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Maladie de Parkinson : les nouvelles stratégies thérapeutiques

En France, environ 100 000 personnes sont atteintes de la maladie de Parkinson. Le traitement classique consiste à administrer un médicament (la L-Dopa, un précurseur de la dopamine) dont l'efficacité décroît au fil des années. Il faut donc régulièrement augmenter la dose de médicament, ce qui s'accompagne d'effets secondaires gênants, tels que des mouvements involontaires. D'où la recherche, depuis une dizaine d'années, de nouvelles stratégies thérapeutiques.

L'électrostimulation

Région cérébrale atteinte de la maladie de Parkinson... Trois corps de lewi (dans lesquels on trouve du fer et de l'aluminium en quantité anormalement élevée) confirment le diagnostic. © E. Hirsch / Inserm

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui se caractérise par la destruction lente et progressive des neurones d'une certaine région du cerveau appelée substance noire.

Ces neurones produisent un neurotransmetteur essentiel, la dopamine, qu’ils libèrent dans une région voisine (le striatum) impliquée dans le contrôle de la motricité. Leur dégénérescence entraîne une diminution de la production de dopamine, à l'origine des troubles moteurs caractéristiques de la maladie : tremblements des membres au repos, rigidité musculaire, ralentissement ou impossibilité de mouvements…

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</video> « Le cerveau rebranché », un film de Roland Cros - 2000 (3 min) La maladie de Parkinson se traduit par des tremblements incontrolés et des raideurs musculaires. Elle est provoquée par la dégénérescence de quelques milliers de neurones. Elle touche majoritairement des personnes au dessus de 60 ans mais peut se déclencher précocément. Une technique éfficace pour seulement 5% des cas est maintenant réalisée dans quatre centres hospitaliers en France. C'est la technique appelée “électro-stimulation profonde“ qui consiste à pratiquer l'équivalent d'un court-circuit dans le cerveau. © Science actualités (CSI) 2000

Deux électrodes implantées dans le cerveau et alimentées par un pacemaker peuvent permettre à des personnes atteintes de la maladie de Parkinson de retrouver une vie normale.

Mais la technique est très lourde (l'opération dure une dizaine d'heures) et son coût très élevé : 7 600 euros pour la mise en place des électrodes dans un seul hémisphère, non remboursé par la Sécurité sociale.

Neurone, maladie neurodégénérative et neurotransmetteur...

Le cerveau est composé de deux types de cellules : les neurones, qui véhiculent l'information, et les cellules gliales, qui jouent un rôle de soutien et de nutrition. Les neurones communiquent entre eux et avec les organes du reste du corps, en transmettant un signal électrique appelé influx nerveux. Il existe de nombreux types de neurones. Certains sont, par exemple, en forme de ''fuseaux'', d'autres, en forme de ''pelotes'' ou ''d'étoiles''. Certains assurent des liaisons à courte distance, d'autres à longue distance (ils peuvent atteindre un mètre chez l'homme). Mais les neurones sont tous composés de trois parties fondamentales : le corps cellulaire, les dendrites, petits prolongements autour du corps cellulaire qui reçoivent l'influx nerveux et l'axone, prolongement principal de longueur variable par lequel est émis l'influx nerveux.

Une maladie neurodégénérative est une maladie qui détruit progressivement des neurones situés dans des régions particulières du cerveau (ex : Alzheimer, Parkinson, chorée de Huntington)

Les neurotransmetteurs ou neuromédiateurs sont des molécules fabriquées par les neurones et support de la transmission nerveuse au niveau des synapses chimiques. Les principaux neurotransmetteurs appartiennent à la famille des amines (dopamine, noradrénaline, adrénaline, sérotonine, acétylcholine), des acides aminés (Glutamate, GABA glycine) et des neuropeptides (opiacés, Substance P...). Les drogues (cocaïne, amphétamine, morphine, héroïne, ectasy, tabac, alcool) ont une propriété commune, qui est d'augmenter la quantité d'un neurotransmetteur, la dopamine, dans une zone précise du cerveau.

Les greffes de neurones

Autre traitement à l'essai, la greffe de neurones (issus de fœtus humains) producteurs de dopamine. Bien qu’inégaux, les résultats d’études cliniques menées depuis une dizaine d’années en Suède et en France indiquent une certaine efficacité : apparemment les neurones transplantés se différencient et survivent assez longtemps, libérant de la dopamine en quantité suffisante pour induire une réelle amélioration des symptômes.

En dépit de résultats prometteurs, cette technique est aujourd'hui limitée pour des raisons pratiques (seuls 5 à 20% des neurones transplantés survivent), autant qu'éthiques.

De ce fait, d'autres protocoles faisant appel à d'autres types de cellules (par exemple, à des cellules souches neurales) sont actuellement testés chez l’animal. Ils consistent à modifier génétiquement les cellules in vitro, afin de leur faire produire de la dopamine, puis à les greffer. Des essais menés chez le rat par une équipe du Cnrs à l'hôpital de la Salpétrière ont donné des résultats jugés encourageants.

Enfin, une autre stratégie, en cours d'essais chez l'animal, a pour objectif de prévenir la mort des neurones grâce, notamment, à des facteurs de croissance impliqués dans leur survie.

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