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Les lois du code génétique violées : et maintenant ?

Pour la première fois, des chercheurs japonais ont réussi à créer de nouvelles bactéries jusqu'alors inconnues sur notre planète. Comment ? En modifiant leur ADN. Véritable avancée scientifique ou bricolage de démiurges ?

Une nouvelle écriture du code génétique universel !

Appariement des nouvelles bases S et Y Appariement des nouvelles bases S et Y © Université de Tokyo

Élargir le code génétique* universel des êtres vivants pour créer de nouvelles protéines mieux adaptées aux besoins de l’industrie et de la recherche médicale, tel est l’objectif de cette équipe de biologistes et de chimistes japonais de l’Université de Tokyo, dirigée par Shigeyuki Yokoyama.

Ces chercheurs ont réussi à modifier la structure de l’ADN (Acide désoxyribonucléique) de la bactérie Escherichia coli et à lui faire produire une protéine jusqu’ici inconnue dans la nature. Ils ont ainsi créé une bactérie dont le patrimoine génétique ne correspond plus à celui de tous les autres êtres vivants !

Un « bricolage » qui n’a pas manqué de susciter les plus vives critiques au Japon…

Ces chercheurs sont-ils allés trop loin ?

Si les perspectives d’applications industrielles et médicales semblent prometteuses, les résultats de cette équipe soulèvent tout de même un problème d’ordre éthique : a-t-on le droit de modifier le patrimoine génétique universel et jusqu’ici inviolé pour créer de nouveaux êtres vivants ?

La presse japonaise, qui s’est emparée du sujet, montre du doigt ces scientifiques, aussitôt qualifiés de démiurges. Et en France ? Cela n’a suscité aucune émotion chez le généticien André Boué, membre pendant dix-sept ans du Comité consultatif national d’éthique français, qui ne voit dans ces travaux ni problème éthique ni même un réel intérêt scientifique : « C’est du bricolage ce qu’ils ont fait. Je ne suis même pas sûr que ce soit utile » !

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