément à l’œil nu. Pourtant, les prélèvements effectués grâce aux filets à plancton et aux capteurs de polluants se sont révélés impressionnants par la quantité de ces particules de plastique pouvant atteindre plus de 10 mètres d’épaisseur  par endroits. Les échantillons ramenés en laboratoire permettent d’étudier la densité des types de plastique et leurs effets nocifs sur la faune marine.

Les 5 principaux gyres océaniques. Image extraite du film "Cap vers le 7e continent", Universcience

Ces déchets, jetés directement dans les océans par les bateaux ou charriés depuis la terre par les rivières, sont amenés dans ces zones par les courants marins, puis se retrouvent aspirés et piégés par les cinq principaux gyres océaniques (gigantesques tourbillons formés par les courants marins et la force de Coriolis due à la rotation de la Terre) où ils s’accumulent et grossissent chaque année. Il faut en effet des centaines d’années avant que le plastique ne se dégrade complètement. Or, chaque année, nous produisons des millions de tonnes de plastique, dont plus de 6 millions finissent dans les océans.

© irochka-fotolia.com
En quoi cette soupe de plastique est-elle dangereuse ?

D’une part, de nombreuses tortues de mer s’étouffent avec des sacs plastiques qu’elles prennent pour des méduses. D’autre part, les oiseaux et les mammifères avalent des morceaux en décomposition, ce qui bloque leur système digestif et cause des suffocations  et des empoisonnements.

Et puis, les tout petits poissons du bas de la chaîne alimentaire qui se nourrissent de plancton confondent celui-ci avec les minuscules morceaux de plastique. Et lorsque nous mangeons des poissons plus gros qui ont consommé ces petits poissons, des microparticules de plastique se retrouvent dans nos assiettes ! Ce qui même à faible dose s’avère nocif pour notre santé, car celles-ci libèrent des substances cancérigènes.

Araignée d’eau Halobates sericeus

Par ailleurs, cette soupe de plastique flottant attire certaines espèces qui deviennent envahissantes. C’est le cas de la fameuse araignée d’eau Halobates sericeus qui prolifère sur ces déchets où elle trouve à la fois du plancton en abondance et un terrain solide pour y pondre ses œufs. Et comme cette araignée attire à son tour certaines espèces de crabes, de poissons et d’oiseaux qui s’en régalent, les scientifiques s’inquiètent d’un déséquilibre possible de l’écosystème océanique, qui pourrait faire disparaître certaines espèces.

Peut-on lutter contre cette pollution ?

Compte-tenu de l’immensité des océans et du fait que ces zones très polluées se trouvent en haute mer, sans appartenance à un ou plusieurs pays, les États se renvoient la responsabilité et personne ne veut prendre en charge l’énorme coût de ce nettoyage.

Cependant, certaines idées géniales peuvent apporter des solutions ! Le très jeune ingénieur Boyan Slat a récemment imaginé un système qui utilise les courants marins pour concentrer les déchets dans une sorte d’entonnoir géant.Il doit maintenant trouver des fonds pour financer son projet.

En attendant de trouver une solution, nous pouvons tous agir en diminuant notre consommation d’emballages plastiques et de produits jetables !

Pour aller plus loin...

Un article de la Tomate bleue, rédigé à partir des sources suivantes :

Septième continent ; Le continent poubelle (AFP) ; Notre-planète.info ; Le Monde.fr ; Natura-sciences.com ; Arte

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