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Nouveau cap vert pour l'Europe

Le nouveau « paquet énergie-climat » européen a été approuvé le 24 octobre 2014. La Commission européenne est parvenue à un accord plus ambitieux que le précédent, datant de 2009, mais qui ne satisfait pas les associations de protection de l'environnement.

© Niccolò Caranti

Un nouveau cap est franchi en matière de lutte contre le changement climatique. Le 24 octobre, dans la nuit, l’Europe a fixé à ses pays membres les trois objectifs suivants : réduction d’au moins 40 % des gaz à effet de serre (par rapport à 1990), augmentation de la part des énergies renouvelables à 27 % de la consommation totale et accroissement de 27 % de l'efficacité énergétique. Objectifs qui devront être atteints d’ici à 2030. Mais les efforts demandés par ce « paquet énergie-climat » sont insuffisants, selon l’association les Amis de la Terre qui dénonce un accord irréaliste. Ainsi, la réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) est « en-deçà de ce que préconise la communauté scientifique si l’on veut parvenir à limiter l’augmentation de la température du globe en-dessous de 2 °C ».

Un message envoyé au monde

Le nouveau dispositif est tout de même plus ambitieux que celui de 2009, dit « des 3 fois 20 », qui fixait les mêmes objectifs à 20 % pour 2020. Face à la menace que représente le changement climatique, l’Europe souhaite faire figure de modèle malgré la situation économique et le contexte international difficiles : « Nous avons envoyé un signal fort aux autres grandes économies et à tous les autres pays, nous avons fait notre devoir, maintenant nous invitons à suivre l'exemple de l'Europe », a déclaré la commissaire européenne à l’action pour le climat, Connie Hedegaard. L’Union européenne a revu ses objectifs à la hausse juste avant la XXIe Conférence climat, qui aura lieu en décembre 2015 à Paris et doit aboutir à un nouvel accord international.

Des pays frondeurs

Cependant, des pays membres se sont opposés à certains aspects du nouveau « paquet », notamment le Royaume-Uni. Le Premier ministre, David Cameron, a fait valoir son droit de veto pour réduire de trois points le pourcentage d'amélioration de l'efficacité énergétique exigée d'ici l'horizon 2030 (à l'origine de 30 %). Afin d’éviter le même type de réaction chez des pays moins riches, comme la Pologne, la Commission a prévu d'accorder d’importantes compensations financières. Aussi les pays dont le revenu est inférieur à 60 % de la moyenne européenne bénéficieront-ils de la gratuité des quotas d’émission pour leurs centrales à charbon, c’est-à-dire qu’ils ne payeront pas les pénalités liées au non-respect des quotas européens d’émissions de GES. De plus, 2 % de l’argent récolté à partir de ces quotas seront reversés aux projets de modernisation de leurs infrastructures énergétiques.

La France très engagée

Le président François Hollande s’est montré très favorable à ces nouvelles mesures, alors que la loi sur la transition énergétique présentée par la ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a été adoptée le 14 octobre par l’Assemblée nationale. En portant à 50 % l'objectif de réduction des GES (par rapport à 2012) et à 32 % celui de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, la France semble, elle aussi, vouloir montrer l’exemple aux pays européens.

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