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La Chine sur la face cachée de la Lune

Et de deux !!! Après un premier atterrissage sur la Lune en décembre 2013, l’Agence spatiale chinoise vient de rééditer l’exploit, mais cette fois-ci sur la face cachée de la Lune.

© Xinhua

La sonde chinoise Chang’E 4, une copie conforme de Chang’E 3, s’est posée le 3 janvier dans le cratère Von Karman situé sur la face cachée de la Lune. Lancée depuis le cosmodrome chinois de Xichang le 7 décembre dernier, la sonde s’est mise en orbite autour de la Lune le 12 décembre. La sonde a longuement testé ses systèmes de communication, car son site d’atterrissage, invisible depuis la Terre, nécessite un satellite pour relayer les informations entre la sonde et le centre de contrôle.

© Nasa

Pour être renvoyées vers la Terre, les informations de la sonde passent par un satellite-relais appelé Quequiao qui a été lancé le 18 mai 2018. Pour être visible simultanément depuis la face cachée de la Lune et depuis la Terre, ce satellite a été placé au-delà de la Lune, à 450 000 km de la Terre.

L’orbite de Chang’E 4, d’abord circulaire à 100 km du sol lunaire, a été abaissée le 30 décembre jusqu’à 15 km au-dessus du site d’atterrissage. Ce matin, à 3 h 14, le moteur principal a été allumé de façon à freiner la sonde, pour une descente contrôlée vers le sol lunaire. Deux kilomètres au-dessus du sol, une caméra et un radar ont cherché l’endroit le plus plat possible pour poser la sonde. Le contact a eu lieu à 3 h 26, heure de Paris.

Et maintenant ?

La mission de Chang’ E4 est très similaire à celle de son prédécesseur. Une astromobile doit descendre sur le sol et va explorer les alentours. On peut espérer quelle franchira une distance plus importante que les 100 mètres parcourus par Yutu, nom de l’astromobile de Chang’E 3. Il est prévu d’explorer le site et de le cartographier en détail, tout en analysant la composition des roches avec un spectromètre. Un instrument fourni par la Suède devrait quant à lui analyser les structures souterraines proches de la surface.

Vue d'artiste de Chang'e 4 sur le sol lunaire© Agence spatiale chinoise

Durant ce temps, l’atterrisseur recherchera une éventuelle présence d’eau dans le sol lunaire. À bord de l’atterrisseur, un conteneur pressurisé et climatisé de 3 kg, contenant des graines de pommes de terre et d’une sorte de chou, permettra d’étudier la photosynthèse et la croissance des plantes sur la Lune. Cette expérience devrait permettre d'en savoir un peu plus sur la vie des plantes dans un environnement caractérisé par des jours de deux semaines et des nuits de même durée.

Dans la foulée de cet atterrissage réussi, la Chine a annoncé pour la fin de l’année le lancement de Chang’E 5 dont la mission sera de ramener sur la Terre plusieurs kilos de poussières et de roches lunaires. Viendront ensuite des cosmonautes chinois, mais ce projet à long terme ne se réalisera probablement pas avant 2030.

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