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À l’approche de l’hiver, des musaraignes plus menues

Pour résister à l’hiver, la musaraigne a développé une drôle de stratégie basée sur le rétrécissement des organes.

La musaraigne a de telles exigences énergétiques qu'elle dépérit si elle ne s'alimente pas durant deux à trois heures seulement ! © Institut Max Planck d'ornithologie/J. Lazaro

De la taille d’une souris, la musaraigne est un petit mammifère reconnaissable à la longueur de son museau. Très présente en Europe, elle se nourrit principalement d’insectes et de vers de terre.

Entre juin 2014 et octobre 2015, des chercheurs de l’institut Max Planck d’ornithologie se sont intéressés à douze individus : des jeunes et des adultes vivant en liberté, qu’ils ont suivis au fil des saisons en leur faisant passer chaque mois un examen aux rayons X.

Un tiers en moins ! 

Au bout d’un an, ils ont obtenu la confirmation d’un phénomène étonnant. À l’approche de l’hiver, les musaraignes rapetissent : leur colonne vertébrale raccourcit et de nombreux organes rétrécissent. Même le crâne et le cerveau de l’animal diminuent de 20 % à 30 %. Au printemps, le processus s’inverse et l’animal retrouve, en été, le poids et le volume qu’il avait perdus.

Radiographies du crâne d'une musaraigne durant l'été (gauche), l'hiver (milieu) puis à l'été suivant (droite).© Institut Max Planck d'ornithologie/J. Lazaro

Comme les musaraignes ont un métabolisme élevé et qu’elles n’hibernent pas, il est probable que la diminution de leur taille les aide à traverser les périodes de pénurie alimentaire.

Surpris par l’ampleur du phénomène, les chercheurs prévoient d’étudier plus avant les changements structurels dans le cerveau, lorsque la tête des musaraignes rétrécit. Ils sont également curieux de savoir comment ce processus affecte les capacités cognitives des animaux.

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