SCIENCE ACTUALITÉS.fr

Le magazine qui se visite aussi à la Cité des Sciences

Actualités
Archéologie & Paléontologie

Homo naledi : l’ancêtre controversé

Les récents fossiles retrouvés en Afrique du Sud appartiendraient à l’un des tout premiers représentants du genre Homo, du moins si l’on en croit le très médiatique Lee Berger. Mais ses conclusions ne sont pas partagées par l’ensemble de la communauté scientifique.

Lee Berger, professeur à l'Université de Witwatersrand en Afrique du Sud, présente le crâne reconstitué d'Homo naledi.

Quel curieux ancêtre que cet Homo naledi découvert en Afrique du Sud, et qui fait, depuis quelques jours, la une des journaux ! Au dire de ses découvreurs, notamment l’Américain Lee Berger, les restes retrouvés il y a deux ans au fond d’une grotte à près de 30 mètres de profondeur appartiennent à une espèce humaine encore jamais décrite, qui vivait il y plus de 2 millions d’années.

Mosaïque de caractères

En seulement deux fouilles, les paléontologues ont récolté plus de 1500 fossiles appartenant à une quinzaine d’individus d’âges variés, de quoi dresser un portrait plutôt précis de ce nouvel hominidé.

© National Geographic

Homo naledi mesurait en moyenne 1,5 mètre, pesait 40 à 50 kilogrammes et possédait un petit cerveau de 500 cm3 (2,5 fois plus petit que le nôtre, donc). Comme beaucoup de fossiles de cette période, il présente des caractères hétéroclites : ses mains et ses pieds ont plutôt des caractéristiques humaines. En revanche, son tronc, ses épaules et son bassin rappellent ceux des australopithèques.

Sans datation précise

Pourtant, comme le soulignent nos confrères du journal Le Monde, cette annonce n’est pas forcément bien perçue par l’ensemble de la communauté scientifique. On reproche notamment à Lee Berger d’utiliser les médias à outrance. La publication s’accompagne en effet d’un documentaire de National Geographic et d’une reconstitution prête à entrer au musée.

Mais c’est sur le plan scientifique que le bât blesse. Pourquoi avoir publié ces travaux dans eLife et non pas dans une revue scientifique reconnue ? En outre, l’absence de réelle datation pose problème. Le chiffre de 2 millions d’années avancé par les chercheurs est hypothétique. Or une imprécision durant cette période charnière peut faire toute la différence. D’ailleurs, pour le paléontologue Yves Coppens, professeur au Collège de France, les caractéristiques de ce nouvel hominidé le placent plutôt du côté des australopithèques. Pour beaucoup de spécialistes, les conclusions de Lee Berger et de son équipe sont donc précipitées. Reste que la découverte d’un tel gisement demeure exceptionnelle et qu’il y a fort à parier que les chercheurs pourront en tirer des informations plus fiables durant les prochains mois.

Retour en haut