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« Airbnb » pour les oiseaux migrateurs en Californie

Comment faciliter les longs trajets des oiseaux migrateurs ? En leur offrant des sites où se reposer, voire hiverner. C’est l’idée qu’a eue le Conservatoire californien des espaces naturels, pour le plus grand bonheur des canards et des oies.

Nuée d'oiseaux migrateurs observée dans le cadre du programme californien © The Cornell Lab of Ornithology / Conservatoire californien des espaces naturels 

Sur les 1450 espèces d’oiseaux migrateurs qui existent dans le monde, moins de 10 % peuvent réaliser leurs déplacements annuels en se rendant d’une zone protégée à une autre. Pour se reposer ou hiverner, les autres doivent se débrouiller avec ce qu’ils trouvent en chemin. Or dans certaines régions, les lieux appropriés se raréfient de plus en plus.

Ainsi, dans la vallée de Sacramento, en Californie, l’urbanisation et l’agriculture ont fait disparaître 90% de l’habitat naturel des oiseaux ! Une situation qu’a aggravée la récente sécheresse dans l’ouest des États-Unis, qui a réduit de 20% la surface des terres humides. Or en Californie hibernent chaque année 3 millions de canards et un million d’oies. 

Des haltes provisoires sur les routes migratoires

Le Conservatoire californien des espaces naturels a donc souhaité rétablir la continuité des routes migratoires. En collaboration avec des chercheurs américains et australiens, il a identifié, grâce à des données satellite, les coordonnées exactes des haltes manquantes sur les trajets de migration. Puis il a loué des terrains aux riziculteurs de la vallée de Sacramento, qu’il a transformés en zones humides, en constituant des plans d’eau de moins de dix centimètres de profondeur, les conditions idéales pour se reposer ou hiverner.

Figure A. Présence estimée d'oiseaux marins dans la vallée de Sacramento durant le mois de février : faible (en blanc) à forte (en noir). Figure B. Plans d'eau probables en février, selon les données satellite de la Nasa. Figure C. Valeur potentielle des sites comme habitats provisoires pour les oiseaux. Les valeurs les plus élevées, en bleu foncé, se situent là où les zones humides risquent de manquer sur la route migratoire de nombreux oiseaux. En bleu clair, les zones où le déficit en plans d'eau est moins inquiétant. En vert, les zones où le statu quo peut être maintenu au vu des ressources en eau et du nombre d'oiseaux attendu. © The Nature Conservancy / Cornell Lab of Ornithology / Science Advances

Et ça marche ! Les oiseaux ont en effet investi ces sites provisoires, comme le racontent les concepteurs du programme dans la revue Science Advances du 23 août 2017. Les promoteurs du projet en soulignent le coût modeste : il est moins cher de louer un champ durant quatre à huit semaines que d’entretenir un espace protégé permanent. C’est aussi un système plus souple, puisque selon les conditions climatiques de l’année, les terrains peuvent être loués à des endroits différents.

Dans cette vidéo (en anglais), le programme est présenté par ses promoteurs du Conservatoire californien et par les riziculteurs participants. © The Cornell Lab of Ornithology 

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