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Archéologie & Paléontologie

Azilien : d’insolites pierres gravées découvertes en Bretagne

Près du Rocher de l’impératrice, à Plougastel en Bretagne, des archéologues français viennent de découvrir des pierres gravées de 14 000 ans apportant un éclairage nouveau sur la période azilienne.

Vue panoramique depuis le Rocher de l'impératrice© DR

Ce sont les plus anciens témoignages graphiques jamais découverts en Bretagne : des outils et des pierres gravées vieux de 14 000 ans. Ils ont été retrouvés près du Rocher de l’impératrice, abri rocheux qui domine la rade de Brest, au pied d’une falaise de dix mètres de hauteur. Il y a 14 000 ans, pendant l’ère glaciaire, la mer en était éloignée de plus de cinquante kilomètres. Quant à l’abri, qui surplombait une vallée très encaissée, il constituait un bon terrain de chasse, comme le prouvent les pointes de flèches et les outils retrouvés en grand nombre sur le site. 

Sur cette pierre longue de 30 centimètres, des chevaux sont gravés sur les deux faces : un cheval seul d'un côté, deux adultes et un poulain de l'autre. © Photo N. Naudinot, dessin D.Baffier

Outre ces outils, 45 pierres gravées ont été mises au jour par une équipe réunissant des chercheurs de plusieurs universités françaises (UMR, Toulouse II, UMPC…) et autres organismes de recherche (EVEHA, CReAAH…). Toutes portent des signes géométriques et certaines sont ornées de figures de grande qualité. Elles sont l’œuvre de chasseurs-cueilleurs de la culture dite de l’azilien qui, au paléolithique supérieur, s’est caractérisée par son industrie de microlithes, d’outils osseux et de galets décorés de formes géométriques à l’ocre rouge. Ces découvertes ont fait l’objet d’un article dans la revue Plos One en date du 3 mars 2017.

Sur cette pierre sont représentées deux têtes d’auroch, dont l’une entourée de rayons. Ce motif, unique en Europe, interroge l’histoire de l’art pariétal.© Photo N. Naudinot, dessin C. Bourdier

Contrairement à leurs prédécesseurs qui ont orné les parois des grottes Chauvet ou de Lascaux, les chasseurs-cueilleurs du Rocher de l’impératrice ont privilégié les figures géométriques et abstraites. Avec ces représentations graphiques mêlant souci du détail et formes géométriques, ils semblent se situer dans un entre-deux. Ce chaînon manquant de l’art pariétal est aussi le plus ancien témoignage artistique jamais découvert en Bretagne.

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