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Freiner la montée des eaux… grâce aux glaciers

En raison du réchauffement climatique, la plupart des grandes villes côtières seront menacées par la hausse du niveau des mers d’ici 2100. Des propositions étonnantes de géo-ingénierie visent à ralentir la montée des eaux.

Le glacier Thwaites serait à lui seul responsable de 1 % de la montée des eaux constatée au niveau mondial, estime la Nasa. © James Yungel/Nasa

Pour limiter la fonte de plusieurs grands glaciers à écoulement rapide du Groenland et de l’Antarctique, deux climatologues, John C. Moore et Rupert Gladstone, tous deux professeurs à l'université de Lapland, en Finlande, ont réfléchi à trois approches pharaoniques de géo-ingénierie, qu’ils ont testées sur un supercalculateur.

La première idée consiste à faire barrage aux eaux chaudes de l’Atlantique devant le glacier Jakobshavn au Groenland, à l’aide d’un mur érigé à 100 mètres au-dessus du fond océanique. Cette barrière étirerait le fjord de cinq kilomètres et pourrait empêcher les courants chauds d’atteindre la base sensible du glacier.

Vitesse de déplacement de la glace (en mètres par an) de plusieurs glaciers situés dans l'ouest de l'Antarctique. La température du fond océanique (mesurée en degrés Celsius) apparaît en nuances d'orange et de rouge. Les zones en gris sont trop superficielles pour affecter la base du glacier. © JPL-Caltech/Nasa

Deuxième piste imaginée par ces deux chercheurs : la construction d'une île artificielle pour soutenir les glaciers de Pine Island et de Thwaites en Antarctique de l’Ouest. La glace qui s’échappe des glaciers pourrait être bloquée par cette plateforme artificielle.

La troisième et dernière solution, lorsque la configuration du glacier le permet, consisterait à drainer les infiltrations dans la glace et congeler la fine pellicule d’eau sous le lit du glacier, à des centaines de mètres de profondeur. 

La perte en glace peut être ralentie par (A) l'enlèvement ou la congélation d'une partie de l'eau située à la base du glacier, (B) la construction d'une île artificielle haute de 300 mètres ou (C) la construction d'une berme (ou butte) pour isoler le glacier du courant chaud qui le réchauffe. © Nature

Ces techniques dites de génie climatique sont actuellement très controversées. Mais selon les auteurs de cette étude, parue dans Nature le 14 mars dernier, mieux vaut évaluer la faisabilité de telles techniques plutôt que de ne pas s’y préparer du tout. 

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