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Archéologie & Paléontologie

Dinosaures : sang chaud ou froid ?

Quelle était la température des dinosaures ? La réponse se trouve dans la coquille de leurs œufs...

Une oviraptoridé femelle protège son nid contre l'attaque de prédateurs.© Doyle Trankina, Gerald Grellet-Tinner

Les dinosaures étaient-ils à sang chaud ou à sang froid ? Ce débat vieux de plus d’un siècle est peut-être clos. En effet, des chercheurs de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) ont trouvé le moyen de mesurer la température interne de dinosaures d’environ 80 millions d’années en utilisant une méthode originale dont les résultats sont détaillés dans la revue Nature communications. Les scientifiques ont analysé les coquilles de six œufs fossilisés bien conservées au plan chimique, de deux espèces très différentes : un titanosaure argentin, un sauropode géant marchant sur quatre pattes ; et un oviraptoridé, un théropode plus petit – proche des oiseaux actuels – tous deux trouvés en Mongolie.

Deux isotopes, de l'oxygène 18 et du carbone 13, composant la coquille des œufs, ont livré la clé de l’énigme. Ceux-ci ont tendance à se regrouper si les températures sont basses et à se séparer si elles s’élèvent. Pour les deux dinosaures, ces liaisons dépendent donc de la température à laquelle l’œuf a été incubé, en l’occurrence celle de la mère.

Un oeuf de titanosaure fossilisé.© Gerald Grellet-Tinner

Résultat : les deux espèces ont un métabolisme différent. La température interne des sauropodes devait être de 38 °C et celle des oviraptoridés, de 32 °C. Plus étonnant encore : les chercheurs ont estimé que pour chacune des deux espèces, elles devaient dépasser de 6 °C l’air ambiant de la période, c’est-à-dire 32 °C pour le titanosaure contre 26 °C pour le second.

Les auteurs de l’étude en concluent que si ces dinosaures étaient capables de maintenir une température corporelle supérieure à celle de l’air ambiant, ils n’étaient pas pour autant à sang chaud ou homéothermes, c'est-à-dire conservant une température interne constante indépendamment du milieu extérieur. Ils appartenaient donc à la catégorie intermédiaire dite mésotherme, proche de celle de certains requins ou thons actuels.

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