Ressources

Juniors

Jeux, manips et actu... pour les 9-14 ans

L'actu des juniors

Pollution de l’air : recul ou progression ?

Février 2017

Fin janvier, la France métropolitaine a subi un important pic de pollution atmosphérique aux particules. Cet épisode a touché de nombreuses régions (y compris des régions rurales) et a duré plus d’une semaine, entraînant des mesures comme la mise en place d'une circulation alternée. Ces pics de pollution sont-ils plus nombreux aujourd’hui ?  À quoi sont-ils dus ? Pouvons-nous nous protéger de cette pollution et que faut-il faire pour la réduire ?

©Guillaume Duris / Fotolia.com
C’est quoi un air pollué ?

L’air que nous respirons est un mélange de nombreux gaz mais ses deux principaux constituants sont l’azote (78%) et l’oxygène (21%). D’autres gaz  - argon, néon, hélium, ozone, dioxyde de carbone…) sont aussi présents dans l’atmosphère, mais représentent moins de 1%. Quand l’air est perturbé par la présence de composés chimiques, sous la forme de gaz ou de particules, on parle de pollution atmosphérique.

Ces polluants sont très nombreux et peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé humaine et l’environnement. Ils sont parfois d’origine naturelle : émissions par la végétation, les volcans, l’érosion des sols ou les océans mais proviennent surtout de nos activités : transports, chauffage, agriculture, industrie.

La liste des polluants est longue ! Parmi les principaux, citons :

  • l’ozone, un gaz émis par les activités humaines et la végétation se concentre surtout l’été, lorsque l’ensoleillement est important et qu’il n’y a pas de vent ;
  • les oxydes d’azote, émis essentiellement par les transports routiers, l’industrie et l’agriculture ;
  • des particules solides ou liquides, de tailles diverses, émises par le chauffage, l’industrie, les carrières, les transports, les labours, les feux de forêt ou les pollens ;
  • les composés organiques, produits par l’évaporation de peintures et solvants de nos maisons, de l’industrie ou par les feuilles des arbres sous l’effet du rayonnement solaire ;
  • le dioxyde de soufre, émis par l’industrie du raffinage et la chimie ;
  • le monoxyde de carbone, qui provient surtout des combustions du gaz, du charbon, du fioul et du bois ;
  • les métaux lourds comme le plomb, le mercure, l’arsenic, le cadmium, le nickel, produits par la métallurgie, la chimie, le chauffage, le trafic routier ;
  • l’ammoniac, issu des activités agricoles : élevage, épandage de fertilisants.
Smog à Tianjin (Chine) en 2014 © Rich Luhr by Flickr
Cette pollution n’est pas nouvelle

La pollution de l’air existe en effet depuis que les hommes ont une action sur la nature, comme l’exploitation des mines et des carrières ou l’agriculture sur brûlis pour défricher les champs. C’est au milieu du 18e siècle, début de la Révolution industrielle, qu’elle a pris une importance massive avec l’essor des usines et du charbon. Elle est alors devenue visible, notamment avec le phénomène de smog, une brume épaisse et brunâtre provenant d’un mélange d’ozone et de particules fines, qui réduit la visibilité et nuit à la santé et à l’environnement.

En décembre 1952, la ville de Londres fut touchée par une très forte pollution atmosphérique - « The big smoke » - provoquée par les fumées industrielles, les logements chauffés au charbon, et favorisée par le froid et l’absence de vent. Cet épisode, qui provoqua la mort de 4 000 personnes, déclencha une prise de conscience sur les dangers réels de l’air pollué.

Depuis une vingtaine d’années, les pays les plus riches mènent des actions pour réduire les sources de pollution en remplaçant le charbon par d’autres combustibles moins polluants, en réglementant les rejets industriels, automobiles, chimiques, agricoles, en se dotant d’outils de mesure et en informant la population. Si l’on note une baisse non négligeable de certaines substances chimiques en Europe, la qualité de l’air de certaines régions et grandes villes reste pourtant insatisfaisante.

En revanche, la pollution de l’air ne cesse de s’accroître dans les pays les plus pauvres et ceux en développement.  Le niveau de particules fines en milieu urbain à l'échelle de la planète a progressé de 8 % au cours des cinq dernières années. La carte interactive de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)  nous montre que les régions les plus polluées se situent en Afrique, au Proche et Moyen-Orient et en Asie. Les villes les plus polluées se trouvent au Pakistan (Peshawar et Rawalpindi) et au Nigeria (Kaduna et Onitsha), avec des niveaux dépassant 500 microgrammes par mètre cube. Par comparaison, le niveau est de 28 microgrammes par mètre cube à Paris.

Carte mondiale du niveau de pollution de l’air : du vert (niveau faible) à rouge foncé (niveau très fort) en passant par le jaune et le orange © OMS
Plus d’information, de réglementation et de prévention

On sait aujourd’hui que l’exposition à des substances chimiques, même faibles, peut provoquer des troubles respiratoires, de l’asthme, des maladies cardio-vasculaires et cause chaque année la mort de 48 000 personnes en France. Cette pollution de l’air a aussi des effets nuisibles sur la nature : les pluies acides qui se forment sous l’effet des oxydes d’azote et du dioxyde de soufre dégradent les écosystèmes et les cultures. Elle influe aussi sur le changement climatique (car les gaz à effet de serre s’additionnent aux polluants atmosphériques), et détériore les biens matériels, notamment les bâtiments qui s’encrassent beaucoup plus vite.

Avec le concours de l’OMS, les États agissent pour surveiller les seuils de pollution, informer les populations, fixer des  valeurs limites, légiférer en vue de réduire les émissions polluantes et sanctionner les contrevenants. Parmi les mesures prises pour réduire la pollution, nous trouvons :

  • les normes plus strictes qui imposent aux constructeurs d’automobiles d’équiper les véhicules de pots catalytiques plus perfectionnés ;
  • la vitesse de circulation réduite et la circulation alternée lors des pics de pollution ;
  • la mise en place de vélos et voitures électriques en libre-service, et l’aménagement de pistes cyclables dans les villes ;
  • la réduction des valeurs maximales d’émission dans l’industrie et la mise en place de taxes sur les activités polluantes ;
  • l’abandon de certaines pratiques agricoles comme le brûlage des déchets à l’air libre ou l’obligation de couvrir les fosses à lisier ;
  • le développement de chauffages moins polluants dans les bâtiments neufs et l’aide accordée aux propriétaires pour remplacer des appareils de chauffage anciens par des appareils utilisant des énergies renouvelables...
©Jean-Louis Zimmermann by Flickr
Que pouvons-nous faire pour préserver la qualité de l’air et nous préserver de la pollution ?

En nous y mettant tous, nous pouvons améliorer la qualité de l’air. Cela passe par des changements de comportement, notamment sur nos modes de déplacement : limiter l’usage de la voiture, opter pour les transports en commun, le covoiturage, le vélo, la voiture électrique.

L’arrêt du brûlage des végétaux constitue également un moyen de réduire la pollution: cette méthode, très polluante en particules, peut être remplacée par la mise en place de compost, qui en plus de ne pas polluer, améliore la fertilité du sol. Cela passe aussi par des changements de technologie, notamment par le remplacement de véhicules anciens très polluants, et le remplacement des chaudières ou des poêles à bois.

Lorsque des pics de pollution ont lieu, il faut penser à se protéger : tout d’abord en limitant les activités physiques et sportives car celles-ci deviennent très nocives pour nos poumons ; en évitant les déplacements sur les grands axes routiers et en aérant chaque jour son logement pour évacuer la concentration de l’air pollué à l’intérieur des bâtiments.

Pour aller plus loin…

Un article du Radis vert, rédigé à partir des sources suivantes :

Prevair.org ; airparif ; developpement-durable.gouv ; sciences et avenir ; OMS ; Lemonde.fr 

 

 

Retour en haut