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EPR : fer de relance du nucléaire

Le Parlement a soutenu le gouvernement dans sa volonté ''d'assurer l'avenir de la filière nucléaire'' en France. La décision de construire un prototype de réacteur nucléaire de troisième génération EPR (European Pressurised Reactor) est le principal élément du projet de loi d'orientation sur l'énergie discuté en mai 2004.

L'aboutissement d'un grand débat national ?

Lancé en novembre 2002, le “débat national sur l'énergie“ avait déçu de nombreuses ONG qui avaient estimé ne pas avoir la possibilité d'y faire entendre leurs voix. Elles avaient donc été réticentes à s'investir dans une nouvelle “période de concertation“ annoncée début 2004 par Nicole Fontaine, ex-ministre de l'Industrie, d'autant que celle-ci s'était clairement prononcée en faveur du projet EPR.

Si le Premier ministre avait alors tempéré les propos de sa ministre, il a fini par défendre le même avis en donnant le 5 avril son accord au générateur de troisième génération.
Le vote de l'Assemblée nationale met donc un point final aux consultations sur la politique énergétique de la France et trace les principaux contours de celle-ci pour les trente ans à venir.
La production et la maîtrise de l'énergie n'en restent pas moins des questions qui suscitent des prises de position conflictuelles. On pourra se faire une idée des enjeux de ce débat dans le dossier réalisé par Science Actualités en 2003.

Derrière l’EPR, tout un parc de centrales

58 réacteurs nucléaires sont installés en France, d’un âge moyen de 18 ans. Leur durée de vie réelle fait l’objet de controverses entre les experts : pourront-ils fonctionner pendant 30 ou 40 ans ?

Ces dix années de différence peuvent peser lourd dans les décisions à prendre pour leur éventuel renouvellement. C’est là où se situe l’enjeu du développement de l’EPR, un projet de réacteur qui proposerait de meilleures performances en termes de sécurité et d’optimisation du cycle du combustible, sans pour autant représenter un saut technologique (sa conception remonte aux années 80). Pour Areva (un des principaux opérateurs de sa construction), il était urgent de le mettre en route. Pour d’autres experts, rien ne pressait, quelle que soit la part accordée au nucléaire dans la future politique énergétique de la France.

Paroles d’experts

Sept experts, rencontrés en 2002 à l’occasion du débat national sur l’énergie, répondent à la question : « Faut-il relancer le nucléaire ? ».

Lire la transcription écrite de leurs réponses.

L'électricité nucléaire dans le monde

17 % de l'électricité mondiale est d'origine nucléaire. Mais cette moyenne recouvre de grandes disparités. La France, par exemple, est le pays leader de ce domaine, le nucléaire contribuant pour 77 % à sa production d'énergie.

Toutefois, elle importe la totalité de son uranium : sur les 7 000 tonnes que consomment les centrales françaises chaque année, 4 000 proviennent du Canada et 3 000 du Niger.

Trois pays européens ont, quant à eux, décidé de sortir progressivement du nucléaire : l’Allemagne (en juin 2000), la Suède (en juin 2002) et la Belgique (en janvier 2003). La Finlande, en revanche, a décidé en mai 2002 de construire un nouveau réacteur nucléaire et a lancé un appel d’offre, auquel Areva a répondu en proposant notamment la solution EPR.
Ce choix de la Finlande, pays réputé respectueux de l'environnement, a d'ailleurs été cité au crédit de l'EPR lors du débat parlementaire.

Le casse-tête des déchets nucléaires

Ces trente dernières années, la production d’électricité nucléaire a été multipliée par douze. À présent, un problème se pose : que faire des combustibles irradiés, dont certains resteront radioactifs pendant des millénaires ?

Le site de Bure (Meuse) Futur laboratoire de recherche pour étudier l'enfouissement des déchets nucléaires en milieu argileux à Bure (Meuse). © Martin BUREAU / AFP

On n’a pour l’instant trouvé aucun moyen satisfaisant de détruire ou stocker ces déchets. Il existe des techniques permettant de réutiliser une partie du combustible usé, mais elles ne permettent pas de traiter tous les déchets. Pour le stockage, plusieurs hypothèses existent : enfouissement à faible ou grande profondeur, entreposage en surface. En France, l’État a décidé la construction d’un laboratoire souterrain à Bure, dans la Meuse, afin d’examiner les possibilités de stockage en sous-sol. Objectif : prendre une décision d’ici 2006 sur l’avenir de ces déchets bien encombrants.

 

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