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Une campagne choc contre la prostitution des enfants

Novembre 2014

Trois clips vidéo contre la prostitution des enfants vont bientôt être diffusés sur des chaînes de télévision et sur internet. Lancée par l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), cette campagne de prévention qui aborde un sujet tabou risque de heurter bien des gens et de faire couler beaucoup d’encre...

© courtyardpix – Fotolia.com
T’informer pour te protéger

D’après l’ACPE, de 5 000 à 8 000 mineurs seraient prostitués en France, et ce phénomène existerait  aussi en milieu scolaire. Bien que le sujet soit difficile à aborder, l’association jette un pavé dans la mare en osant parler de ces abus sexuels (attouchements ou relations sexuelles) dont les enfants sont victimes, et qui parfois sont commis par des mineurs proxénètes (c’est-à-dire par des jeunes, qui par la violence ou le chantage, obligent d’autres jeunes à se prostituer).

Quand on pense à la prostitution, les premières images qui nous arrivent sont souvent celles de femmes à moitié dévêtues, très fardées qui « font le trottoir ». Pourtant, la prostitution peut prendre des formes moins visibles, mais tout aussi violentes. Par exemple, si quelqu’un te propose de l’embrasser ou de toucher une partie intime de ton corps en l’échange d’argent ou d’un cadeau, c’est déjà une conduite qui s’apparente à de la prostitution, et cela est très grave car cette violence que tu ne vas peut-être pas percevoir sur le coup, peut avoir des conséquences destructrices dans ta vie future.

Campagne de prévention contre la prostitution des enfants © ACPE
Ton corps, c’est ton corps !

Il y a différentes manières de toucher le corps d’un(e) autre : on peut lui prendre la main, lui taper dans le dos, l’attraper par l’épaule, le serrer dans ses bras, le chatouiller… Quand notre corps se fait toucher, il nous dit ce qu’il ressent : on peut trouver que c’est agréable ou bien ressentir du déplaisir et avoir envie que ça cesse. Il est alors très important de savoir dire « non », d’exprimer haut et fort ce qu’on ressent et de dire à l’autre qu’il - ou elle - doit s’arrêter.

Ton corps t’appartient et quiconque voudrait le toucher alors que tu n’en as pas envie commettrait un acte condamnable. Tout ce qui a trait à ton corps doit se vivre dans le respect de ta personne. Il arrive souvent, que des jeunes victimes d’attouchements, ressentent de la honte ou se sentent coupables et n’osent pas en parler.

Pourtant, la personne qui subit une agression, qu’elle soit de nature sexuelle ou autre, n’a pas à ressentir de la honte ou de la culpabilité. En tant que victime, elle a le droit pour elle, et doit donc en parler et porter plainte. Parler d’une agression qu’on a subie, n’est pas toujours facile. Si l’on ne se sent pas prêt pour le dire à ses parents, il faut trouver la personne en qui l’on a confiance. Ce peut être une grande sœur, un grand frère, un(e) ami(e), un professeur, le CPE… Ce qui compte, c’est pouvoir se confier, dire ce qui est arrivé et ne pas garder pour soi un secret aussi lourd.

© plusphoto - Thinkstock
Ce que dit la loi et ce que tu peux faire

Les agressions sexuelles et le recours à la prostitution des mineurs  sont punis par la loi. Quand la victime est mineure, la personne qui a commis de tels délits risque une peine de dix ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

Il est très important de parler d’une agression ou d’un fait de prostitution dont on a été victime et de porter plainte contre l’agresseur. Se confier à quelqu’un peut prendre du temps, mais le faire soulage beaucoup et permet de ne pas s’enfermer dans une situation qui peut devenir traumatisante et abîmer l’image qu’on a de soi.

Si l’on n’arrive pas à le dire à ses proches, il existe des structures qui peuvent écouter et conseiller des jeunes victimes d’agression. Il est possible d’appeler et de poser des questions de manière gratuite et anonyme à Jeunes Violences Écoute en composant le 0808 807 700. Sur le site de l’Institut de victimologie, on trouve aussi une liste d’associations contre la maltraitance des enfants.

© Zep / Cité des sciences et de l’industrie
L’éducation sexuelle est essentielle pour te prémunir contre les violences sexuelles

Que ce soit à l’école ou en famille, l’éducation sexuelle reste un sujet délicat et tabou que les adultes peinent à aborder. Pourtant, au début de la puberté, il est tout à fait normal de t’intéresser aux changements de ton corps, d’être à la fois étonné et curieux de ces transformations, et peut-être aussi de ressentir une certaine angoisse, surtout si tu n’es pas informé et ne comprends pas ce qui t’arrive.

C’est pourquoi il est essentiel de poser des questions aux adultes qui te sont proches et en qui tu as confiance. Et dans le cas où la gêne est trop forte, tu peux toujours t’informer en trouvant des livres d’éducation sexuelle à la bibliothèque ou au CDI de ton collège. Il existe aussi des sites internet sur le sujet, mais selon les mots que tu vas taper dans un moteur de recherche, tu risques de te retrouver sur des sites pornographiques, qui présentent l’acte sexuel comme quelque chose de machinal, sans amour et sans respect de l’autre.

L’exposition Zizi sexuel présentée jusqu’au 2 août 2015 à la Cité des sciences et de l'industrie et conçue spécialement pour les 9-14 ans peut te fournir une multitude d’informations très sérieuses sur le ton de l’humour. Elle vaut vraiment la peine d’être visitée ! Et si tu es loin de Paris, tu peux toujours te connecter sur le site de l’expo et obtenir des ressources variées, réfléchies et drôles grâce à l’univers de Zep.

 Pour aller plus loin...

Un article rédigé par la Tomate bleue, à partir des sources suivantes :

France info ; Le Huffington Post ; ACPE ; Jeunes violences Écoute

 

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