SCIENCE ACTUALITÉS.fr

Le magazine qui se visite aussi à la Cité des Sciences

Enquêtes
Nature & Environnement

Énergie : vers des transports « propres » ?

38,5 millions d'euros sur 5 ans pour la recherche sur les véhicules propres. C'est le plan annoncé mi-septembre 2003 par le gouvernement français et qui sera en partie financé par une augmentation du gazole pour les véhicules particuliers. Un effort qui rappelle que la France est l'un des pays les moins réceptifs aux expériences déjà existantes en matière d'automobiles moins polluantes (GPL, voitures électriques).

750 millions de véhicules sur la planète

Embouteillage sur l’autoroute A10 Début janvier 2003, une vague de froid paralyse l’autoroute A10 et fait exploser la consommation d’électricité en France : quatre centrales thermiques à charbon sont remises en service pour couvrir les besoins de la population. © Delphine Goldstejn/Le Parisien/MAXPPP

750 millions de véhicules sillonnent les routes de la planète. Et ce nombre pourrait doubler au cours des vingt-cinq prochaines années. Les transports consomment à eux seuls le quart de l'énergie et plus de la moitié du pétrole de la planète. Leurs besoins ne cessent d'augmenter, à mesure que le commerce international et le tourisme se développent. En France, la consommation d'énergie des voitures particulières a presque doublé entre 1973 et 2000. Problème : les transports n'utilisent pratiquement que des carburants issus du pétrole, qui sont polluants et dont les réserves ne sont pas inépuisables. Essence et gasoil pour les voitures et camions, fuel pour les navires, kérosène pour les avions à réaction… Seuls font exception les locomotives électriques, métros, tramways et certains véhicules fonctionnant au gaz.

La consommation d’énergie par secteur en France en 1973 et 2001 Au cours de la période 1973-2001, la part de l’industrie (y compris sidérurgie) a diminué alors que celle du secteur « transports » a augmenté. Au final, ce qui consomme le plus d’énergie, c’est d’en produire (cf. « Branche énergie »). © CSI/Science actualités (source : Observatoire de l’énergie)

Des voitures moins polluantes sont pourtant proposées aux consommateurs français, mais sans grand succès commercial : elles représentent moins de 1% du parc de véhicules particuliers en circulation. On dénombre ainsi quelques 210 000 voitures roulant au GPL, six fois moins qu'en Italie, et à peine 10 000 voitures électriques. Celles-ci, de plus, sont fréquemment la propriété d'administrations ou d'entreprises concernées au premier chef, comme EDF.

Quant aux véhicules hybrides (électriques avec moteur thermique d'appoint), le seul modèle disponible est le Prius, proposé par Toyota. Il a trouvé environ 120 000 acquéreurs à travers le monde dont près des deux tiers aux États-Unis. Mais seulement 165 en France…

L’hydrogène, combustible du futur ?

Inépuisable et non polluant, l'hydrogène est-il le carburant miracle qui succèdera au pétrole ? Depuis des décennies, il est utilisé pour propulser les fusées spatiales.Des « piles à combustible » produisant de l'électricité à partir de l'hydrogène équipent déjà des prototypes de voitures. Avantage : ce type de moteur est silencieux et ne rejette que de l'eau.

Des piles à combustible ont aussi été installées dans des bâtiments, où elles permettent de produire de l'électricité et de la chaleur de façon autonome. Mais elles restent chères et trop encombrantes pour être embarquées dans un véhicule.De plus, on n'a pas encore résolu le problème du stockage de l'hydrogène, explosif sous forme de gaz. Enfin, pour fabriquer de l'hydrogène, il faut de l'énergie... Aujourd'hui, près de la moitié de la production mondiale d'hydrogène se fait à partir d'hydrocarbures, il n'est donc pas encore possible de parler d'énergie « propre ».

Quelles solutions ?

Selon Pierre Radanne, ancien président de l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et auteur d'un rapport sur le sujet pour l'association Global Chance, une véritable mutation est à engager dans le secteur des transports, qui combinerait à la fois des solutions techniques et un changement des comportements. À titre d'exemple significatif, il insiste sur la nécessité de revoir à la baisse le dimensionnement actuel des véhicules particuliers. Ceux-ci sont en général conçus pour des utilisations auxquelles ils ne doivent répondre qu'exceptionnellement (en termes de capacité de transport et de vitesse de pointe notamment). Il en découle une surconsommation d'énergie, du fait du poids très important de ces véhicules et de la puissance superflue de leurs moteurs. Un point de vue qui recoupe les préoccupations des experts en sécurité routière. Mais d'autres directions sont aussi à explorer dans le même temps : évolution vers de nouveaux carburants et de nouvelles stratégies de déplacement, avantages fiscaux en fonction du niveau d'émission de CO2, et surtout cohérence entre les diverses mesures d'incitation.

Retour en haut