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Nature & Environnement

Biodiversité : la forêt française panse ses plaies

Déjà éprouvée par la tempête de 1999, la forêt française doit à présent se remettre de la canicule et des incendies record de l'été 2003.

Sécheresse et canicule

Un mélèze qui va mourir des suites de la sécheresse. La couleur rouge brun de ce mélèze traduit des aiguilles brûlées et sèches. © Nathalie Bréda / INRA

Pendant les deux premières semaines d’août 2003, la France a subi à la fois une sécheresse sans précédent et une vague de chaleur record : 37 °C en moyenne. La forêt française avait déjà connu des canicules (notamment celle d’août 1998) et de grandes sécheresses (comme celle de 1976), mais elle n’avait jamais souffert de ces deux maux en même temps sur une aussi longue période. Les arbres les plus jeunes, moins bien enracinés et plus fragiles, ont particulièrement souffert du manque d’eau et nombre d’entre eux risquent de périr. C’est le cas notamment de ceux plantés après la tempête de 1999.

Par ailleurs, selon l’Office National des Forêts, « certains vieux arbres risquent de mourir dans les mois qui viennent », victimes de dépérissement. Les essences les plus affectées sont celles pour lesquelles l’enracinement est le moins profond, comme certains résineux (sapins, épicéas) ou feuillus (bouleaux, peupliers) plantés sur des sols superficiels et secs (par exemple des plateaux calcaires).

Comment la sécheresse agit-elle sur les arbres ?

En réaction au manque d’eau, certains arbres stoppent leur croissance. Ils cessent d’accumuler les réserves d’amidon qui leur servent à se renforcer et à résister au froid hivernal. Quand la sécheresse est particulièrement forte, elle perturbe la circulation de la sève dans les vaisseaux du bois, provoquant un dessèchement et une chute de feuilles. La chaleur aggrave ce dessèchement, allant jusqu’à « griller » les feuilles sur l’arbre.

La canicule n’a pas eu que des mauvais côtés. La sécheresse de l’air et la chaleur ont freiné le développement de la rouille du peuplier, un champignon qui provoque la chute des feuilles. On a également noté une forte mortalité chez la processionnaire du pin, une chenille urticante dont la pullulation augmentait depuis quelques années.

Premier bilan au printemps

Des feuilles de hêtre victimes d'excès de rayonnement et de forte température. © Nathalie Bréda / INRA

Le premier bilan chiffré des dégâts de la canicule ne pourra être fait qu’au printemps 2004, lors de l’arrivée des bourgeons. D’ici-là, les arbres devront résister aux assauts des insectes, des maladies et du froid. Affaiblis, ils sont en effet moins résistants face à des ravageurs tels que les scolytes (des insectes qui s’attaquent aux résineux) et aux champignons porteurs de maladies.

Autre épreuve : l’hiver. Si les températures descendent trop bas, les arbres manquant de vigueur ne pourront pas résister au gel. Pour un bilan approfondi de l’état des arbres, il faudra attendre plusieurs années.

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