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Deux ans après AZF : quelles leçons ont été tirées ?

Le 21 septembre 2001, l’explosion du hangar 221 de l’usine AZF faisait trente morts et près de neuf mille blessés. Deux ans après le drame, les circonstances de l’explosion ne sont pas encore élucidées. Pour répondre aux inquiétudes des dix millions de riverains d’usines à risques en France, une loi sur la sécurité industrielle a été adoptée par le parlement fin juillet 2003.

Le point sur l’enquête

La démolition définitive des bâtiments restants de l'usine AZF devrait être finie à la fin de l'année Selon TotalFinaElf, le coût de la démolition de l'usine est estimé à 35 millions d'euros. La dépollution du site devrait commencer début 2004.Selon la préfecture, la disparition de l'usine ayant entraîné une modification du périmètre Seveso, des discussions sont en cours sur les projets qui pourraient investir une partie du site (telle une zone d'activités économiques). Une partie du terrain au bord de la Garonne, déclarée inondable, devrait être transformée en zone verte. © AFP

Selon l’enquête judiciaire, l’explosion est due à une erreur humaine de manipulation. Un ouvrier d’une entreprise sous-traitante aurait confondu un sac de 500 kg de produits chlorés (DCCNA) avec des granulés de nitrates et l’aurait déversé dans le hangar 221 sur le stock d’ammonitrates, un quart d’heure avant l’explosion. Le mélange se serait alors transformé en trichlorure d’azote, un gaz instable qui explose à température ambiante. Une hypothèse compatible avec le rapport d’étape rendu par un collège d’experts pour qui « une réaction chimique s’est propagée vers le tas d’ammonitrates », mais en apparente contradiction avec les résultats de la reconstitution effectuée sur les lieux (l’odeur du sac de produits chlorés semblait interdire toute erreur).

Selon TotalFinaElf, « la reconstitution des mouvements des produits intervenus dans les jours et les heures ayant précédé la catastrophe rend infondée l’hypothèse d’un mélange de DCCNA et de nitrates ». Le groupe envisage donc une autre hypothèse par le biais de sa propre commission d’enquête. Ce serait la formation d’un arc électrique entre deux transformateurs situés à l’extérieur de l’usine qui aurait provoqué l’explosion.

Une piste réfutée par la justice au vu des relevés EDF, mais que le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) qui mène aussi sa propre enquête, souhaite voir réexaminée. Par ailleurs, l’hypothèse d’un attentat terroriste, envisagée dans le contexte post-11 septembre, semble avoir été définitivement écartée.

La loi du 30 juillet 2003

Présenté par Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de l’Écologie, un projet de loi sur la sécurité industrielle a été adopté par le parlement. Il comprend plus de 80 articles et s’applique aux sites classés SEVESO II. Cette nouvelle loi sur la prévention des risques introduit la notion de catastrophe technologique constatée par l’autorité administrative, ce qui permettra aux assurés (ayant souscrit une police d’assurance dommage) d’être indemnisés dans les trois mois suivant la déclaration ou la date de remise des dommages. Ainsi, ce sera à l’assurance de démarcher auprès de l’industriel à l’origine de l’accident et non plus aux sinistrés.

Par ailleurs, des comités locaux d’information et de concertation sur les risques seront créés pour le public autour des 670 établissements SEVESO à haut risque.

Liste des établisements classés SEVESO

Au niveau européen

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