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Antarctique : le mystère du cratère enfin résolu

Depuis quelques années, un étonnant cratère situé en Antarctique intrigue les scientifiques. Pour la première fois, une équipe a pu se rendre sur place et apporter une explication sur son origine.

Le fameux « cratère » de deux kilomètres de diamètre observé par une équipe allemande en 2014.© International Global Foundation

En 2014, lors d’une mission menée dans l'est de l’Antarctique, des chercheurs allemands ont survolé une immense structure circulaire de deux kilomètres de diamètre inscrite dans la neige. Pour ces scientifiques, cette large étendue pourrait être un cratère de météorite. Il se trouve en effet que la chute d’un corps très important a été relevée dans la région en 2004. Problème : des photos satellite montrent que le cratère était déjà présent en 1989. En outre, pour produire un tel impact, la météorite aurait dû mesurer 100 mètres de diamètre et n'aurait donc pas pu passer inaperçue.

Le cratère cache en fait un lac à quelques mètres sous la glace.© Sanne Bosteels

Or, pour la première fois, une équipe néerlandaise a pu se rendre sur place et découvrir le fin mot de l’histoire. Ce soi-disant cratère cache en fait un lac d’eau liquide à seulement quelques mètres sous la glace. Et son origine n’a rien de météoritique.

Les chercheurs ont pu identifier plusieurs moulins, des puits conduisant l’eau en profondeur.© Stef Lhermitte / Sanne Bosteels

Comme le décrivent les chercheurs, ce lac provient d’un réchauffement de surface complètement inattendu. Durant l’été austral, les vents qu’on appelle « katabatiques » dévalent la pente. Le changement d’altitude, renforcé par le réchauffement climatique, fait s'élever leur température et fondre la glace. Lorsque le lac gèle en surface, de la glace bleue se forme, une glace plus sombre que la neige et donc plus sensible au rayonnement solaire. Le lac se maintient ainsi au fil des ans, mais se propage également en profondeur, fragilisant une barrière de glace déjà minée par des courants océaniques de plus en plus chauds.

Pour les chercheurs hollandais, cette découverte constitue un élément de plus mettant en évidence l’extrême fragilité du continent blanc face au changement climatique.

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