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Attentats : l’AP-HP à l’épreuve des attaques terroristes

Dans une lettre publiée dans la revue The Lancet, quinze professionnels de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) reviennent sur les moyens mobilisés la nuit du 13 au 14 novembre dernier pour faire face à l’afflux massif des blessés victimes des attentats survenus à Paris.

La lettre publiée dans le magazine The Lancet, signée par Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP et quatorze professionnels de santé, retrace la chronologie des évènements de la nuit du 13 novembre et les moyens mis en œuvre par l’AP-HP* pour y faire face. Cette lettre répond à un désir de partager cette expérience avec l’ensemble de la communauté médicale internationale  – The Lancet est une des principales revues dans le domaine – dans le cas probable où d’autres pays seraient amenés à vivre des événements de même nature.

Pour les auteurs, l’efficacité de la réponse française s’est notamment appuyée sur l’expérience acquise lors d’autres attaques - en Israël, en Espagne, aux États-Unis et en France contre Charlie Hebdo : « Les publications scientifiques issues de ces horribles évènements ont grandement amélioré les stratégies médicales. Mais aucune simulation n’avait anticipé une violence de cette ampleur ». D’où cette volonté de témoigner.

 

À gauche, la répartition des 45 équipes d’intervention d’urgence (Samu et pompiers) sur les sites des attentats. À droite, la répartition des 302 blessés dans les différents hôpitaux de la région parisienne.© AP-HP/The Lancet

Le récit entrecroise l’expérience vécue dans différents services. Celle des 45 équipes d’urgence dépêchées sur site et qui ont le matin même, ironie du sort, participé à un exercice de simulation d’attaques multiples à Paris. Celle des anesthésistes de la Pitié Salpêtrière qui dès l’activation du plan d’urgence** participent à la mise à disposition de dix blocs opératoires (au lieu des trois habituellement disponibles) et libèrent des espaces et des lits pour les soins post-opératoires. Les services avaient auparavant été formés à réagir à des attaques terroristes par les services médicaux du Raid. Enfin, celle d’un chirurgien de l’hôpital Lariboisière qui décrit les opérations conduites toute la nuit par les chirurgiens spécialistes de différents traumatismes : chirurgie abdominale, orthopédie, neurochirurgie, ORL.

Il ressort de ce récit l’engagement exceptionnel du personnel hospitalier et un timing favorable, le vendredi soir étant un moment particulièrement calme pour les hôpitaux.

Avec cette lettre, Martin Hirsch et ses cosignataires, répondent aux critiques dont l’AP-HP a été l’objet en France et dans le monde : complexité du circuit de décision, résistance au changement, rivalité interne... Selon les auteurs, c’est parce qu’il regroupe 40 hôpitaux de la région parisienne que ce mammouth à la française a pu faire face à la situation.

* L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris regroupe 40 hôpitaux de la région parisienne. Plus grande entité médicale en Europe, elle emploie 100 000 professionnels de santé, dispose de 200 blocs opératoires et de 22 000 lits.

** Appelé "plan blanc", ce plan déclenché à 22h34 le vendredi 13 novembre par Martin Hirsch implique la mise en alerte des hôpitaux, services d’urgence et de tout le dispositif de santé publique. Le "plan blanc" a été créé il y a vingt ans, mais c’est la première fois qu’il est activé.

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